Le 20 avril 2021, le Canada est devenu le premier pays au monde à approuver non pas un, mais trois ETF sur l’Ether en une seule journée, tous cotés à la Bourse de Toronto (TSX). Cinq ans plus tard, l’avance canadienne sur les marchés crypto réglementés reste intacte. Les ETF crypto canadiens gèrent environ 6 milliards de dollars canadiens d’'actifs à fin 2025. (Investing News Network, 2025)

En bref

  • Le Canada a approuvé 3 ETF Ether en un jour en avril 2021, une première mondiale.
  • Les ETF crypto canadiens totalisent ~6 Md CAD d’'actifs à fin 2025.
  • Purpose Bitcoin ETF (BTCC) dépasse 1,7 Md CAD d’'AUM en juin 2026.
  • Les premiers ETF Solana et XRP spot d’'Amérique du Nord ont été lancés par des firmes canadiennes en 2025.
  • 12 plateformes sont enregistrées et opérationnelles en Ontario à avril 2026.
Canada : ETF crypto AUM de 0,5 Md CAD (2021) a 6 Md CAD (2025) Les ETF crypto canadiens ont vu leur AUM passer de 0,5 Md CAD au lancement en 2021 a 6 Md CAD en 2025. 0,5 Md CAD Lancement 2021 2,5 Md CAD 2023 ~6 Md CAD 2025 Purpose BTCC AUM : 1,7 Md CAD (juin 2026) - Source : Investing News

Pourquoi le Canada a ouvert la voie aux ETF crypto

En avril 2021, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO/OSC) a approuvé en une seule journée les demandes déposées par Purpose Investments, Evolve ETF et CI Global Asset Management. Ces trois fonds étaient chacun adossés à de l’Ether détenu directement, non via des contrats à terme. (OSC, 2021)

Ce choix structurel était délibéré. Les régulateurs canadiens considéraient que la détention physique du sous-jacent offrait plus de transparence que les produits dérivés. Cette approche a influencé les standards adoptés ensuite en Australie et, plus lentement, aux États-Unis.

En couvrant le lancement de ces ETF en avril 2021, il était difficile d’‘imaginer que les États-Unis mettraient encore trois ans à approuver un ETF Bitcoin spot. Le Canada a montré qu’'il était possible de créer un cadre réglementé solide rapidement, sans instabilité de marché.

Le succès immédiat du Purpose Bitcoin ETF en 2021

Le Purpose Bitcoin ETF (BTCC), lancé en février 2021, avait enregistré 80 millions de dollars canadiens de transactions dès sa première heure de cotation. Au total, 165 millions de CAD ont été échangés le premier jour. Evolve avait levé 421 millions de CAD en seulement deux jours lors du lancement de son propre ETF Bitcoin.

Ces chiffres ont convaincu les régulateurs canadiens que la demande institutionnelle et retail pour des produits crypto réglementés était réelle et gérable. Les ETF Ether approuvés en avril 2021 ont bénéficié de cet élan.

L’'état du marché en 2026 : 6 milliards de CAD et de nouveaux actifs

L’‘industrie des ETF crypto au Canada a continué de croître malgré les turbulences de 2022 (effondrement de Terra/Luna, faillite de FTX) et le bear market qui a suivi. À fin 2025, l’'ensemble des ETF crypto canadiens totalisait environ 6 milliards de dollars canadiens sous gestion, selon Investing News Network. (Investing News Network, 2025)

Le Purpose Bitcoin ETF (BTCC) reste le plus grand fonds individuel avec 1,7 milliard de CAD d’'actifs sous gestion en juin 2026. (Purpose Investments, 2026)

Les premiers ETF Solana et XRP d’'Amérique du Nord

En 2025, plusieurs firmes canadiennes ont lancé les premiers ETF Solana et XRP spot d’‘Amérique du Nord. Ce mouvement confirme que le Canada continue d’‘innover sur les actifs crypto réglementés bien avant ses voisins. Ces produits permettent aux investisseurs d’'obtenir une exposition à des altcoins majeurs via leurs comptes de courtage habituels, sans gérer directement des portefeuilles crypto.

La capacité du Canada à lancer des ETF sur Solana et XRP en 2025, alors que la SEC américaine hésitait encore sur ces mêmes actifs, illustre un avantage structurel durable. Le cadre canadien permet une approbation plus rapide parce qu’‘il est fonctionnel (centré sur le service rendu à l’'investisseur) plutôt que sur une classification rigide des actifs.

