En septembre 2017, l’activation de Byzantium sur le testnet Ropsten marquait le début d’une ère de transformations profondes pour Ethereum. Depuis, le réseau a enchaîné 18 mises à niveau majeures, du passage au consensus de preuve d’enjeu en 2022 à l’introduction de l’EIP-4844 en 2024, selon l’Ethereum Foundation. Ce premier hardfork Metropolis, qui paraissait alors modeste, annonçait en réalité une décennie de refondation complète du protocole.
Au programme
- Byzantium (oct. 2017) a réduit la récompense des blocs de 5 à 3 ETH et apporté les zk-SNARK natifs, posant les bases de la confidentialité on-chain (Ethereum Foundation, 2017).
- The Merge (sept. 2022) a converti Ethereum du proof-of-work au proof-of-stake, éliminant environ 99,95 % de sa consommation énergétique selon l’Ethereum Foundation.
- Pectra (mai 2025) et Fusaka (prévu fin 2026) poursuivent le scaling via les rollups L2 et la simplification du protocole.
Qu’était le hardfork Byzantium et pourquoi comptait-il ?
Activé sur le réseau principal le 16 octobre 2017 au bloc 4 370 000, Byzantium constituait la première partie de la mise à niveau Metropolis, conformément à la feuille de route établie par Vitalik Buterin dès 2014. Ce fork regroupait 9 propositions d’amélioration (EIP), dont plusieurs ont eu des implications durables sur l’écosystème.
La réduction de la récompense par bloc de 5 ETH à 3 ETH représentait le changement le plus visible pour les mineurs. Mais c’est l’intégration des précompilations pour les zk-SNARK (Succinct Non-interactive ARguments of Knowledge) qui intéressait davantage les développeurs. Ces outils cryptographiques, issus du protocole Zcash, permettaient pour la première fois de vérifier des preuves de connaissance zéro directement via un contrat intelligent sur Ethereum.
À l’époque, un développeur de l’équipe Ethereum nuançait les attentes dans un échange public :
“Vérifier des zk-SNARK avec des contrats intelligents sera possible à partir de Byzantium, mais ce sera comme écrire du bytecode EVM vous-même. Nous travaillons sur des outils pour rendre cela plus accessible.”
Cette mise en garde s’est avérée presciente : il aura fallu plusieurs années supplémentaires pour que les preuves à divulgation nulle trouvent des applications grand public dans les rollups ZK.
Pourquoi l’article original de 2017 soulignait-il la “difficulty bomb” ?
La question de la bombe de difficulté (difficulty bomb) était alors centrale dans les discussions autour de Byzantium. Ce mécanisme, codé dans le protocole depuis 2015, prévoyait une augmentation exponentielle de la difficulté de minage afin de forcer la migration vers le proof-of-stake. Or, cette transition accusait un retard significatif sur le calendrier initial.
Byzantium repoussait donc la bombe de difficulté d’environ 18 mois, reconnaissant implicitement que la phase Serenity (proof-of-stake) ne serait pas prête pour 2018 comme anticipé. Ce report sera répété à plusieurs reprises : Muir Glacier (janvier 2020), Arrow Glacier (décembre 2021) et Gray Glacier (juin 2022) serviront tous, en partie, à repousser cette même échéance.
La roadmap Ethereum en 2026, telle qu’elle se dessine aujourd’hui, offre un recul saisissant sur ces estimations initiales.
Comment la roadmap Ethereum a-t-elle évolué depuis Metropolis ?
Après Byzantium (octobre 2017), Constantinople fut activé en février 2019 avec une nouvelle réduction des récompenses minières à 2 ETH et l’introduction de l’opcode CREATE2. Istanbul (décembre 2019) puis London (août 2021) ont ensuite constitué 2 étapes décisives : ce dernier a introduit l’EIP-1559, mécanisme de destruction partielle des frais de transaction qui a brûlé plus de 4,7 millions d’ETH depuis son activation, selon les données d’Ultrasound.money.
The Merge de septembre 2022 représente le tournant le plus profond. Prévu dès la feuille de route de 2014, il aura fallu 8 ans pour convertir Ethereum du proof-of-work au proof-of-stake, avec une réduction de 99,95 % de la consommation énergétique du réseau selon l’Ethereum Foundation. La phase Serenity que l’article original de 2017 évoquait comme un objectif “à venir” était enfin accomplie.
Dencun (mars 2024) a ensuite introduit l’EIP-4844, dit “proto-danksharding”, créant un espace de données temporaire bon marché pour les rollups. Le coût des frais L2 a chuté de plus de 90 % dans les semaines suivant l’activation, selon les données de L2Fees.info.
