La Maison Blanche étudie l’octroi de 250 grâces présidentielles pour célébrer le 250e anniversaire des États-Unis, prévu le 4 juillet 2026. Parmi les candidats potentiels figurerait Sam Bankman-Fried, fondateur de FTX condamné à 25 ans de prison, ainsi que des développeurs du protocole de mixage Samourai Wallet, selon nos informations.

Au programme

  • 250 grâces envisagées par Trump pour le 4 juillet 2026, dont des figures du secteur crypto
  • SBF, condamné à 25 ans en 2024, et les développeurs de Samourai Wallet seraient parmi les candidats potentiels
  • Un précédent Trump : le fondateur de Silk Road, Ross Ulbricht, a déjà bénéficié d’une grâce en janvier 2025

250 grâces pour le 4 juillet : comment Trump construit l’opération

Pour le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, la Maison Blanche travaillerait à une liste symbolique de 250 grâces. Le chiffre n’est pas anodin : il épouse la commémoration nationale, transformant un acte juridique en geste politique spectaculaire.

La démarche s’inscrit dans la continuité des premières semaines du second mandat de Trump. En janvier 2025, le président avait gracié Ross Ulbricht, fondateur du marché noir Silk Road, après une campagne de soutien active dans la communauté crypto. Cette décision avait été accueillie comme un signal fort d’ouverture envers le secteur, notamment lors de la conférence Bitcoin 2025.

Lecture CryptoActu La grâce d’Ulbricht avait provoqué une onde de choc dans la communauté : pour la première fois, un président américain actait que des peines à vie pour des infractions liées à la crypto pouvaient être réexaminées. Si Trump franchit le même pas avec SBF, le signal réglementaire serait autrement plus complexe : Bankman-Fried a été condamné pour fraude et détournement, pas pour idéologie libertarienne.

Sam Bankman-Fried : un dossier autrement plus complexe

Sam Bankman-Fried purge une peine de 25 ans depuis sa condamnation en mars 2024. Les charges retenues - fraude sur titres, complot, blanchiment - portent sur le détournement estimé à 8 milliards de dollars de fonds clients de FTX. Son profil diffère radicalement de celui d’Ulbricht.

Là où Ulbricht était présenté comme un idéaliste de la cypherpunk culture, SBF a longtemps cultivé une image de bienfaiteur altruiste tout en gérant l’une des plus grandes arnaques de l’histoire de la crypto. Sa demande de grâce, si elle existe formellement, devrait franchir une barre politique nettement plus haute.

Les développeurs de Samourai Wallet se trouvent dans une position différente. Arrêtés en 2024 pour complicité de blanchiment via leur outil de mixage de bitcoins, ils plaident que leur logiciel est un outil de confidentialité, pas un vecteur criminel. Leur cas illustre un débat juridique central : un développeur est-il responsable de l’usage fait de son code ?

Pour aller plus loin sur les usages criminels des outils crypto, CryptoActu avait analysé pourquoi les criminels délaissent progressivement le bitcoin au profit d’autres protocoles.

Quelle valeur politique pour Trump dans ce geste ?

La dimension électorale est lisible. Trump a construit une partie de son second mandat sur un discours pro-crypto : création d’une réserve stratégique en bitcoin, nomination de figures favorables à la SEC, soutien affiché aux entreprises du secteur.

Gracier des figures crypto connues renforce ce positionnement à moindre coût politique, à condition de choisir des profils acceptables par l’opinion publique. Ulbricht convenait. SBF, beaucoup moins. La Maison Blanche devra arbitrer entre le signal envoyé à l’industrie et le risque d’une couverture médiatique hostile rappelant l’effondrement de FTX et les 1 million de créanciers lésés.

À noter que Trump lui-même est exposé au secteur : son portefeuille crypto, ses tokens $TRUMP et ses liens avec World Liberty Financial ont été documentés en détail. Toute décision concernant des condamnés crypto sera lue à cette aune.

Les escroqueries crypto restent par ailleurs un sujet sensible à l’échelle internationale. L’Australie a enregistré plus de 1 200 plaintes pour des fraudes aux actifs numériques, un contexte qui complique la réhabilitation publique de figures comme SBF.

Et pour la France ?

Une grâce présidentielle américaine n’a aucun effet juridique direct en France. Mais elle influencerait le débat réglementaire en UE : si les États-Unis normalisent la clémence envers des acteurs crypto condamnés pour fraude, la pression sur l’AMF et la Commission européenne pour ajuster la supervision MiCA pourrait s’intensifier. Les PSAN français restent soumis aux obligations de conformité indépendamment des décisions de grâce américaines.

À retenir

La Maison Blanche envisage 250 grâces pour le 4 juillet 2026. Des figures crypto - SBF en tête - figurent parmi les candidats. Rien n’est acté. La décision finale dépendra autant du calcul politique de Trump que de la réaction prévisible des victimes de FTX. À surveiller : toute annonce officielle dans les semaines précédant le 4 juillet.

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