Le projet de loi d’amendement d’un rouble numérique approuvé la semaine dernière par la Douma n’attendait plus que le sceau du président russe pour entrer officiellement en vigueur dans sa version beta. C’est désormais chose faite selon l’agence de presse Tass, qui précise que le programme pilote de cette monnaie numérique (CBDC, ou MNBC en français) débutera dès le début du mois prochain.
Un rouble numérique expérimenté dès le 1er août
Sur le modèle du yuan numérique que le gouvernement chinois déploie étape par étape en usant de stratégies diverses, notamment des distributions gratuites ou des loteries géantes, lui assurant une expansion toujours plus grande sans donner l’impression de l’imposer autoritairement aux citoyens, le rouble version banque centrale semble suivre la voie de la première CBDC expérimentée par une grande puissance, par ailleurs partenaire privilégiée de la Russie de Poutine au sein de l’alliance des BRICS.
La monnaie numérique gérée directement par la banque centrale russe, qui devrait s’associer à une quinzaine de grands établissements bancaires du pays pour son programme pilote, se présente comme un troisième alternative aux moyens de paiement déjà existants. Gratuite pour les transactions opérées par les particuliers, il en coûtera 0,3% de frais pour les commerces selon les documents officiels. Programmable, sa détention sera limitée à un montant de 300 000 roubles mensuels (environ 3000 euros). Ce montant ne pourra pas servir à des fins d’investissement (aucun rendement attendu). Enfin, le rouble numérique devrait s’étendre aux paiements transfrontaliers. Un atout alors que la Russie a conclu récemment plusieurs traités commerciaux avec la Chine, reposant sur leurs monnaies nationales respectives, avec comme mot d’ordre sortir de la dollarisation des échanges.
Un usage du rouble numérique sur la base du volontariat
Par ailleurs, selon un communiqué de la gouverneure de la Banque centrale de Russie, qui exploitera et entretiendra l’infrastructure nécessaire à son déploiement, la décision d’utiliser ou non cette CBDC reviendra librement aux citoyens.
Personne ne forcera personne à entrer dans le rouble numérique. C’est une utilisation absolument volontaire, c’est une opportunité supplémentaire pour les gens : s’ils veulent, ils l’utilisent, s’ils ne le veulent pas, ils ne l’utilisent pas. Mais nous espérons vraiment que ce sera plus pratique, moins cher pour les particuliers et les entreprises, et qu’ils commenceront à l’utiliser. C’est une nouvelle opportunité.
Sur cette base du volontariat, Olga Skorobogatova, première vice-présidente de la Banque de Russie, déclare ne pas s’attendre à une adoption massive du rouble numérique avant 2025 ou même 2027.