Après HSBC et NationWide qui ont tout récemment interdit l’achat de cryptos via les cartes de crédit, une autre institution bancaire du Royaume-Uni prend un tournant restrictif. Dorénavant, les clients de NatWest devront se contenter de 1000 livres sterling (1100 euros) par jour et de 5000 livres sterling (5600 euros) sur une période de 30 jours s’ils veulent envoyer de l’argent sur une plateforme d’échange.

Plafonnement des achats cryptos chez NatWest

Ces limites, qui concernent aussi bien les transactions via CB que les virements réalisés à partir de comptes, ont été adoptées afin de protéger les utilisateurs des « crypto-criminels » selon les dires de la banque relayés par Reuters. Selon elle, les « consommateurs » britanniques auraient perdu 329 millions de livres sterling dans la criminalité cryptographique l’année dernière, chiffre qui justifierait à lui seul les mesures imposées.

Nous avons constaté une augmentation du nombre d’escroqueries utilisant des échanges de crypto-monnaie et nous agissons pourprotéger nos clients.

Stuart Skinner, responsable de la protection contre la fraude de NatWest, cité in Reuters

D’autant que de son point de vue, l’augmentation du coût de la vie au Royaume-Uni permet aux acteurs malveillants d’attirer plus facilement les consommateurs qui recherchent des rendements élevés. Un argument à prendre avec des pincettes, mais qui n’est pas étonnant venant d’une institution qui n’a jamais vraiment manifesté un amour immodéré pour Bitcoin et consorts. Son président et ancien sous-gouverneur de la Banque d’Angleterre, Sir Howard Davies, n’ayant pas hésité à affirmer en septembre 2022 le peu de considération dans lesquels il les tenait.

Interdisons simplement ces maudits trucs. Pourquoi tourner autour du pot ici.

Au Royaume-Uni, les banques pas vraiment crypto-compatibles

Une aversion constellée des clichés les plus éculés sur les cryptos, entre vecteur de criminalité financière, désastre environnemental, valeur refuge de pacotille en raison de leur volatilité… , que partage visiblement l’institution qu’il dirige (JP Morgan se dissocie elle de l’opinion aussi tranchée de son PDG Jamie Dimon). En avril 2021, la banque avait en effet déclaré dansThe Guardian qu’elle considérait les actifs numériques comme des outils d’investissement « à haut risque » et ne ressentait donc « aucun appétit » pour le domaine. Elle avait également affirmé qu’elle ne servirait pas les entreprises en lien avec ce secteur.

Une orientation passablement anti-crypto qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui est bien dans l’air du temps. Elle s’avère conforme au voeu des régulateurs d’ici ou d’ ailleurs que précipite encore la mise à l’arrêt du trio américain Silvergate Capital, Silicon Valley Bank et Signature Bank.

Cela ressemble au début d’une répression coordonnée de la cryptographie, venant du secteur bancaire britannique. Nous avons déjà vu cette stratégie prendre forme aux États-Unis.

Un ex-employé de HSBC cité in [Financial Time](http://un ancien employé de HSBC)

Binance en a d’ailleurs fait également les frais. En effet, l’exchange n°1 s’est vu contraint de suspendre les dépôts et les retraits en livre sterling au Royaume-Uni depuis lundi, son fournisseur de paiement PaySafe ayant renoncé à y proposer ses services en raison « d’un contexte réglementaire trop peu clair ».