Le leader mondial des paiements numériques PayPal s’engage toujours un peu plus dans la crypto. Il vient d’adhérer, après un audit personnalisé, au système Trust, initié par des acteurs crypto de premier plan. Celui-ci se veut un modèle, néanmoins perfectible, en matière de conformité à la fameuse « Travel Rule » qui exige des fournisseurs de services d’actifs virtuels (VASP) la divulgation des informations sur leurs utilisateurs.

PayPal rejoint le réseau Trust

Le géant des paiements numériques PayPal conforte son engagement dans la crypto en intégrant le système Trust phosphoré par Coinbase et d’autres acteurs US, pour manifester leur bonne volonté vis à vis de régulateurs de plus en plus sourcilleux.

Plus précisément, le protocole Trust, pour « Travel Rule Universal Solution Technology », se veut une solution pour garantir leur conformité à la « règle du voyage » définie par le Groupe d’action financière (GAFI). A ce titre, il se présente comme un standard de l’industrie crypto en matière d’exigences légales contre le blanchiment d’argent tout en préservant la confidentialité des données clients.

PayPal, qui a déployé tout récemment une infrastructure permettant aux utilisateurs de transférer, d’envoyer et de recevoir des cryptos de et vers des portefeuilles externes, rejoint une cohorte de poids lourds, dont certains sont présents depuis le début comme Kraken, Gemini, Bittrex, Anchorage, Paxos, Circle… Le groupe s’est étoffé au fil des mois et compte désormais 38 membres PayPal inclus.

Big day for the Travel Rule Universal Solution Technology (TRUST) network as we welcome digital payment leader @PayPal. Our industry-driven solution to balancing Travel Rule compliance with protecting customer privacy & security is now 38 members strong. https://t.co/OybFRjbmwU pic.twitter.com/eKmAYHBoLQ

Circle (@circle) August 22, 2022

Un réseau qui veut s’internationaliser

Depuis le groupe s’est élargi et compte désormais 38 membres, PayPal inclus. Mais ce système, directement inspiré de la relation banque-client, qui a pu hérisser certains acteurs du secteur crypto, pseudonyme par conception, n’est pas, en dépit des apparences, uniquement réservé aux entités américaines.

L’objectif est de l’étendre à l’internationale et d’y intégrer peut-être des prestataires de service sur actifs numériques européens – ne jouant cependant pas dans la même cour à quelques exceptions près – qui devront bientôt se plier aux mêmes règles via les projets de loi MiCA et la révision de la directive TFR. Pour rappel, ils devront se soumettre à l’obligation de communiquer toutes les informations concernant les transactions émises depuis et vers d’autres fournisseurs de service, quel que soit le montant. Pour les transferts vers et depuis des portefeuilles auto-hébergés, le seuil sera fixé à 1 000 euros.

Reste à savoir si l’auto-régulation du secteur apparaîtra suffisante pour des instances de réglementation surenchérissant toujours plus dans leur volonté de contrôle.