Qu’apporte Pectra, le fork de mai 2025 ?
Pectra, activé sur le réseau principal le 7 mai 2025 au bloc 22 431 084, constitue la mise à niveau la plus ambitieuse depuis The Merge selon l’Ethereum Foundation. Son apport central est l’EIP-7702, qui permet à un compte ordinaire (EOA) d’agir temporairement comme un contrat intelligent lors d’une transaction. Cette abstraction de compte simplifie l’expérience utilisateur : paiement de frais en tokens ERC-20, transactions groupées, récupération de compte sans phrase mnémotechnique.
Pectra double également la limite de données disponibles pour les blobs de l’EIP-4844, passant de 3 à 6 blobs par bloc, ce qui accroît encore la capacité des rollups L2. Ces améliorations du scaling Ethereum via les L2 s’inscrivent dans la stratégie “rollup-centric” formalisée par Vitalik Buterin en 2020.
Quels forks sont prévus après 2025 ?
Fusaka, prévu pour la fin de l’année 2026, doit introduire le PeerDAS (Peer Data Availability Sampling), une technique permettant aux nœuds de vérifier la disponibilité des données sans télécharger l’intégralité des blobs. L’objectif est d’augmenter massivement la bande passante disponible pour les rollups, multipliant potentiellement par 10 le nombre de blobs disponibles par bloc par rapport au niveau post-Dencun, selon la feuille de route publiée sur ethereum.org.
Les phases suivantes, baptisées “Verge” et “Splurge” dans la taxonomie de Vitalik Buterin, visent respectivement la mise en œuvre des arbres de Verkle (pour les états sans témoins) et diverses optimisations de performance. Ces développements s’étendent au moins jusqu’en 2027-2028 et transformeront Ethereum en couche de règlement (settlement layer) pour un écosystème L2 de plus en plus dense.
Lecture CryptoActu L’article de 2017 anticipait un réseau “plus rapide et moins victime de congestions” grâce à Byzantium. L’objectif était juste, mais l’échelle était sous-estimée : ce n’est pas le L1 qui a gagné en vitesse, mais le paradigme entier qui a pivoté vers les rollups L2. Chaque fork depuis 2022 optimise Ethereum comme infrastructure de règlement pour ces couches secondaires, non comme réseau d’exécution direct.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le hardfork Byzantium d’Ethereum ?
Byzantium est la première partie de la mise à niveau Metropolis, activée le 16 octobre 2017 au bloc 4 370 000. Il a réduit les récompenses minières de 5 à 3 ETH, repoussé la bombe de difficulté d’environ 18 mois et intégré les précompilations zk-SNARK pour des transactions plus confidentielles, selon l’Ethereum Foundation.
Combien de hardforks Ethereum a-t-il connus depuis 2015 ?
Depuis Frontier en 2015, Ethereum a réalisé 18 mises à niveau majeures jusqu’à Pectra en mai 2025, selon la feuille de route publiée sur ethereum.org. Les jalons les plus importants restent The Merge (septembre 2022, passage au proof-of-stake) et Dencun (mars 2024, introduction des blobs EIP-4844 pour les rollups L2).
Qu’est-ce que la “bombe de difficulté” d’Ethereum ?
La bombe de difficulté est un mécanisme codé dans le protocole depuis 2015, conçu pour rendre le minage progressivement impossible et forcer la transition vers le proof-of-stake. Repoussée à 5 reprises (Byzantium, Constantinople, Muir Glacier, Arrow Glacier, Gray Glacier), elle a été définitivement neutralisée avec The Merge en septembre 2022, selon l’Ethereum Foundation.
Qu’est-ce que Fusaka, le prochain hardfork Ethereum ?
Fusaka est la mise à niveau prévue pour fin 2026. Elle doit introduire le PeerDAS (échantillonnage de disponibilité des données entre pairs), une technique qui permettra de multiplier la capacité de données disponibles pour les rollups L2 sans surcharger les nœuds complets, selon la feuille de route ethereum.org mise à jour en 2026.
À retenir
De Byzantium en 2017 à Pectra en 2025, Ethereum a complété une transformation radicale en 18 mises à niveau majeures, dont beaucoup ont pris davantage de temps que prévu. Le prochain jalon, Fusaka (fin 2026), devrait encore accroître la capacité des rollups L2. La question ouverte reste le rythme d’adoption de l’abstraction de compte introduite par Pectra.
Sources
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