Nakamoto Inc. (NAKA) a perdu 238,8 millions de dollars net au premier trimestre 2026, pour un chiffre d’affaires de seulement 2,3 millions, pendant que ses dirigeants percevaient 7,3 millions de dollars de rémunération. Dans ce contexte, la présence d’un Chief Medical Officer a enflammé les réseaux : et le PDG David Bailey a dû s’expliquer.

Au programme

  • Nakamoto affiche -238 M$ de pertes nettes au T1 2026, avec des insiders rémunérés à 7,3 M$ pour 2,3 M$ de revenus (10-Q déposé mai 2026)
  • Le CMO Tim Pickett vient de KindlyMD, société médicale Utah qui a fusionné avec Nakamoto Holdings en 2025 : sans ce bras opérationnel, NAKA risquerait la classification “shell company” au Nasdaq
  • L’action a chuté de 99 % avant un regroupement 1-pour-40 le 22 mai, ramenant le cours de 0,16 $ à environ 6 $

D’où vient ce Chief Medical Officer ?

La réponse est comptable avant d’être médicale. Nakamoto Inc. est née d’une fusion inversée entre KindlyMD : une clinique spécialisée dans la gestion de la douleur, basée en Utah et déjà cotée au Nasdaq : et Nakamoto Holdings, la structure privée de Bailey. Tim Pickett, fondateur de KindlyMD, a conservé son titre de CMO pour diriger la filiale de santé héritée.

« Nous avons un Chief Medical Officer parce que nous avons fusionné avec une société de santé, et maintenir une activité opérationnelle est une condition de cotation au Nasdaq », a expliqué Bailey. Sans ce bras médical générateur de revenus récurrents, NAKA tomberait dans la catégorie “société coquille” — ce qui entraînerait un retrait de la cote. Le phénomène n’est pas isolé : plusieurs sociétés médicales américaines ont réorienté leur activité vers la détention de Bitcoin en 2025, créant ces hybrides healthcare-trésorerie.

Pourquoi les marchés ont-ils sanctionné NAKA aussi violemment ?

La polémique sur le CMO n’est que la partie visible. L’analyste Justin Bechler a mis en lumière le 10-Q du T1 2026 : 238,8 millions de dollars de pertes nettes, revenus d’exploitation à 2,3 millions, compensations internes à 7,3 millions. L’écart entre la rémunération des dirigeants et le chiffre d’affaires réel a cristallisé les critiques sur l’ensemble du secteur des Digital Asset Treasury companies.

La dilution a été massive. L’acquisition de BTC Inc. et d’UTXO Management : deux entités appartenant à Bailey et au directeur des investissements Tyler Evans : a dilué les actionnaires publics de 58 % en un seul trimestre. La société détenait alors environ 5 058 BTC, mais ce chiffre de trésorerie Bitcoin a pesé moins lourd que les pertes opérationnelles aux yeux des investisseurs.

L’action a touché 0,17 $ le 14 mai 2026, soit une chute de 99 % par rapport à ses niveaux post-fusion. Un regroupement d’actions 1-pour-40, effectif le 22 mai, a mécaniquement ramené le cours autour de 6 $ en comprimant 696 millions de titres en 17,4 millions : une opération purement cosmétique pour satisfaire le seuil de 1 $ minimum imposé par le Nasdaq.

Quelles échéances surveiller désormais ?

Deux dates concentrent l’attention des actionnaires. Le 20 août 2026, la première tranche de lock-up interne sera débloquée : un test immédiat sur la pression vendeuse des insiders. Le même mois, le 10-Q du T2 2026 sera déposé et devra montrer si les revenus tirés de la conférence Bitcoin 2026 justifient la survaleur (goodwill) inscrite lors de l’acquisition de BTC Inc.

Pour l’instant, les 5 058 BTC en portefeuille rassurent peu les investisseurs qui scrutent la ligne opérationnelle. Nakamoto reste une société avec 200 millions de dollars de dette, des revenus de 2,3 millions par trimestre et des charges de rémunération qui les dépassent. La promesse d’une trésorerie Bitcoin n’efface pas le bilan.

Le cas Nakamoto illustre un phénomène plus large dans le secteur des trésoreries Bitcoin institutionnelles : la transformation de sociétés cotées en véhicules de détention crypto crée des structures hybrides dont la gouvernance et la dilution posent des questions que MicroStrategy n’a pas eu à affronter dans ses premières années. D’autres acteurs du secteur, comme Binance qui consolide ses structures européennes, choisissent des voies réglementaires plus directes pour asseoir leur légitimité institutionnelle.

À retenir

Nakamoto Inc. défend la logique de son CMO, mais l’argument structurel peine face à 238,8 millions de pertes net et une dilution de 58 % en un trimestre. L’été 2026 sera décisif : déverrouillage des lock-up insiders et publication du T2 poseront les bases d’une éventuelle revalorisation : ou d’une nouvelle vague de scepticisme.

Sources

Signal Baissier
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