En septembre 2022, à peine nommée Première ministre, Liz Truss confirmait l’ambition britannique de faire du Royaume-Uni un “hub crypto mondial”. Son secrétaire économique Richard Fuller en avait fait une priorité dès les premiers jours de l’administration. En 2026, la promesse a pris une forme concrète : les Cryptoassets Regulations 2026 sont entrées en vigueur le 4 février 2026, établissant un cadre réglementaire complet géré par la FCA, selon GOV.UK. Le régime complet sera opérationnel le 25 octobre 2027.

En bref

L’ambition britannique de hub crypto a traversé plusieurs gouvernements depuis 2022. Le Financial Services and Markets Act 2023 a donné à HM Treasury les pouvoirs d’intégrer les cryptoactifs dans la réglementation FCA. En décembre 2025, les Cryptoassets Regulations 2026 ont été déposées au Parlement et sont entrées en vigueur le 4 février 2026. Un régime d’autorisation complet ouvre ses candidatures en juillet 2026 pour un go-live en octobre 2027. Le Royaume-Uni vise un hub de conformité plutôt qu’un paradis réglementaire.

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La promesse de Liz Truss : contexte et ambiguïté

La déclaration du gouvernement Truss en septembre 2022 s’inscrivait dans la continuité d’une politique initiée par Rishi Sunak lorsqu’il était chancelier de l’Échiquier. Sunak avait exprimé en 2021 sa volonté de faire du Royaume-Uni un “centre mondial des actifs crypto”, notamment via la création d’un NFT de la Royal Mint et l’exploration d’un stablecoin libellé en livre sterling. L’arrivée de Liz Truss, puis sa chute au bout de 44 jours, avait créé de l’incertitude. Son successeur Rishi Sunak avait repris le dossier avec la même orientation, mais sans précipitation. Le défi : créer un cadre attractif sans sacrifier la protection des consommateurs, après les scandales de FTX et Celsius.

Le Financial Services and Markets Act 2023 (FSMA 2023)

La pièce législative centrale a été votée en juin 2023 : le Financial Services and Markets Act 2023 a donné à HM Treasury les pouvoirs légaux d’intégrer les cryptoactifs dans le périmètre réglementaire de la FCA (Financial Conduct Authority). Ce texte est le socle sur lequel reposent toutes les réglementations secondaires qui suivront. La même année, en septembre 2023, la Travel Rule britannique est entrée en vigueur, obligeant les prestataires de services d’actifs virtuels (VASP) à transmettre des informations d’identification sur les expéditeurs et destinataires de transactions crypto dépassant 1 000 livres.

Les Cryptoassets Regulations 2026 : le nouveau régime

Déposées au Parlement le 15 décembre 2025, les Cryptoassets Regulations 2026 sont entrées en vigueur le 4 février 2026. Elles établissent de nouvelles activités réglementées : opérer une plateforme de trading, émettre des stablecoins, conserver des cryptoactifs pour des tiers, et opérer comme principal ou agent. La FCA a publié plusieurs consultations en parallèle sur les exigences prudentielles, la prévention des abus de marché, les admissions et les divulgations. Un régime de candidature préalable s’ouvre en juillet 2026 pour les entreprises souhaitant être agréées avant le go-live complet du 25 octobre 2027. Plus de 40 entreprises sont déjà enregistrées auprès de la FCA sous les règles anti-blanchiment en vigueur depuis 2020.

Le Royaume-Uni a-t-il vraiment atteint son objectif de hub crypto ?

Le positionnement du Royaume-Uni en 2026 est celui d’un hub de conformité plutôt que d’un paradis réglementaire. Londres attire des entreprises crypto grâce à la clarté croissante du cadre réglementaire, à un bassin de talents financiers et juridiques unique, et à la proximité culturelle avec les marchés américains. Mais le niveau d’exigences réglementaires attendu est élevé, comparable à celui de l’UE avec MiCA. Des acteurs comme Coinbase, Revolut et plusieurs exchanges ont renforcé leur présence à Londres. La comparaison avec Dubaï ou Singapour, qui ont des approches plus permissives, reste défavorable au Royaume-Uni sur la rapidité d’onboarding des startups.

Questions fréquentes

Une entreprise crypto doit-elle être agréée FCA pour opérer au Royaume-Uni en 2026 ?

Oui, pour les activités couvertes par les Cryptoassets Regulations 2026. Une fenêtre de candidature ouvre en juillet 2026. Jusqu’au go-live d’octobre 2027, les entreprises existantes opèrent sous une période transitoire avec enregistrement anti-blanchiment. Une autorisation FCA complète sera requise après le 25 octobre 2027.

Le stablecoin en livre sterling évoqué par Rishi Sunak existe-t-il ?

Non, pas encore. La FCA supervise désormais l’émission de stablecoins UK, mais aucun stablecoin en GBP n’a encore été émis par une institution agréée dans le cadre du nouveau régime. Des projets sont en cours d’étude, notamment via le sandbox numérique de la FCA et de la Banque d’Angleterre.

Le Royaume-Uni est-il plus attractif que Dubaï pour les entreprises crypto ?

Cela dépend du profil. Pour les entreprises cherchant une vitesse de mise sur marché rapide et peu de contraintes initiales, Dubaï (VARA) reste plus permissif. Pour les entreprises ciblant les clients institutionnels européens et américains, le cadre FCA offre plus de légitimité et facilite les partenariats bancaires.

Sources

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