En cet été 2021, la polémique autour des NFTs enfle à mesure que leur marché explose. En grande partie du fait de leur caractère souvent jugé « inutile ». Cela tout particulièrement si l’on se concentre sur cet aspect d’objets de collection dont les principales expressions sont les historiques CryptoPunks et plus récents Bored Ape Yacht Club (Apes). Des personnages aux raretés multiples dont les prix s’envolent alors toujours plus haut. Mais qui, selon certains, cachent la véritable révolution inhérente à ces jetons non fongibles. Car ils sont autre chose et bien plus que ce que l’on nous sert actuellement.
Qui n’a pas ressenti cette lassitude face à l’explosion incontrôlable du marché des jetons NFT. Et dont la dernière lubie, en ce mois d’août 2021, est d’acquérir des images de rochers stylisés du nom d’Ether Rocks pour plusieurs centaines d’ETH l’unité. Un projet qui date pourtant de 2017. Mais qui entre dans cette course à l’exhumation spéculative de ce genre de collections improbables, mais alors très rentables. Le tout en mode recherche du NFT perdu qui ne fait pas que de bien pour la crédibilité de ce secteur. Mais quel intérêt lorsque les fonds coulent à flots…
Ce qui a été l’occasion de publier un guide ultime des premiers NFTs édités sur le réseau Ethereum. Une initiative du compte Twitter répondant au nom de LeonidasNFT. Et à destination de ces archéologues de la blockchain d’un nouveau genre. Mais qui pour certains analystes ne rassemblent que « des stickers aléatoires et sans valeur ou des tweets de personnes absolument inconnues ».

Car le marché des NFTs ne se résume pas uniquement à cette cacophonie spéculative. Et les fonctionnalités qu’ils offrent n’ont de limite que l’imagination que cette technologie permet de développer. Encore faut-il voir plus loin qu’une troupe de pingouins dont les prix varient en fonction d’une barbe ou d’un déguisement de banane…
Les NFTs comme futur de l’investissement
Un constat que vient de dresser un certain Ilja Laurs de la structure Dappscape. Un projet dont l’objectif est de développer un navigateur pour accéder aux multiples applications décentralisées (dApps) présentes sur le réseau Ethereum. Et qui pose la question de la véritable portée de ces jetons non fongibles. Des NFTs qui « pourraient être la future norme pour le trading et l’investissement ». Et offrir bien plus que ce que l’on connaît pour le moment. Cela principalement du fait de leur caractère immuable à valeur de titre de propriété.

Car les premières expérimentations de jetons non fongibles remontent à 2012-2013, avec les colored coins sur Bitcoin, le standard ERC-721 n’arrivant lui qu’en 2018. Mais leur véritable utilisation comme outils de traçabilité et d’identification unique a pris du temps à s’imposer. Ils reposent pourtant sur une technologie blockchain qui permet d’en conserver toutes les transactions. Mais également de remonter à son créateur d’origine ou d’en connaître le propriétaire actuel. Une réalité qui peut trouver de nombreuses fonctionnalités différentes et pour la plupart encore inconnues. C’est en tout cas ce qu’affirme Tim Draper, investisseur américain en capital-risque dans le domaine de la blockchain et des cryptomonnaies.
« Le vrai potentiel des NFT n’a pas encore été dévoilé, mais il le sera. (…) Ils peuvent permettre de vendre aux enchères un véritable appartement en tant que NFT, et d’autres cherchent déjà à les utiliser pour négocier des capitaux propres d’entreprises. (…) Nous avons déjà la technologie, maintenant la seule chose qui peut nous arrêter est notre imagination. » Tim Draper
Ce qui pourrait, selon Ilja Laurs, permettre de réaliser la vente d’actions de sociétés cotées en bourse. Ou encore d’effectuer des levées de fonds pour des startups. C’est de ce côté que l’histoire a tranché : la tokenisation d’actifs réels pèse une trentaine de milliards de dollars mi-2026 selon RWA.xyz, dominée par les bons du Trésor et les fonds monétaires.
Les NFTs sont là pour rester
Car même si les collections de personnages numériques affichent une pérennité douteuse, les NFTs sont définitivement « là pour rester ». C’est en tout cas ce qu’affirme en 2021 le directeur de l’Université internationale de basket-ball de Lituanie, en rapport au succès de la plateforme NBA Top Shot. Cette dernière alors très largement en tête du nombre de ventes dans le secteur. Car ce ne sont après tout que les versions numériques de ces cartes de collection physiques, dont la valeur fluctue en fonction de la carrière du joueur qu’elles représentent. Ce qui, selon Ilja Laurs, « signifie qu’il s’agit d’un investissement viable ».

Le verdict est tombé depuis. NBA Top Shot a culminé à 226 millions de dollars de volume mensuel en février 2021, avant de tomber sous les 3 millions à l’automne 2023, Dapper Labs licenciant 22 % de ses effectifs fin 2022. OpenSea, qui pulvérisait alors les volumes de 2020 avec un record de 3,4 milliards de dollars sur le seul mois d’août 2021, a vu ses parts laminées par Blur puis Magic Eden, réduit ses effectifs de 750 à environ 110 personnes et repoussé sine die son jeton SEA en mars 2026.
Les collections vedettes ont suivi. Le plancher des CryptoPunks évolue autour de 32 ETH début août 2026, environ 60 000 dollars, contre près de 478 000 dollars en octobre 2021. Celui des Bored Apes tourne autour de 8 ETH, loin des 153,7 ETH de mai 2022. Yuga Labs a cédé la propriété intellectuelle des CryptoPunks à l’Infinite Node Foundation en mai 2025, pour environ 20 millions de dollars. Reste ce que défendait déjà cet article : billetterie infalsifiable, identité on-chain et tokenisation d’actifs, seuls usages à avoir traversé la décrue.
« Il est probablement plus intelligent d’adopter l’approche des investisseurs en capital-risque et de ne pas investir plus de 10% de votre portefeuille dans cette nouvelle forme d’actif. », Ilja Laurs
Cet article traite de l’actualité des cryptomonnaies. Il ne s’agit pas d’un conseil en placement financier. Toute prise de position doit s’accompagner de recherches personnelles et nécessite de croiser plusieurs sources avant de se lancer. DYOR !
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