Mis à jour le 10 août 2026.
Le « crypto-projet » OneCoin est considéré comme un SCAM (une arnaque) par la communauté avertie des cryptoactifs depuis déjà bien longtemps. Cependant, ce n’est que le 6 mars 2019 que son dirigeant en exercice, Konstantin Ignatov, frère de la fondatrice Ruja Ignatova, se fait arrêter à Los Angeles pour « escroquerie ». L’information vient d’être révélée suite à un communiqué de presse du procureur fédéral du Southern District de New York sur justice.gov, qui inculpe le même jour sa sœur, elle toujours en fuite.
Le OneCoin, c’est quoi en fait ?
Le OneCoin, également connu sous le nom de OneLife, existe depuis 2014. Il y a près de 5 ans, cette nouvelle « cryptomonnaie » se présentait comme révolutionnaire, avec un potentiel surpassant même celui du Bitcoin. Son prix semble s’envoler et des rendements spectaculaires sont parfois promis, de quoi faire saliver les investisseurs.
Ci-dessous, le type de phrase toute faite que l’on peut encore aujourd’hui trouver sur leur site web officiel :
« Rejoins la révolution financière. La première cryptomonnaie, transparente, s’adressant à tout le monde. Pour améliorer la vie de personnes partout sur la planète, nous donnons immédiatement accès à nos services financiers. » Onecoin.eu/fr

Une fois des jetons OneCoin acquis, vous pouviez, en vous connectant sur l’interface de l’entreprise, percevoir la valeur potentielle de vos actifs en monnaie fiduciaire.
Seulement, impossible de retirer ses gains et de transformer ses tokens OneCoin en dollars ou en euros. Les tokens ne sont disponibles sur aucune place d’échange de cryptoactifs, il est donc impossible de cash out. Vous obtenez une quantité de OneCoin totalement théorique, vous avez perdu. Pire encore, aucune blockchain n’a jamais existé derrière le projet : les « cours » affichés étaient fixés par l’entreprise elle-même dans une simple base de données, et aucune transaction n’était réellement enregistrée. Tout n’était que du vent.
Une fois l’investisseur dans le projet, il avait la possibilité de devenir recruteur, c’est à dire une sorte de commercial dont le but est d’entraîner de nouvelles personnes dans l’escroquerie. L’entreprise le rémunérait s’il arrivait à convaincre d’autres individus de se procurer des jetons OneCoin. C’était la seule et unique manière de récupérer une partie ou la totalité de l’argent préalablement investi. Une armée de commerciaux était donc disséminée un peu partout en Europe, touchant une commission sur les achats des clients recrutés. De quoi motiver les troupes lorsque l’on sait que les achats de OneCoin pouvaient se chiffrer en milliers ou dizaines de milliers d’euros.
Un exemple pour bien comprendre : je suis Charles, je me laisse convaincre par ce projet présenté comme un concurrent du Bitcoin et j’investis 2000 euros. Je vois le cours monter, mes 2000 euros en valent maintenant théoriquement 3000, je veux donc retirer mes gains. PROBLEME. Impossible d’échanger mes OneCoin contre des euros. La seule proposition que j’ai pour récupérer ma mise est d’enrôler de nouveaux investisseurs en devenant recruteur. Avec 20 % de commission, je dois ramener à mon tour 10 000 euros dans le projet pour rentrer dans mes frais (10 000*0,2 = 2 000 euros).
La boucle est bouclée. Le projet est un SCAM. Il s’agit d’un système pyramidal, du même type que Bitconnect et qui a pourtant sévi pendant près de 5 ans. Pour rappel, Bitconnect s’est effondré début 2018 et le FBI enquête actuellement sur cette affaire.
Les recruteurs de OneCoin se concentreraient sur des personnes vulnérables ou avides d’argent facile, en misant sur une mise en scène ostentatoire pour faire rêver leurs cibles. Ce SCAM est régulièrement décrit comme l’une des plus grandes escroqueries de la décennie : selon les estimations reprises par les enquêteurs, le réseau aurait touché jusqu’à trois millions de personnes dans le monde.

Cette arnaque d’ampleur planétaire est originaire d’Europe de l’Est, car sa fondatrice n’est autre que Ruja Ignatova, née en Bulgarie et élevée en Allemagne. Elle a étudié le droit à Oxford, obtenu un doctorat en Allemagne, puis débuté une carrière dans le conseil chez McKinsey & Company. Elle a dirigé le projet jusqu’en octobre 2017, date à laquelle elle disparaît sans laisser de trace, peu après l’émission sous scellés d’un mandat d’arrêt américain. Son frère, Konstantin Ignatov, prend officiellement les rênes de l’organisation en 2018.

Ruja Ignatova
Le montant total de l’escroquerie reste discuté. Le parquet de New York évoque 3,35 milliards d’euros de ventes encaissées entre 2014 et 2016, pour environ 2,2 milliards d’euros de profits ; les estimations de préjudice le plus souvent citées depuis tournent autour de 4 milliards de dollars, parfois davantage.
En janvier 2018, OneCoin prenait déjà du plomb dans l’aile : la police bulgare perquisitionnait les bureaux de la société à Sofia, à la demande du parquet allemand de Bielefeld. La Chine a de son côté poursuivi 98 personnes dans ce dossier et saisi plusieurs centaines de millions de dollars. Espérons que cette arrestation mette un frein définitif aux activités de cette sombre escroquerie. On ne le répétera jamais assez, mais restez sur vos gardes dans le milieu des cryptoactifs et de la blockchain.
MAJ 16/04/19 : Deux hommes ont été arrêtés à Singapour le 11 Avril dernier car ils faisaient la promotion du projet OneCoin. Ce sont les premières arrestations dans ce pays en lien avec cette arnaque de grande ampleur. Malgré l’arrestation de leur leader, le système pyramidal continue de sévir.
MAJ 13/05/2019 : Les organisateurs de la fraude sont maintenant poursuivis au civil par les clients lésés. On apprendra au mois de juillet 2019 que certains investisseurs ont perdu 760 000 $. Un autre perdra plus de 100 000 $.
MAJ 17/05/2019 : OneCoin se targue de ne pas être un Ponzi ou un schéma pyramidal. Les personnes qui font partie du OneCoin Network ne seraient pas des employés, mais simplement des auto-entrepreneurs.
MAJ 25/06/2019 : Konstantin Ignatov plaide « non coupable » pour les faits de fraudes qui lui sont reprochés devant le tribunal.
MAJ 10/08/2026 : Konstantin Ignatov a finalement plaidé coupable le 4 octobre 2019, accord rendu public en novembre 2019, pour fraude électronique, blanchiment et fraude bancaire. Devenu témoin de l’accusation, il a contribué à faire condamner Mark Scott, l’avocat américain arrêté en 2018 et reconnu coupable en novembre 2019 d’avoir blanchi environ 400 millions de dollars de fonds OneCoin : ce dernier a écopé de dix ans de prison en janvier 2024. Pour prix de sa coopération, Konstantin Ignatov a pour l’essentiel été condamné à la peine déjà purgée, après une trentaine de mois de détention, et libéré en 2024 sous contrôle judiciaire.
Quant à Ruja Ignatova, elle reste introuvable. Le FBI l’a inscrite le 30 juin 2022 sur sa liste des dix fugitifs les plus recherchés, et la récompense promise pour toute information menant à son arrestation atteint désormais 5 millions de dollars. Des documents d’enquête bulgares révélés en 2023 avancent qu’elle aurait été assassinée en 2018, mais cette hypothèse n’a jamais été confirmée : les autorités la considèrent toujours comme en fuite.
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