Les mouvements inattendus du Bitcoin se suivent et se ressemblent. Une réalité routinière dans l’univers des cryptomonnaies, mais qui semble pourtant surprendre tout le monde à chaque fois. Et il suffit que le BTC s’amuse à réaliser une jolie bougie de presque 20% en daily pour qu’un mouvement de FOMO enflamme les marchés. Un effet domino qui implique ensuite que les plateformes d’échanges se mettent à tomber les unes derrière les autres sous cet afflux d’utilisateurs en panique. Mais pour cette fois, Coinbase n’est pas la seule.
Au programme Pourquoi les exchanges plantent à chaque pic de FOMO, ce qui s’est passé sur Kraken et Coinbase le 29 janvier 2021, et où en est le problème en 2026.
Si l’on tente de voir le côté positif des choses, ces plantages à répétition des exchanges lors des mouvements importants du Bitcoin peuvent entrer dans le cadre de sa plus grande adoption. Sauf que cela arrivait déjà avant le démarrage de ce bull-run en phase d’hésitation. Et que le leader dans le domaine reste sans aucun doute la plateforme Coinbase. Au point qu’il pourrait être possible de parler d’un effet du même nom qui a contaminé les principales places de marché.
Une réalité à mettre directement en relation avec le mouvement de FOMO qui s’empare de la cryptosphère à chaque fois que le Bitcoin éternue. Le 29 janvier 2021, le BTC bondit de près de 20% pour dépasser brièvement les 38 000$, avant un retour à la case départ dans la zone des 33 750$ au moment de la rédaction de cet article. Mais cela avait pourtant bien toutes les apparences d’un signal d’achat possible.
Un mouvement qui a enclenché un afflux massif d’utilisateurs sur les plateformes d’échanges. Et comme à chaque fois, des bugs à répétition sont venus gâcher la fête. Cela avec des bourses devenues inaccessibles pendant plusieurs heures. Ou des achats de cryptomonnaies rendus tout simplement impossibles.
La tentative de voir le côté positif serait de dire que les ordres qui ne sont pas passés ne souffriront pas du retour à la baisse presque immédiat du Bitcoin.
Coinbase plante de nouveau
Et comme à son habitude, la plateforme Coinbase a magistralement planté au plus mauvais moment possible. Ce qui n’est malheureusement pas une surprise dans les faits, mais qui prend à chaque fois de nouvelles formes. À cette occasion, ce sont les achats en dollars USD qui sont devenus impossibles. Ce qui a été confirmé par un porte-parole de l’entreprise. Et qui a alimenté des **rumeurs sur Twitter faisant état d’**une pénurie de cryptomonnaies en relation avec la très forte demande.
La page d’état de la plateforme Coinbase indiquait bien une dégradation des performances en date du 29 janvier. Mais plus particulièrement en relation avec des retards dans le traitement des inscriptions et des procédures d’identification (KYC) qui y sont liées. Le tout agrémenté d’une enquête en cours pour identifier le problème. Sans commentaire.
Kraken se met en mode Coinbase
Mais cette fois-ci le problème semble avoir connu une propagation plus inhabituelle. Cela avec des dysfonctionnements survenus sur la plateforme Kraken. Un autre géant historique du domaine qui a tendance à mieux gérer les mouvements de foule. Mais qui a dû faire face à un bug récurrent depuis plus de 24h qui a touché son marché de trading et son API. Ce qui l’a obligé à passer en mode maintenance pendant une bonne partie de la journée.
« Nous rencontrons des problèmes de connectivité et nous nous efforçons de les résoudre le plus rapidement possible. » – Support Kraken
Un accès au marché de trading de Kraken qui, selon le suivi de CoinDesk, est resté perturbé une bonne partie de la journée, l’interface web restant accessible alors que l’API de trading restait instable. Cela bien évidemment au plus mauvais moment possible. Et aucun chiffre n’indique les sommes ainsi perdues par les utilisateurs en train d’attendre un retour à la normale qui intervient toujours trop tard.
La scalabilité appliquée aux exchanges
D’autres bourses d’échange de premier plan ont connu des problèmes similaires. Des dysfonctionnements qui avaient du mal à afficher correctement le détail des portefeuilles des clients. Et qui faisaient passer des ordres sans qu’ils apparaissent dans l’historique, ni même dans le solde du compte. Ce qui laissait les utilisateurs face au doute de la prise effective de leurs positions.
Des dysfonctionnements qui pourraient s’apparenter à une mise en évidence des limites de la scalabilité du marché des cryptomonnaies dans son ensemble. