La part de l’offre de Bitcoin détenue par des investisseurs de long terme a atteint 79 %, un nouveau record historique. Ce niveau reflète une accumulation persistante et une liquidité disponible qui se raréfie mécaniquement à mesure que les BTC migrent vers des portefeuilles dormants. Le précédent pic datait du creux du marché baissier de 2022.
Les chiffres circulant au sein des canaux Telegram spécialisés indiquent que près de 4 bitcoins sur 5 en circulation sont désormais retirés des carnets d’ordres. Ce phénomène s’observe alors que Bitcoin évolue dans une fourchette étroite de prix depuis plusieurs semaines, un comportement qui contraste avec la volatilité des cycles antérieurs. L’accumulation silencieuse reconfigure l’équilibre offre-demande sans faire de bruit.
Pourquoi 79 % d’offre long terme est-il un cap symbolique ?
Cette proportion de 79 % constitue un plus haut absolu pour le marché. Les détenteurs « long terme » sont définis comme les adresses n’ayant pas déplacé leurs fonds depuis au moins 155 jours. Historiquement, ce seuil sépare les portefeuilles d’accumulation des mains plus volatiles. Le record précédent, observé lors du plancher du cycle 2022, avait précédé une reprise progressive des cours sur 18 mois.
Ce chiffre dépasse les 76 % atteints en mars 2025, juste après l’approbation des ETF spot, et les 74 % du second semestre 2024. La tendance long terme du Bitcoin s’inscrit dans une dynamique de raréfaction structurelle de l’offre, un phénomène documenté par les analystes on-chain depuis le dernier halving d’avril 2024. La réduction de moitié des émissions de nouveaux BTC a accentué cette mécanique : chaque jour, les 450 nouveaux bitcoins minés sont absorbés par la demande ETF et institutionnelle.
Quels facteurs expliquent cette rétention record ?
Plusieurs forces concourantes nourrissent cette accumulation. La première est institutionnelle : les ETF Bitcoin spot américains détiennent désormais plus de 1,1 million de BTC, soit 5,6 % de l’offre en circulation. Ces véhicules, portés par BlackRock et Fidelity, verrouillent des volumes colossaux dans des portefeuilles de conservation régulés, un phénomène de fond qui a accéléré au second semestre 2025.
La seconde force est macroéconomique. La perspective d’une détente monétaire de la Réserve fédérale, malgré une inflation persistante autour de 3,2 %, favorise les actifs à stock limité. Tether a d’ailleurs vu sa capitalisation atteindre 106 milliards de dollars au T1 2026, signe d’une liquidité stablecoin abondante en attente de points d’entrée. Cette dynamique nourrit la thèse d’un marché en phase d’accumulation silencieuse, préalable à un mouvement directionnel.
La troisième force est technique : les retraits de BTC des exchanges centralisés se poursuivent à un rythme de 30 000 BTC par mois. Moins de 2,1 millions de bitcoins restent sur les plateformes, un plus bas depuis janvier 2018 selon les données de Glassnode. Ce double mouvement – entrée d’ETF et sortie d’exchanges – crée ce que les analystes appellent une « illiquidité de l’offre », un contexte dans lequel une hausse de la demande peut provoquer des mouvements de prix significatifs, comme l’histoire de Bitcoin l’a montré à plusieurs reprises.
Ce cycle est-il différent des précédents ?
Ce niveau de 79 % interroge le modèle cyclique classique du Bitcoin. Lors des cycles 2017 et 2021, la proportion de détenteurs long terme baissait fortement à l’approche des sommets de marché, traduisant une distribution des anciens vers les nouveaux entrants. En 2026, cette distribution classique ne s’est pas matérialisée avec la même ampleur. Le pic à 79 % survient alors que le cours évolue 22 % sous son record absolu de mars 2025, dans une phase que certains analystes qualifient de constructive.
L’arrivée des produits cotés à Wall Street modifie la structure du marché. Là où les cycles antérieurs reposaient sur les investisseurs particuliers, les flux ETF introduisent une demande inélastique : les fonds accumulent mécaniquement, indépendamment des oscillations de prix à court terme. L’investissement Bitcoin long terme a changé de visage, passant du hodler individuel à l’institution de gestion d’actifs. Ce basculement structurel rend les comparaisons avec les cycles antérieurs plus délicates. Le marché n’est pas simplement dans une phase haussière ou baissière : il est en train de muter dans son architecture de détention.
À retenir
La barre des 79 % d’offre long terme marque une raréfaction sans précédent du Bitcoin circulant. La combinaison ETF, accumulation institutionnelle et retraits d’exchanges assèche les réserves disponibles. Les précédents pics de rétention, en 2015 et en 2022, ont coïncidé avec des creux de marché suivis de phases de revalorisation. Reste que la taille du marché en 2026 – capitalisation de 1 400 milliards de dollars – change l’équation par rapport aux cycles passés. Les prochaines semaines testeront si cette illiquidité se traduit par une volatilité à la hausse ou par une stagnation prolongée.
-
HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
-
HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash