BlackRock, premier gestionnaire d’actifs mondial, a adressé une lettre de commentaire à l’OCC pour s’opposer à un plafond potentiel de 20 % sur les réserves tokenisées dans le cadre du GENIUS Act, selon The Block. Cette limitation menacerait directement son fonds BUIDL, et la firme n’est pas seule : Phantom et Consensys contestent parallèlement l’interdiction des rendements sur stablecoins proposée par le régulateur.
Au programme
- BlackRock demande la suppression d’un plafond à 20 % sur les réserves tokenisées, qui contraindrait son fonds BUIDL (The Block, 2026)
- Phantom et Consensys s’opposent à l’interdiction des rendements sur stablecoins imposée par l’OCC
- Le GENIUS Act devient un champ de confrontation entre acteurs crypto et régulateurs bancaires américains
Pourquoi BlackRock cible-t-il ce plafond à 20 % ?
Le GENIUS Act vise à encadrer les stablecoins adossés à des réserves aux États-Unis. L’OCC envisage de limiter à 20 % la part des réserves pouvant être placée en actifs tokenisés. Pour BlackRock, c’est une contrainte directement préjudiciable à son fonds BUIDL, un produit de liquidité tokenisé lancé en 2024 sur Ethereum.
Dans sa lettre, la firme demande non seulement l’abandon de ce plafond, mais aussi un élargissement des actifs éligibles aux réserves de stablecoins. Une position cohérente avec ses ambitions dans la tokenisation : BlackRock a déjà désigné Coinbase comme partenaire financier dans sa demande d’ETF Bitcoin, et se positionne depuis plusieurs années sur les infrastructures crypto institutionnelles.
“Le monde’s largest asset manager opposed a potential 20% cap on tokenized reserve assets, a constraint that would limit products like its BUIDL fund.” - The Block, 2026
Qui d’autre conteste les règles de l’OCC ?
BlackRock n’est pas seul à monter au créneau. Phantom, portefeuille Solana avec plusieurs millions d’utilisateurs, et Consensys, société à l’origine du navigateur MetaMask, s’opposent frontalement à l’interdiction des rendements sur stablecoins envisagée par l’OCC. Les banques, selon AMBCrypto, soutiendraient au contraire cette interdiction stricte.
Cette fracture illustre un rapport de force classique : les établissements bancaires traditionnels voient dans les stablecoins à rendement une concurrence directe aux dépôts rémunérés. Les acteurs crypto, eux, estiment que bloquer ces rendements revient à neutraliser l’un des cas d’usage les plus concrets de la finance décentralisée. La tension ressemble à celle déjà observée autour de la pression réglementaire sur le staking Ethereum.
Comment le GENIUS Act pourrait-il évoluer ?
Le texte est encore en cours de discussion au Congrès américain. Les lettres de commentaire adressées à l’OCC sont une étape standard du processus réglementaire américain : elles permettent aux acteurs du secteur de faire valoir leurs positions avant que les règles définitives ne soient arrêtées.
La pression combinée de BlackRock, Phantom et Consensys représente un lobbying significatif. Mais les banques, qui soutiennent l’OCC sur l’interdiction des rendements, disposent elles aussi de relais puissants au Capitole. L’arbitrage final dépendra en grande partie de la marge politique que le Congrès voudra accorder aux acteurs crypto dans ce texte fondateur. Ce type d’affrontement rappelle les débats structurants sur la régulation SEC vs DeFi.
Lecture CryptoActu Le dossier GENIUS Act concentre une tension que l’on retrouve dans chaque grande loi crypto américaine : les acteurs natifs (Phantom, Consensys) défendent la liberté fonctionnelle du produit, tandis que les institutions (BlackRock) protègent leurs investissements existants. Les deux ne défendent pas les mêmes intérêts, mais convergent tactiquement contre l’OCC. Ce type d’alliance circonstancielle pèse lourd dans les négociations législatives à Washington.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le GENIUS Act ?
Le GENIUS Act est un projet de loi américain visant à réguler les stablecoins. Il définit les conditions d’émission, les exigences de réserves et les obligations des émetteurs. Son adoption créerait le premier cadre fédéral complet pour les stablecoins aux États-Unis, un enjeu comparable à ce que MiCA représente pour l’Europe.
Pourquoi BlackRock s’oppose-t-il au plafond de 20 % ?
Un plafond à 20 % sur les réserves tokenisées limiterait directement la capacité de BUIDL, le fonds de liquidité tokenisé de BlackRock lancé sur Ethereum. La firme veut que les actifs tokenisés soient traités à égalité avec les instruments traditionnels dans les réserves de stablecoins.
Qu’est-ce qu’un stablecoin à rendement et pourquoi est-il contesté ?
Un stablecoin à rendement redistribue aux détenteurs une partie des intérêts générés par les réserves sous-jacentes. Les banques y voient une concurrence directe aux dépôts rémunérés. Phantom et Consensys estiment au contraire que l’interdire vide ces produits d’un de leurs principaux avantages pour les utilisateurs.
À retenir
BlackRock, Phantom et Consensys convergent pour contester deux dispositions clés de l’OCC dans le GENIUS Act : le plafond sur les réserves tokenisées et l’interdiction des rendements stablecoins. La suite dépendra des arbitrages du Congrès américain, attendus dans les prochaines semaines.