Le portefeuille MetaMask n’est définitivement pas un acteur du Web3 comme les autres. En premier lieu, car il est devenu en l’espace de quelques années la principale porte d’entrée vers l’univers décentralisé des cryptomonnaies. Tout en résistant dans le même temps aux appels incessants de sa communauté sur la date de livraison d’une potentielle cryptomonnaie native. Un terrain sur lequel la société ConsenSys, à l’origine de son développement, semblait bien décidée à s’aventurer en mars 2022. Mais avec de nombreuses précautions qui laissaient planer le doute sur la mise en place d’un possible airdrop. Peut-être que cela interviendrait en même temps que le lancement de sa DAO ? Plus de quatre ans plus tard, ni l’une ni l’autre n’ont vu le jour.
Impossible de passer à côté du portefeuille MetaMask dès qu’il s’agit d’investir dans le secteur des cryptomonnaies. Car cette tour de contrôle permet d’accéder à presque tous les principaux réseaux existants. Et d’interagir en toute sécurité avec un grand nombre de plateformes et autres applications décentralisées (DApps). Une position forte de plus de 30 millions d’utilisateurs mensuels revendiqués en mars 2022, un ordre de grandeur que ConsenSys communiquait encore fin 2025.
Une dynamique portée par la société dédiée au réseau Ethereum du nom de ConsenSys. Cette dernière à l’origine du développement de MetaMask et des décisions stratégiques qui accompagnent son succès actuel. Avec dans les cartons, une nouvelle interface utilisateur prévue pour « très bientôt. » Mais également la mise en place d’une structure communautaire de type DAO. Le tout en parallèle d’une volonté de « décentralisation progressive » affichée par Joe Lubin, PDG de ConsenSys. Et la confirmation du lancement d’une cryptomonnaie, dont la procédure et le calendrier restaient encore à définir.
MetaMask, Une DAO à gouvernance limitée
La mode est aux organisations autonomes décentralisées (DAO) dans le secteur des cryptomonnaies. Tout cela sur fond d’un Web3 dont tout le monde parle, mais que personne n’est réellement en mesure de définir. Avec comme objectif, une gestion communautaire dont la belle théorie initiale se heurte à certaines dérives. Et comme conséquence inévitable, une méfiance légitime émise par la société ConsenSys, au sujet du développement de son portefeuille MetaMask. En premier lieu afin de ne pas s’attirer les foudres des régulateurs. Mais également dans un souci de cohérence avec une logique communautaire de plus en plus souvent bafouée.
« Une DAO est actuellement en train d’être développée en relation à MetaMask, mais elle ne permettra pas de le gouverner directement. Il est question valider la création et le financement de nouveaux éléments de MetaMask. »
Joe Lubin
Car il n’était pas question de réaliser une opération qui se résumerait à une simple « captation d’argent. » C’est-à-dire le détournement frauduleux et spéculatif d’une volonté initiale de décentralisation. Avec comme conséquence, une prise de pouvoir communautaire rapidement problématique pour le projet concerné. Cette DAO MetaMask n’a jamais été lancée : ConsenSys a finalement porté ses efforts de décentralisation sur son réseau Linea, dont le jeton a été distribué en septembre 2025, et sur DIN, le projet d’infrastructure décentralisée adossé à Infura.
MetaMask, Un airdrop sous haute surveillance
La communauté crypto attendait avec impatience le lancement d’une cryptomonnaie associée au portefeuille MetaMask. Avec l’espoir de bénéficier d’une opération de type airdrop, à la manière de la plateforme Uniswap (UNI). Mais alors que l’éventualité de cette création avait été confirmée, les modalités de distribution restaient floues. Car le PDG de ConsenSys était catégorique, il y aurait bien un jeton natif de ce portefeuille. Une déclaration faite en mars 2022 lors d’une interview donnée au média crypto Decrypt. Mais avec un responsable des opérations de MetaMask (Jacobc.eth) qui cherchait alors depuis des semaines à tempérer les attentes des utilisateurs.
« Ce n’est pas quelque chose que nous allons improviser. Et nous n’allons pas non plus mettre notre projet en danger vis-à-vis des régulateurs, ni même offrir la gouvernance à des « agriculteurs d’airdrop » ou quelque chose dans le genre. »
Jacobc.eth
La patience était effectivement de rigueur. En octobre 2025, Joe Lubin a promis des « économies alimentées par des jetons » sur toute la gamme ConsenSys, en commençant par Linea, puis MetaMask, puis Infura. Un programme MetaMask Rewards a suivi, avec une première saison lancée fin octobre 2025 et plus de 30 millions de dollars distribués, non pas en jeton MetaMask mais en LINEA, avant une seconde saison en 2026. Au 10 août 2026, aucun jeton MetaMask n’a été émis et aucun ticker officiel n’a été annoncé : le MASK déjà coté est celui de Mask Network, un projet distinct, ce qui alimente régulièrement de faux sites de réclamation. De quoi rappeler que la gouvernance par jeton n’échappe pas toujours à une affaire de « cupidité ».
Entretemps, ConsenSys a changé de priorités. Après deux vagues de licenciements, environ 20 % des effectifs en octobre 2024 puis 7 % en juillet 2025, la société a misé sur des produits générateurs de revenus : le stablecoin mUSD, annoncé en août 2025 et émis par Bridge, filiale de Stripe, puis la MetaMask Card adossée à Mastercard, étendue à l’ensemble des États-Unis en février 2026. ConsenSys prépare par ailleurs une introduction en Bourse aux États-Unis, repoussée à l’automne 2026 au plus tôt. Beaucoup y voient le vrai calendrier du jeton, sans qu’aucune date n’ait été confirmée. Une affaire à suivre de près…
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