NEO, anciennement Antshares, s’échangeait autour de 10 $ en 2026, soit une perte de près de 95 % par rapport à son ATH de 196 $ atteint en janvier 2018 (selon CoinGecko). Le projet, souvent présenté comme l’“Ethereum chinois” à son lancement, reste techniquement fonctionnel mais marginalisé par la concurrence des blockchains de nouvelle génération et l’interdiction du trading crypto en Chine depuis 2021.

Au programme

  • NEO a été rebaptisé depuis Antshares en juin 2017 et a subi une refonte majeure avec NEO N3 en août 2021, sans retrouver son statut de 2018.
  • Le réseau repose sur 2 tokens : NEO (gouvernance, indivisible) et GAS (frais de transactions), générés proportionnellement aux NEO détenus.
  • En 2026, la TVL DeFi sur NEO est inférieure à 10 M$ et l’écosystème est quasi-dormant face à Solana, Aptos et Sui (source : DefiLlama, 2026).

Qu’est-ce que NEO et d’où vient le nom Antshares ?

NEO a été fondé en 2014 par Da Hongfei et Erik Zhang sous le nom Antshares, faisant de lui l’un des premiers projets blockchain majeurs lancés en Chine. Le rebrand vers “NEO” a eu lieu en juin 2017, accompagné d’un repositionnement marketing vers le concept de “Smart Economy” : numérisation des actifs réels, contrats intelligents et identité numérique décentralisée.

L’analogie avec Ethereum était délibérée. NEO proposait dès l’origine un environnement d’exécution de smart contracts, mais avec une différence clé : la compatibilité avec des langages de programmation courants comme C#, Java ou Python, là où Ethereum imposait Solidity. Cette approche visait à attirer des développeurs d’entreprise plutôt que des cryptographes purs.

Chronologie NEO (2014-2026) Les étapes clés du projet NEO depuis sa création sous le nom Antshares en 2014 jusqu'à son statut marginal en 2026. 2014 Antshares fondé Juin 2017 Rebrand vers NEO Jan. 2018 ATH 196 $ Août 2021 NEO N3 lancé 2026 ~10 $ marginal Source : CoinGecko, neo.org, 2026

Comment fonctionnent les deux tokens NEO et GAS ?

Le réseau NEO repose sur 2 actifs distincts dont les rôles sont complémentaires et non interchangeables.

NEO est le token de gouvernance. Il est indivisible : on ne peut détenir que des unités entières (1, 2, 10 NEO, jamais 0,5 NEO). Sa supply totale est fixée à 100 millions d’unités, intégralement émises dès l’origine. Détenir des NEO donne droit à participer aux votes de gouvernance du réseau et génère passivement des GAS.

GAS est le token utilitaire. Il sert à payer les frais de transaction et à déployer des contrats intelligents sur le réseau. Contrairement au NEO, il est divisible. En 2026, le GAS s’échange autour de 1,50 à 4 $, soit un effondrement similaire à celui du NEO depuis 2018. Le calcul du GAS généré par ses NEO peut être estimé via les outils disponibles sur neo.org.

La mécanique de génération de GAS par le simple fait de détenir des NEO constituait en 2017 un argument commercial fort. Elle reste fonctionnelle en 2026, mais le rendement réel en dollars est devenu négligeable au vu des cours.

Qu’est-ce que le consensus dBFT de NEO ?

Le consensus dBFT (Delegated Byzantine Fault Tolerance) est la principale différence technique de NEO face à Ethereum ou Bitcoin. Selon la documentation officielle de NEO, ce mécanisme garantit une finalité immédiate des transactions : un bloc validé ne peut jamais être annulé ou réorganisé. Un bloc est créé toutes les 15 secondes par un ensemble de noeuds validateurs élus par les détenteurs de NEO. Ce fonctionnement s’apparente à un conseil d’administration plutôt qu’à une compétition minière. Il offre une haute performance en termes de débit, mais au prix d’une décentralisation plus limitée que Bitcoin ou Ethereum.

Cette architecture était perçue comme un avantage pour les entreprises en 2017-2018, car compatible avec des exigences de conformité. En 2026, la tendance s’est inversée : les applications professionnelles privilégient des chaînes privées ou des solutions de layer 2 sur Ethereum plutôt que des blockchains publiques à gouvernance concentrée.

NEO N3 : la refonte de 2021 a-t-elle sauvé le projet ?

En août 2021, l’équipe NEO a déployé NEO N3, une refonte majeure du protocole visant à moderniser l’architecture, améliorer les outils de développement et corriger les faiblesses de la version précédente. La migration s’est faite via un swap 1:1 depuis les tokens “legacy NEO” vers les nouveaux tokens NEO N3.

NEO N3 a introduit un système de gouvernance on-chain renforcé, un nouveau modèle économique pour le GAS et une compatibilité étendue avec les outils de développement modernes. La direction avait alors exprimé sa volonté de relancer l’écosystème dApps.