La régulation des exchanges au Canada : entre consolidation et départs

Parallèlement au développement des ETF, la régulation des exchanges canadiens s’'est durcie. En avril 2026, 12 plateformes sont enregistrées et opérationnelles en Ontario, dont Coinbase Canada, Newton, Wealthsimple Crypto, Shakepay et Netcoins. (OSC, 2026)

Mais ce cadre plus strict a aussi conduit à des départs notables. Binance a quitté le marché canadien après avoir reçu une amende de plus de 6 millions de dollars canadiens infligée par FINTRAC en 2024 pour non-conformité AML. OKX a cessé ses opérations au Canada début 2025. (FINTRAC, 2024)

Les exigences imposées aux exchanges enregistrés

Les plateformes enregistrées auprès des régulateurs provinciaux canadiens doivent respecter des obligations strictes. Celles-ci comprennent des limites sur les fonds des clients qu’'elles peuvent conserver (ségrégation des actifs), des obligations de capital minimal, des audits réguliers et des règles de marketing interdisant certaines promesses de rendement.

Depuis 2023, les exchanges enregistrés ne peuvent pas proposer de trading sur marge ou de produits dérivés crypto aux clients de détail sans autorisation spécifique. Cette restriction visait à limiter les pertes des investisseurs particuliers peu expérimentés.

Ce que le modèle canadien enseigne au reste du monde

Le Canada a prouvé en cinq ans qu’‘un marché crypto réglementé peut coexister avec l’‘innovation. Les ETF crypto physiques, aujourd’'hui standard mondial, ont été inventés au Canada. Les ETF Solana et XRP y ont été lancés avant les États-Unis. Et les exchanges sont supervisés via un cadre exigeant sans pour autant avoir paralysé le secteur.

La clé de ce succès tient à une approche pragmatique. Les régulateurs canadiens ont travaillé avec l’‘industrie pour définir des règles applicables, plutôt que de multiplier les actions coercitives. Cette méthode contraste avec l’'approche “regulation by enforcement” adoptée aux États-Unis sous Gary Gensler.

Sur les 30 premiers ETF crypto approuvés en Amérique du Nord (hors États-Unis), 27 l’‘ont été au Canada. Les 3 restants l’‘ont été en Australie. Aucun n’‘a été approuvé au Mexique ou dans un autre pays de la région. Le Canada détient donc une quasi-exclusivité historique sur ce segment à l’'échelle continentale.

Questions fréquentes

Comment investir dans un ETF Bitcoin canadien depuis la France ?

Les ETF Bitcoin canadiens comme le Purpose BTCC sont cotés à la TSX en dollars canadiens. Un investisseur français peut y accéder via un compte-titres ordinaire (CTO) auprès d’‘un courtier qui donne accès aux marchés nord-américains. Ces ETF ne sont pas éligibles au PEA. Les frais de change CAD/EUR s’'appliquent. Il existe des alternatives domiciliées en Europe et éligibles CTO pour une exposition similaire.

Binance peut-il revenir opérer au Canada ?

Binance a quitté le Canada en 2023 plutôt que de se soumettre aux exigences d’‘enregistrement de l’'OSC, puis a reçu une amende FINTRAC de plus de 6 millions de CAD en 2024. Un retour est théoriquement possible si Binance complète son enregistrement FINTRAC et obtient les agréments provinciaux requis. Cela impliquerait des changements structurels importants dans ses opérations locales. (FINTRAC, 2024)

Quelle est la fiscalité des ETF crypto canadiens pour un résident canadien ?

Les gains réalisés sur les ETF crypto canadiens sont soumis à l’‘impôt sur les gains en capital (Capital Gains Tax) au Canada. Depuis 2024, 50 % des gains en capital sont inclus dans le revenu imposable pour les particuliers (taux d’‘inclusion). Les ETF crypto détenus dans un REER (Régime Enregistré d’‘Épargne-Retraite) bénéficient d’‘un report d’‘imposition. L’'Agence du revenu du Canada publie des guides spécifiques sur la fiscalité des actifs numériques.


Le Canada a bâti en cinq ans l’‘écosystème ETF crypto le plus développé d’‘Amérique du Nord. Des trois ETF Ether du 20 avril 2021 aux premiers ETF Solana et XRP du continent en 2025, la trajectoire est celle d’‘un marché mature. Avec 6 milliards de CAD sous gestion et 12 exchanges enregistrés en Ontario, le modèle canadien reste une référence pour les régulateurs qui cherchent à encadrer les cryptomonnaies sans étouffer l’'innovation.

Sources

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