Le marché mondial de la musique enregistrée a généré 28,6 milliards de dollars de revenus en 2023, selon l’IFPI. Pourtant, la protection de la propriété intellectuelle musicale reste un problème chronique à l’ère du numérique. En 2022, Sony Music Entertainment a déposé une demande de marque auprès de l’USPTO pour utiliser les NFT comme outil d’authentification. Ce geste s’inscrit dans une stratégie blockchain que Sony développe depuis 2017.
En bref
- En août 2022, Sony Music a déposé une demande de marque NFT pour authentifier les enregistrements musicaux
- La demande couvre les enregistrements “live authentifiés par NFT” pour le label Columbia Records
- Sony développe une stratégie blockchain depuis 2017, avec un premier brevet d’authentification
- Le marché de la musique NFT reste embryonnaire en 2026 mais les cas d’usage se précisent
- L’authentification par NFT vise la propriété intellectuelle, pas la spéculation sur des collections
[IMAGE: Illustration d’une plateforme de streaming musicale avec des badges NFT d’authenticité sur les pistes - search terms: music NFT authentication digital rights]
Que couvrait exactement la demande de marque NFT de Sony ?
Le 30 août 2022, Sony Music Entertainment a déposé une demande de marque auprès de l’Office des brevets et des marques des États-Unis (USPTO). La demande visait à couvrir “les enregistrements audio et vidéo présentant des performances musicales en direct authentifiées par les NFT”, comme l’a rapporté l’avocat spécialisé Mike Kondoudis.
La demande concernait en particulier le label Columbia Records. Elle incluait également des services de gestion d’artistes, de distribution musicale et de production de podcasts. Ce n’est pas une demande limitée à une expérimentation technologique : elle signale une intention d’usage commercial structuré.
[PERSONAL EXPERIENCE] Cette démarche illustre une distinction importante que le discours public sur les NFT échoue souvent à faire. Il ne s’agit pas de vendre des JPEGs à prix exorbitant. Il s’agit d’utiliser un registre immuable pour prouver l’authenticité d’un enregistrement, exactement comme un certificat d’authenticité physique pour une oeuvre d’art.
Pourquoi l’industrie musicale s’intéresse-t-elle aux NFT pour la propriété intellectuelle ?
La piraterie et le plagiat numérique coûtent des milliards à l’industrie musicale chaque année. Les plateformes de streaming ont résolu en partie le problème de la distribution illicite, mais pas celui de l’attribution de paternité ni de l’authenticité des enregistrements originaux.
Un NFT lié à un enregistrement permet de créer une preuve cryptographique d’antériorité. La date d’inscription sur la blockchain est immuable et vérifiable par n’importe qui. Cela ne remplace pas le droit d’auteur traditionnel, mais apporte une couche de preuve complémentaire que les systèmes classiques ne peuvent pas offrir.
[UNIQUE INSIGHT] La vraie valeur de l’approche de Sony n’est pas dans la spéculation sur les tokens. C’est dans la possibilité de lier un identifiant unique à un enregistrement, de tracer sa provenance et de simplifier les disputes de plagiat, qui sont longues et coûteuses dans le système judiciaire traditionnel.
Quelle est la stratégie blockchain de Sony depuis 2017 ?
L’engagement de Sony dans la blockchain n’a pas commencé en 2022. En 2017, Sony Corporation avait déposé un brevet auprès de l’USPTO pour un système d’authentification multifactorielle utilisant deux blockchains distinctes. Ce système, développé en lien avec IBM, était initialement conçu pour sécuriser les connexions utilisateurs.
À la même époque, Sony avait annoncé une plateforme éducative utilisant la blockchain pour stocker les dossiers scolaires, en collaboration avec IBM. Ces projets ont démontré une compréhension précoce des cas d’usage non financiers de la technologie.
En 2021, Sony Music a participé à un financement de série A dans MakersPlace, une plateforme de NFT dédiée à l’art numérique. Cette participation a précédé la demande de marque de 2022 et signale une montée en puissance progressive, pas un coup de communication.
[INTERNAL-LINK: brevet Sony blockchain 2017 → article sur le brevet d’authentification]
Où en sont les NFT musicaux en 2026 ?
Le marché des NFT musicaux a connu une trajectoire chaotique. Après l’euphorie de 2021-2022, les volumes ont chuté drastiquement. Mais les cas d’usage centrés sur la propriété intellectuelle et les droits d’auteur ont continué à se développer, portés par des plateformes comme Sound.xyz ou des projets de ticketing NFT.
En 2026, l’authenticité par NFT commence à être utilisée dans des contextes professionnels précis : certification des masters, traçabilité des samples, preuve d’antériorité dans les disputes de plagiat. Ces usages ne font pas la une des journaux, mais représentent la maturité réelle de la technologie dans le secteur musical.
Sony reste l’un des acteurs majeurs de ces développements, avec une approche institutionnelle et patiente qui contraste avec l’agitation spéculative des premières années.
[INTERNAL-LINK: NFT et droits d’auteur → article sur les cas d’usage légaux des NFT]
Questions fréquentes
La demande de marque NFT de Sony a-t-elle été approuvée ?
Les demandes de marque auprès de l’USPTO suivent un processus d’examen pouvant durer plusieurs années. La demande déposée en août 2022 était en cours d’examen au moment de sa couverture médiatique. Les résultats exacts de cette demande nécessitent une vérification directe sur la base de données USPTO.
La musique NFT est-elle encore pertinente après la chute du marché en 2022-2023 ?
Oui, mais différemment. La spéculation sur les collections de NFT musicaux s’est effondrée. En revanche, les usages fonctionnels, authentification, certification, billetterie et partage de royalties, continuent de se développer. Ces applications ne dépendent pas du prix des tokens et restent pertinentes quelle que soit la conjoncture du marché crypto.
Comment un NFT peut-il prouver l’authenticité d’un enregistrement musical ?
L’enregistrement original est haché cryptographiquement (fingerprint numérique unique), puis ce hash est inscrit sur une blockchain au moment de la création. Toute copie ultérieure peut être comparée à ce hash. Si les données diffèrent, l’authenticité est compromise. Ce mécanisme est immuable et vérifiable publiquement, sans recours à une autorité centrale.
Sources
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