Le Cyber Centre of Excellence de la police du Gujarat a interpellé 2 nouveaux suspects dans une affaire de financement terroriste impliquant plus de 27 millions de dollars en transactions crypto. L’enquête, qui court depuis plusieurs mois, vise un réseau soupçonné de mêler trafic de drogue sur le darknet, blanchiment d’argent et financement du terrorisme. Le bilan total monte désormais à 12 arrestations.
Au programme
- 27 M$ de transactions crypto suspectes identifiées par le Gujarat Cyber Centre of Excellence, liées au financement terroriste et au trafic de drogue (Times of India)
- Les 2 nouveaux suspects auraient ouvert un portefeuille Binance avec les données KYC d’un tiers, Sabbir Ali Sarani, pour recevoir 5 000 USDT via des transactions en couches
- Cette affaire s’inscrit dans un contexte indien d’intensification des poursuites liées aux cryptos, alors que la renaissance fragile de l’industrie crypto en Inde se heurte à une surveillance accrue des autorités
Comment les suspects auraient contourné les contrôles KYC ?
Le schéma opératoire révélé par l’enquête est caractéristique des techniques de dissimulation d’identité. Les 2 suspects auraient utilisé les documents d’identité d’un homme nommé Sabbir Ali Sarani pour créer un compte Binance en son nom. Via ce compte, ils auraient reçu 5 000 USDT par le biais de transactions fractionnées, ou « layering », visant à brouiller la traçabilité des fonds.
Cette technique exploite une faille classique : les plateformes centralisées exigent un KYC, mais un tiers contraint ou complice permet de contourner cette barrière. Le recours à Binance - la plus grande plateforme mondiale par volume - n’est pas anodin : sa liquidité facilite la conversion rapide de fonds illicites. Des affaires similaires ont déjà conduit à plusieurs arrestations liées aux scams crypto internationaux dans d’autres pays.
Un réseau aux ramifications multiples
Au-delà des 2 derniers suspects, l’enquête révèle l’ampleur d’une organisation structurée. Les 226 millions de roupies (environ 27 M$) de transactions identifiées traversaient plusieurs canaux : financement de groupes terroristes, achat de drogues sur des marketplaces du darknet et blanchiment classique via la crypto.
Les 10 arrestations précédentes avaient déjà permis aux enquêteurs de cartographier une partie du réseau. Les autorités indiennes ne précisent pas publiquement quels groupes terroristes auraient bénéficié de ces flux. Ce silence opérationnel est habituel en cours d’enquête. On notera que des enquêtes similaires sur la fraude crypto en Asie du Sud-Est ont abouti à 63 arrestations, suggérant des ramifications régionales potentielles.
Pourquoi l’Inde intensifie-t-elle ses opérations crypto ?
L’Inde connaît une montée en puissance de ses capacités d’investigation blockchain. Le Gujarat Cyber Centre of Excellence représente l’un des bras opérationnels de cette stratégie. Les autorités investissent dans des outils d’analyse on-chain pour tracer les flux de fonds illicites, une tendance observable dans d’autres pays émergents. L’incertitude réglementaire indienne n’a pas freiné ce volet répressif : les forces de l’ordre agissent indépendamment du cadre législatif en construction.
Cette affaire intervient alors que la Cour Suprême indienne continue de traiter les dossiers opposant la banque centrale aux acteurs crypto. Le signal envoyé est double : l’Inde ne légitimera pas la crypto sans filet de sécurité, mais ne tolérera pas non plus son usage criminel.
Lecture CryptoActu Cette affaire illustre la tension structurelle qui traverse les marchés émergents : la crypto offre une infrastructure financière accessible, mais cette accessibilité même attire des acteurs malveillants. Avec 12 arrestations et 27 M$ tracés, le Gujarat devient un cas d’école pour les unités spécialisées d’autres pays en voie de développer leurs propres cellules d’enquête blockchain.
À retenir
La police du Gujarat a porté à 12 le nombre de suspects arrêtés dans un dossier de financement terroriste crypto à 27 M$. L’utilisation frauduleuse de données KYC pour ouvrir des comptes Binance est au cœur de la technique opératoire. À surveiller : les suites judiciaires et l’identification des groupes bénéficiaires des fonds.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash