En 2021, le gouvernement australien promettait de “faire sortir la crypto de l’ombre”. Cinq ans plus tard, le bilan dépasse les ambitions initiales. Selon l’Independent Reserve Crypto Index (IRCI), 32,5 % des Australiens ont détenu des cryptomonnaies en 2025, un niveau record. (Independent Reserve, 2025)
En bref
- 32,5 % des Australiens ont détenu des cryptos en 2025, record IRCI.
- Premier ETF Bitcoin spot australien lancé le 4 juin 2024 sur Cboe Australia (Monochrome IBTC).
- Le Corporations Amendment (Digital Assets Framework) Bill adopté le 1er avril 2026 impose une licence AFSL aux exchanges.
- L’ASIC a accordé une période de non-intervention jusqu’à juin 2026 pour les opérateurs de bonne foi.
- L’Australie est désormais l’un des marchés crypto les mieux encadrés de la région Asie-Pacifique.
L’adoption crypto en Australie atteint un niveau record en 2025
L’Australie affiche l’un des taux d’adoption crypto les plus élevés au monde. 32,5 % de la population adulte a détenu des cryptomonnaies en 2025, selon l’étude annuelle de l’IRCI, contre environ 17,8 % mesurés par Finder quelques années plus tôt. (Independent Reserve, 2025)
Cette croissance s’explique par plusieurs facteurs conjoints : l’arrivée des ETF Bitcoin accessibles via les courtiers traditionnels, la hausse des prix en 2024-2025, et une infrastructure bancaire qui a progressivement accepté les transactions vers les exchanges. Les jeunes investisseurs de 25 à 44 ans représentent la part la plus active.
En 2021, le gouvernement australien estimait à 800 000 le nombre de détenteurs de crypto dans le pays. En 2025, ce chiffre dépasse 6,5 millions selon l’IRCI. La progression en quatre ans est de l’ordre de 700 %, bien au-delà des projections initiales du ministère des Finances.
Bitcoin reste l’actif dominant
Le Bitcoin concentre la majorité des détentions. L’Ether arrive en deuxième position, suivi par les stablecoins utilisés à des fins de paiement. L’IRCI note une augmentation significative des Australiens qui utilisent les cryptos pour des raisons pratiques (transferts internationaux, paiement de services) plutôt que purement spéculatives.
Comment l’Australie a lancé son premier ETF Bitcoin spot
Le 4 juin 2024, Monochrome Asset Management a lancé l’IBTC, premier ETF Bitcoin spot australien avec détention directe du sous-jacent, sur le Cboe Australia. (CoinDesk, 2024)
La différence avec les produits précédents est importante. Les anciens ETP crypto australiens s’appuyaient sur des structures indirectes ou des futures. L’IBTC détient physiquement du Bitcoin en garde institutionnelle, ce qui réduit le tracking error et rassure les investisseurs institutionnels. Cboe Australia, en tant que marché agréé, donne à ce produit une légitimité réglementaire immédiate.
Les autres ETF disponibles en Australie
Plusieurs fonds complètent désormais l’offre pour les investisseurs australiens. BetaShares et VanEck proposent des ETP Bitcoin et Ether accessibles sur la bourse australienne ASX. Ces produits permettent d’investir en dollars australiens depuis un compte de courtage standard, sans créer de portefeuille crypto. C’est un levier d’adoption puissant pour les investisseurs non-initiés.
Le Corporations Amendment Bill 2026 : la loi qui encadre les exchanges
Le Corporations Amendment (Digital Assets Framework) Bill 2025 a été adopté le 1er avril 2026. C’est la réforme la plus structurante pour le marché crypto australien depuis l’introduction des règles AML/CTF en 2018. (Transak, 2026)
La loi impose aux exchanges et prestataires de services sur actifs numériques d’obtenir une Australian Financial Services Licence (AFSL). Cette licence, déjà obligatoire pour les courtiers et fonds d’investissement traditionnels, soumet les exchanges aux mêmes obligations de conduite, de divulgation et de gestion des risques que les acteurs financiers classiques.
Le choix australien d’intégrer les exchanges dans le cadre AFSL existant, plutôt que de créer un régime séparé, est une approche distincte de celle de l’UE avec MiCA. Elle évite la duplication réglementaire mais impose d’emblée des standards élevés qui peuvent pénaliser les petits acteurs.
Qui est concerné par l’obligation AFSL
Tous les fournisseurs de services d’actifs numériques qui s’adressent au public australien sont concernés, qu’ils soient établis en Australie ou à l’étranger. La loi adopte une définition fonctionnelle : sont visés les services d’échange, de garde, de courtage et de staking pour compte de tiers.
Les entreprises déjà enregistrées auprès de l’AUSTRAC (l’autorité anti-blanchiment) pour leurs obligations AML/CTF doivent déposer une demande AFSL séparée. Les deux registres ne fusionnent pas, ce qui crée une double obligation administrative pour les acteurs établis.
Le rôle de l’ASIC dans la transition réglementaire
L’ASIC (Australian Securities and Investments Commission) a lancé une consultation en décembre 2024 sur l’information aux investisseurs crypto (CP 381, mise à jour d’INFO 225). Parallèlement, l’autorité a annoncé une période de non-intervention jusqu’à juin 2026 pour les opérateurs de bonne foi qui respectent les exigences AML/CTF existantes. (ASIC, 2025)
Cette approche pragmatique a permis d’éviter un choc de marché. Les exchanges ont eu le temps d’adapter leurs systèmes de conformité, de renforcer leurs équipes juridiques et de soumettre leurs demandes AFSL avant que la supervision complète ne s’enclenche.
La supervision partagée ASIC-AUSTRAC
Depuis l’entrée en vigueur du nouveau cadre, la supervision des exchanges australiens est partagée entre l’ASIC (conduite des marchés, protection des investisseurs) et l’AUSTRAC (lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme). Les deux autorités ont signé un accord de coopération pour éviter les chevauchements lors des contrôles.
Questions fréquentes
Peut-on acheter du Bitcoin en Australie via son compte bancaire ?
Oui, plusieurs banques australiennes acceptent les virements vers les exchanges agréés. Les grandes banques comme CommBank et ANZ ont progressivement levé leurs restrictions. Des plateformes comme Independent Reserve, CoinSpot et Swyftx sont accessibles directement depuis un virement bancaire australien. L’AFSL accordée aux exchanges leur permet aussi de proposer des prélèvements automatiques.
Les gains crypto sont-ils imposables en Australie ?
Oui. L’Australian Taxation Office (ATO) traite les cryptomonnaies comme des actifs soumis à la plus-value (Capital Gains Tax). La vente, l’échange crypto-contre-crypto et les paiements en crypto sont tous des événements imposables. Une réduction de 50 % s’applique sur les actifs détenus plus de 12 mois. L’ATO a publié des guides détaillés et surveille les déclarations via les données transmises par les exchanges agréés.
Quels exchanges opèrent légalement en Australie en 2026 ?
Après l’entrée en vigueur du Corporations Amendment Bill, les exchanges doivent détenir une AFSL. Parmi les acteurs établis qui ont entamé ce processus figurent Independent Reserve, CoinSpot, Swyftx, Kraken Australia et BTC Markets. Les exchanges internationaux comme Binance et Coinbase qui ciblent le marché australien doivent aussi satisfaire à ces exigences depuis le 1er avril 2026. (LSJ Online, 2026)
L’Australie est passée en cinq ans d’un marché crypto peu encadré à l’un des cadres réglementaires les plus complets de la région Asie-Pacifique. Le Corporations Amendment Bill 2026 représente l’aboutissement d’un travail législatif entamé en 2021. Avec 32,5 % de la population détentrice de cryptos et un premier ETF Bitcoin spot opérationnel, le pays dispose maintenant de fondations solides pour que ce marché continue de se développer dans un cadre protecteur pour les investisseurs.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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