Le résultat en 2026 est décevant. La TVL DeFi sur NEO N3 reste inférieure à 10 M$ selon DefiLlama, contre plusieurs milliards pour Solana ou Avalanche. L’interdiction du trading crypto en Chine en septembre 2021 (CoinDesk) a coïncidé avec le lancement de N3, privant le projet de son vivier naturel de développeurs et d’utilisateurs. Da Hongfei et Erik Zhang ont depuis relocalisé leurs activités à Singapour.

Lecture CryptoActu NEO N3 illustre un problème structurel que partagent plusieurs “Ethereum killers” de 2017-2018 : une refonte technique solide ne suffit pas à reconstituer un écosystème si la communauté de développeurs a migré vers d’autres plateformes. Solana, Aptos et Sui ont absorbé l’essentiel des nouveaux projets qui auraient pu choisir NEO il y a 5 ans.

Pourquoi NEO est-il devenu marginal face à la concurrence ?

En 2026, NEO affronte une concurrence que ses fondateurs n’anticipaient pas en 2017. Sur le segment des blockchains performantes, Solana traite plusieurs milliers de transactions par seconde avec un écosystème DeFi et NFT actif. Aptos et Sui, toutes deux lancées en 2022-2023 avec des financements institutionnels massifs, ont capté l’attention des développeurs cherchant des alternatives à Ethereum.

Sur le segment spécifiquement “chinois” ou asiatique, VeChain reste plus actif dans la traçabilité supply chain, et Tron domine la circulation des stablecoins USDT en Asie. Conflux (CFX), qui bénéficie d’un statut réglementaire favorable en Chine, est aujourd’hui le concurrent direct le plus sérieux de NEO sur son marché d’origine, avec le paradoxe que NEO ne peut plus y opérer librement.

Le partenariat avec Microsoft, largement mis en avant entre 2018 et 2020, n’a pas été reconduit sous une forme structurée. Les bureaux ouverts à Seattle en 2019 n’ont pas généré de traction commerciale visible. Pour les altcoins qui avaient bâti leur positionnement sur des partenariats corporate, ce schéma est récurrent.

Où acheter NEO et GAS en 2026 ?

NEO et GAS restent disponibles sur les principales plateformes accessibles en France. Binance, Kraken et Bitfinex proposent la paire NEO/EUR ou NEO/USDT. La liquidité est suffisante pour des ordres de taille standard, mais les spreads se sont élargis depuis 2021 en raison de la baisse des volumes.

KuCoin liste également NEO, mais cette plateforme ne dispose pas d’agrément PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) en France et doit être évitée par les résidents français. Avant tout achat, il est recommandé de vérifier la liste des prestataires agréés par l’AMF.

NEO peut être conservé dans le wallet officiel NeoLine ou dans des solutions matérielles compatibles. La génération de GAS ne fonctionne que si les tokens sont détenus dans un wallet personnel, pas sur une plateforme d’échange (certaines plateformes redistribuent le GAS, d’autres non).

Questions fréquentes

Qu’est-ce que NEO en crypto ?

NEO est une blockchain à smart contracts fondée en Chine en 2014 sous le nom Antshares, rebaptisée NEO en juin 2017. Elle repose sur un consensus dBFT (finalité immédiate) et 2 tokens : NEO (gouvernance, indivisible, 100 M en circulation) et GAS (frais de réseau). En 2026, le cours tourne autour de 10 $ (contre un ATH de 196 $ en 2018).

Qu’est-ce que le GAS de NEO et comment en obtenir ?

Le GAS est le token utilitaire du réseau NEO, utilisé pour payer les frais de transaction et déployer des contrats intelligents. Il est généré automatiquement en détenant des NEO dans un wallet personnel (pas sur une plateforme d’échange). En 2026, 1 GAS vaut entre 1,50 et 4 $. Consulter les guides sur les wallets crypto pour sécuriser ses tokens.

Quelle est la différence entre Antshares et NEO ?

Antshares est le nom d’origine du projet, utilisé de 2014 à juin 2017. Le rebrand vers NEO a accompagné un changement de positionnement vers le concept de “Smart Economy”. Les tokens Antshares (ANC) ont été migrés vers NEO au moment du rebrand. En 2021, une seconde migration vers NEO N3 a eu lieu, avec un swap 1:1 pour les détenteurs de l’ancienne version.

NEO est-il encore un bon investissement en 2026 ?

NEO a perdu environ 95 % de sa valeur depuis son ATH de 196 $ en janvier 2018. L’écosystème est quasi-dormant (TVL DeFi sous 10 M$) et le projet souffre de l’interdiction du trading crypto en Chine depuis 2021. Cet article ne constitue pas un conseil financier. Pour comparer les alternatives actuelles, consulter notre analyse des altcoins en 2026.

À retenir

NEO reste un projet pionnier de 2014-2017 qui a introduit des concepts importants (dBFT, double token, smart contracts en langages courants) mais qui n’a pas su convertir son avance technique en adoption durable. En 2026, avec un cours autour de 10 $ et une TVL DeFi marginale, il illustre le sort de nombreux “Ethereum killers” de la première génération face à Solana, Aptos et Sui.

Sources