Jeffrey Sprecher, PDG d’Intercontinental Exchange (ICE) - groupe propriétaire du NYSE -, a confirmé avoir tenu plusieurs réunions avec les équipes d’Hyperliquid pour explorer les perpetuals décentralisés. Lors de la conférence annuelle Bernstein, il a qualifié la plateforme, qui ne compte que 11 collaborateurs, de structure « plus grande que le Nasdaq ».

ICE multiplie les contacts avec Hyperliquid

Le revirement est saisissant. 2 semaines avant ces déclarations, ICE et CME avaient conjointement alerté les régulateurs américains sur les risques posés par Hyperliquid. Sprecher a depuis recadré la position de son groupe : l’objectif n’est pas d’étouffer la plateforme, mais d’obtenir un « terrain de jeu équitable ».

La question centrale est réglementaire. Les bourses traditionnelles, soumises à des exigences de capital, de conformité et de surveillance lourdes, voient dans Hyperliquid un concurrent opérant sans les mêmes contraintes. ICE veut savoir si les régulateurs autoriseront les acteurs classiques à proposer des services similaires, onchain, dans le cadre d’un agrément.

Critère ICE / NYSE Hyperliquid
Effectif Plusieurs milliers 11 personnes
Statut réglementaire Exchange agréé (SEC/CFTC) Non agréé aux États-Unis
Produit phare Contrats à terme, options Perpetuals onchain
Volume quotidien estimé Milliards $ (multi-marchés) ~1-4 Md$ (perpetuals crypto)
Infrastructure Centralisée Blockchain L1 dédiée

Pourquoi Wall Street reconsidère les perpetuals onchain ?

Les perpetuals onchain représentent un segment en forte croissance. Hyperliquid concentre une part significative de ce marché, avec un modèle entièrement non-custodial : les fonds ne transitent jamais par un intermédiaire centralisé. C’est précisément ce modèle que Sprecher dit vouloir « apprendre », selon les éléments à notre disposition.

Cette dynamique rappelle la trajectoire des ETF Bitcoin : des acteurs institutionnels initialement hostiles qui, face à la demande, ont choisi l’intégration plutôt que l’opposition. Ark Invest avait adopté la même posture en rachetant massivement lors des phases de correction, avant que les grands gestionnaires ne valident collectivement le produit auprès de la SEC.

La différence ici : les perpetuals crypto ne disposent d’aucun équivalent réglementé aux États-Unis. Goldman Sachs avait déjà posé la question de la structure lorsque son partenariat avec Galaxy Digital sur les contrats à terme Bitcoin avait été annoncé. Les discussions ICE-Hyperliquid posent la même problématique, à une échelle plus directement concurrentielle.

Quel cadre réglementaire pour les perpetuals décentralisés ?

La CFTC est l’autorité compétente sur les dérivés aux États-Unis. Jusqu’ici, elle n’a pas formellement statué sur le statut des perpetuals onchain. ICE, qui opère des marchés de dérivés réglementés, cherche à clarifier si une infrastructure décentralisée peut obtenir un agrément équivalent, ou si ce vide juridique persistera.

Sprecher a été explicite : ICE ne cherche pas à bannir Hyperliquid, mais à comprendre si elle peut elle-même entrer sur ce segment. Ce positionnement rejoint celui d’autres acteurs traditionnels qui, face à l’essor de la DeFi, ont progressivement abandonné le lobbying anti-crypto pour explorer des structures hybrides.

La demande institutionnelle croissante pour les actifs onchain rend ce débat inévitable. Si ICE obtient des garanties réglementaires, une collaboration formelle avec Hyperliquid - ou une offre concurrente adossée à l’infrastructure NYSE - deviendrait envisageable à horizon 12-18 mois.

Ce que ce dossier révèle sur l’état du marché ICE cumule deux messages contradictoires en 2 semaines : alerte aux régulateurs, puis ouverture aux discussions. Ce n’est pas de l’incohérence - c’est une stratégie de positionnement. Wall Street ne combat plus la DeFi ; elle négocie son point d’entrée.

Un point reste à confirmer : la nature exacte des échanges entre ICE et Hyperliquid. Sprecher a évoqué « plusieurs réunions », sans préciser si une structure d’accord formelle est envisagée ou si les discussions en sont encore au stade exploratoire. Hyperliquid n’a pas commenté publiquement.

À retenir

ICE, maison mère du NYSE, a confirmé plusieurs discussions avec Hyperliquid - 2 semaines après avoir alerté les régulateurs sur ses risques. Sprecher veut un cadre équitable pour les perpetuals onchain. À surveiller : la réponse de la CFTC et une éventuelle prise de position publique d’Hyperliquid.

Sources

Signal Haussier
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