Polymarket concentre désormais 93 % du volume des marchés prédictifs politiques, selon les données relayées par Cointelegraph le 20 juillet. La plateforme écrase ses concurrents directs Kalshi et Robinhood, qui se partagent les 7 % restants. Cette concentration soulève des questions sur la liquidité fragmentée et le rôle des régulateurs américains, un bras de fer dont la CFTC revendique l’autorité exclusive sur ces nouveaux instruments.
Au programme
- Polymarket truste 93 % des paris politiques, laissant Kalshi et Robinhood sous la barre des 5 %
- Avec 58,1 milliards de dollars de volume en 2026, les marchés prédictifs explosent, mais la liquidité reste déséquilibrée
- La pression réglementaire s’intensifie entre la CFTC et les États, et le Kentucky vient d’ailleurs d’intensifier son offensive judiciaire
La domination de Polymarket s’est accélérée avec le cycle électoral américain de 2026, où les volumes sur les primaires démocrates et les élections de mi-mandat ont dépassé 12 milliards de dollars en cumul depuis janvier. Kalshi, pourtant agréé CFTC, ne capte que 4 % du marché politique. Robinhood, arrivé plus tard via Robinhood Chain, stagne à 3 %. La plateforme crypto-native bénéficie d’un avantage structurel : des frais nuls, une exécution on-chain et une base d’utilisateurs crypto déjà formée aux paris décentralisés.
Pourquoi Polymarket écrase-t-il le marché politique ?
Polymarket a construit sa position dominante sur 3 piliers opérationnels. La plateforme applique des frais de 0 % sur les marchés politiques, une stratégie agressive qui lui permet d’aspirer la liquidité des concurrents. Le volume cumulé sur 2026 atteint 58,1 milliards de dollars, en hausse de 210 % par rapport à 2025. Pour des acteurs comme Wintermute, qui mise 60 milliards de dollars sur ce secteur, une telle profondeur est décisive.
La liquidité est également un facteur clé. Sur le marché « Qui remportera l’élection présidentielle de 2028 ? », Polymarket affiche une profondeur de carnet de 14,7 millions de dollars, contre 1,2 million pour Kalshi. Cet écart rend les positions importantes plus faciles à exécuter sans slippage, ce qui attire les traders institutionnels. Hyperliquid a bien lancé des marchés concurrents, mais la liquidité initiale est trop faible pour rivaliser.
Enfin, l’intégration avec l’écosystème crypto facilite l’accès. Les utilisateurs approvisionnent leurs comptes en USDC via Polygon, sans friction bancaire. À l’inverse, Kalshi impose des virements ACH qui prennent 48 à 72 heures, un délai rédhibitoire pour des marchés qui bougent en temps réel. Cette efficacité justifie le soutien de fonds comme a16z à la vision de la CFTC pour unifier ces échanges.
Quels risques réglementaires pèsent sur cette domination ?
La concentration de 93 % attire l’attention de la CFTC. L’agence américaine, qui revendique une autorité exclusive sur les marchés prédictifs, pourrait durcir sa position. Plusieurs États ont déjà engagé des procédures contre ces plateformes, et le Wisconsin a ouvert un front judiciaire spécifique visant Polymarket.
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La domination de Polymarket rappelle celle de Binance sur les exchanges spot en 2021 (70 % de part de marché). À l’époque, la dispersion réglementaire avait joué en faveur de l’acteur dominant. Aujourd’hui, le cadre MiCA en Europe et les procédures CFTC aux États-Unis pourraient réduire cette fragmentation, mais le calendrier reste flou. Le protocole d’accord SEC-CFTC signé en mai 2026 n’a pas encore produit de cadre opérationnel pour les marchés prédictifs on-chain.
Les États ne sont pas en reste. Le Kentucky a déposé une plainte visant à bloquer l’accès aux plateformes de prédiction non agréées, tandis que le Nouveau-Mexique a engagé une procédure similaire. La bataille juridique entre la CFTC et les régulateurs étatiques crée une insécurité juridique que Polymarket exploite en restant une plateforme crypto-native, hors du périmètre traditionnel. Cette opposition entre la CFTC et les États reste le principal point d’incertitude.
Comment les concurrents tentent-ils de réduire l’écart ?
Kalshi mise sur son agrément CFTC, seul avantage différenciant. La plateforme a lancé en juin 5 nouveaux marchés politiques avec des contrats libellés en dollars, ciblant les investisseurs institutionnels qui refusent l’exposition crypto. Le volume mensuel reste modeste (340 millions de dollars) mais progresse de 22 % par mois.
Robinhood, de son côté, intègre les marchés prédictifs directement dans son application actions. L’avantage : une base de 23 millions d’utilisateurs actifs qui peuvent basculer d’un achat d’action Apple à un pari politique en 3 clics. Le volume reste confidentiel (190 millions en juillet) mais la croissance mensuelle atteint 35 %. La plateforme parie notamment sur un partenariat avec Polymarket et le Nasdaq pour élargir son offre.
Hyperliquid a également lancé ses propres marchés sans frais via HIP-4, sans oracles externes. Cette approche technique réduit les coûts d’infrastructure mais la liquidité initiale reste trop faible pour concurrencer Polymarket sur les marchés profonds.
| Plateforme | Part politique | Volume 2026 | Atout principal |
|---|---|---|---|
| Polymarket | 93 % | 58,1 Md$ | Frais nuls, liquidité profonde |
| Kalshi | 4 % | 2,4 Md$ | Agrément CFTC |
| Robinhood | 3 % | 1,1 Md$ | Base utilisateurs intégrée |
À retenir
Polymarket détient 93 % du marché prédictif politique avec 58,1 milliards de dollars de volume en 2026. Cette concentration devrait perdurer tant que le cadre réglementaire américain reste fragmenté entre la CFTC et les États. La saison électorale 2028 sera le véritable test : si Kalshi et Robinhood convertissent leur croissance mensuelle en parts durables, le marché pourrait se rééquilibrer autour de 70-20-10.
Questions fréquentes
Pourquoi Polymarket domine-t-il autant le marché politique ?
Polymarket s’impose grâce à une politique de frais nuls et une profondeur de carnet de 14,7 millions de dollars sur les marchés phares. Les traders institutionnels privilégient cette liquidité, et les dépôts instantanés en USDC éliminent les délais bancaires de 48 heures imposés par Kalshi.
Les régulateurs peuvent-ils freiner cette domination ?
La CFTC et plusieurs États multiplient les procédures. Si un cadre juridique contraignant est imposé, l’absence d’agrément de Polymarket deviendrait un handicap face à Kalshi. Mais en l’absence d’uniformité réglementaire, la plateforme profite du flou juridique actuel.
Quel volume Polymarket a-t-il enregistré en 2026 ?
Polymarket cumule 58,1 milliards de dollars de volume, soit 93 % du marché politique. Cette performance, en hausse de 210 % sur un an, est dopée par les primaires démocrates et les élections de mi-mandat américaines de 2026.
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