Framework Ventures lance un troisième fonds exclusivement dédié à la tokenisation comme couche de financement pour l’IA et la robotique. Doté de 400 M$, ce fonds ciblera les actifs productifs difficiles à financer par les canaux traditionnels. Une décision radicale portée par le cofondateur Michael Anderson, pour qui la prochaine frontière de la crypto n’est plus la spéculation, mais le financement de l’économie réelle.
Au programme
- Un fonds de 400 M$ dédié aux actifs IA, robotique et énergie via la tokenisation
- Les stablecoins, avec plus de 300 Md$ on-chain, fournissent la liquidité pour ces nouveaux prêts
- L’ambition : fractionner et titriser des centres de données et des équipements industriels via la blockchain
Pourquoi Framework cible-t-elle l’IA et la robotique avec 400 millions de dollars ?
Le constat est simple : les besoins en capitaux pour entraîner des modèles d’IA dépassent les capacités du capital-risque classique. Un centre de données pour large language models coûte désormais plusieurs milliards. Tokeniser des actifs réels comme des GPU ou des clusters de calcul permet de les fractionner en parts numériques, accessibles à un pool mondial d’investisseurs. La liquidité afflue là où elle était bloquée.
Pour Michael Anderson, le mouvement est historique. Il compare cette transition à l’émergence d’Internet et affirme que le rôle de la crypto n’est plus de créer des jetons, mais de financer des infrastructures critiques. Le fonds se concentrera sur les protocoles DeFi capables de transformer des équipements physiques en garanties bancables pour des prêts en stablecoins. Une stratégie qui fait écho au lancement par Fidelity d’un fonds monétaire aligné sur la régulation, renforçant la crédibilité institutionnelle de ces instruments.
Comment 300 milliards de dollars de stablecoins rendent-ils ce pari possible ?
La montée en puissance des stablecoins a créé une réserve de liquidité inédite, dépassant 300 Md$ on-chain. C’est cette masse qui permet d’envisager des prêts adossés à des équipements comme des fermes solaires ou des lignes de robots industriels, traditionnellement trop illiquides pour les banques. Un centre de données tokenisé peut être fractionné, puis utilisé comme collatéral pour un emprunt en USDC ou USDT. Le tout sans intermédiaire bancaire.
Framework compte utiliser ses 400 M$ pour amorcer ces marchés primaires. Le fonds n’achète pas des actifs pour les conserver, mais crée les protocoles de prêts qui permettront de les financer. Des géants comme State Street ont déjà lancé des fonds monétaires dédiés aux réserves de stablecoins, preuve que cette liquidité est devenue stratégique, bien au-delà du trading.
Qu’est-ce que la tokenisation apporte par rapport au capital-risque traditionnel ?
Le modèle du capital-risque repose sur des cycles de 10 ans, des tickets d’entrée élevés et une liquidité quasi nulle. La tokenisation d’actifs productifs inverse cette logique. Les parts d’un fonds ou d’un équipement peuvent être émises sous forme de jetons échangeables 24h/24. Cette architecture attire des capitaux qui n’auraient jamais eu accès au non-coté. Un changement de paradigme pour le financement d’infrastructures.
Anderson parie que d’ici 2030, la plupart des nouveaux actifs productifs (batteries solaires, équipements de datacenters) seront financés via ces rails. C’est un horizon plus court que ce que le secteur anticipait récemment. Le véritable test reste l’adoption de ces marchés secondaires au-delà des natifs crypto, pour convaincre les gestionnaires de fortune traditionnels.
Questions fréquentes
Pourquoi Framework Ventures mise-t-elle sur la tokenisation plutôt que sur la crypto classique ?
La thèse est que la spéculation sur les cryptoactifs a atteint une maturité. Le nouveau gisement de valeur est le financement d’infrastructures réelles, IA et énergie, via des mécanismes on-chain, où plus de 300 Md$ de stablecoins sont déjà disponibles.
Quel est le lien entre stablecoins et tokenisation des actifs ?
Les stablecoins fournissent la liquidité pour prêter contre des actifs tokenisés. Un équipement industriel fractionné en jetons peut être mis en collatéral d’un prêt en USDC, créant un marché de la dette privée accessible sans banque.
Quels sont les risques de cette stratégie pour Framework ?
Le principal risque est le défaut de liquidité des actifs sous-jacents. Un marché secondaire pour des parts de centres de données n’existe pas encore. La thèse repose sur la création d’une demande à laquelle rien ne dit que les institutionnels adhéreront.
Comment investir dans la tokenisation d’actifs ?
Les particuliers peuvent s’exposer via les protocoles DeFi qui intègrent des actifs tokenisés, ou en détenant des parts de fonds tokenisés comme le nouveau véhicule de Framework, une fois son lancement effectif sur les rails blockchain.
À retenir
Framework Ventures injecte 400 M$ dans un fonds dédié à la tokenisation de l’IA et de la robotique. L’enjeu est de créer des marchés de prêts on-chain adossés à des équipements productifs, en s’appuyant sur la liquidité des stablecoins. Le prochain jalon sera la capacité à attirer des investisseurs non natifs vers ces nouveaux marchés, condition indispensable pour valider la thèse du financement décentralisé à grande échelle.
Sources
-
HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
-
HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash