L’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA) a accordé ses 2 premières licences d’émetteur de stablecoin le 10 avril 2026, selon PANews. Sur 36 candidats déposés depuis l’entrée en vigueur du Stablecoins Ordinance, seuls HSBC et Anchorpoint Financial Limited ont franchi la barre réglementaire. Les agréments sont immédiatement effectifs, ouvrant un cadre d’émission régulé pour les stablecoins adossés au dollar de Hong Kong.
Au programme
- 2 licences délivrées sur 36 candidatures déposées auprès de la HKMA (PANews, avril 2026)
- HSBC valide l’option bancaire historique, Anchorpoint incarne la voie fintech native
- Cadre légal effectif depuis l’ordonnance d’août 2025, premier régime contraignant en Asie
Pourquoi HSBC et Anchorpoint en tête sur 36 candidats ?
La HKMA a tranché en faveur de 2 profils opposés. HSBC, première banque de Hong Kong, apporte un bilan de plus de 3 000 milliards de dollars d’actifs et une infrastructure de compliance déjà rodée aux exigences de Bâle III. Anchorpoint, structure fintech locale moins exposée publiquement, a séduit par une architecture technique entièrement dédiée à l’émission de stablecoin, sans héritage IT bancaire à adapter.
Le ratio brut, 2 agréments pour 36 dossiers, illustre la sélectivité du régulateur. La HKMA avait prévenu en septembre 2025 qu’elle viserait un démarrage restreint pour limiter le risque systémique. Le choix d’une banque universelle plus d’un acteur fintech répond à cette logique d’équilibre entre stabilité bancaire et innovation crypto.
Comment le cadre légal hongkongais s’est-il imposé ?
Le Stablecoins Ordinance est entré en vigueur le 1er août 2025, faisant de Hong Kong la première juridiction asiatique à imposer un régime contraignant aux émetteurs de stablecoins fiat. Le texte exige une réserve de 100 % en actifs liquides, des audits mensuels et un capital minimum de 25 millions de dollars hongkongais (environ 3 millions d’euros).
La HKMA peut révoquer la licence si la réserve descend sous le seuil ou si l’audit révèle des écarts. Ce mécanisme dépasse en exigence le cadre MiCA européen, qui autorise une part d’actifs moins liquides dans les réserves des e-money tokens. Hong Kong cherche ainsi à se positionner comme hub stablecoin asiatique face à Singapour, qui finalise son propre cadre.
Le régulateur a précisé que les stablecoins agréés pourront être adossés au dollar de Hong Kong, au dollar américain ou à un panier de devises majeures. Aucun stablecoin algorithmique n’est autorisé. La leçon de l’effondrement de Terra-Luna en 2022 reste structurante dans la doctrine HKMA.
Quel impact pour le marché stablecoin asiatique ?
L’arrivée de HSBC change l’échelle. C’est rare. Une banque G-SIB qui émet un stablecoin régulé concurrence directement Tether et Circle sur le terrain de la confiance institutionnelle. Le marché global des stablecoins approche 240 milliards de dollars de capitalisation en mai 2026, dominé par USDT et USDC. Un stablecoin HKD ou USD émis par HSBC vise d’abord les flux trade finance Asie-Pacifique, estimés à 3 800 milliards de dollars par an par l’OMC.
Anchorpoint, de son côté, joue la carte de l’agilité. Sans dépôts retail à protéger, la fintech peut innover plus vite sur les intégrations DeFi et les paiements transfrontaliers. Plusieurs acteurs hongkongais évoquent des partenariats avec des plateformes locales pour le règlement en stablecoin, sur un modèle proche de Visa qui explore son propre stablecoin.
Le régulateur a indiqué que d’autres licences pourraient suivre dans les 12 mois, sans s’engager sur un calendrier. Les 34 candidats recalés peuvent redéposer un dossier après correction des points bloquants, principalement liés à la gestion des réserves et aux dispositifs anti-blanchiment.
Notre lecture
Le ratio 2/36 envoie un signal clair : la HKMA construit un régime exigeant, pas une vitrine. En agréant simultanément une banque universelle et une fintech pure, le régulateur évite le piège du favoritisme et teste 2 modèles en parallèle. Le cadre hongkongais devient une référence pour les juridictions asiatiques en attente, notamment Singapour et Tokyo.
Et pour la France ?
Le cadre hongkongais reste plus strict que MiCA sur les réserves, mais les 2 régimes convergent sur l’exigence d’agrément préalable et l’interdiction des stablecoins algorithmiques. Pour un investisseur français, les stablecoins HSBC et Anchorpoint ne seront pas accessibles directement via les PSAN locaux, faute de passeport européen. L’AMF observe néanmoins l’expérience hongkongaise comme banc d’essai d’un régime plus restrictif que le compromis MiCA.
À retenir
La HKMA a posé la première pierre d’un marché stablecoin régulé en Asie en agréant HSBC et Anchorpoint. La sélectivité (2 sur 36) confirme une approche prudentielle. À surveiller : le calendrier des prochaines licences et l’arrivée éventuelle d’un stablecoin HKD à grande échelle dans le trade finance régional.
Sources
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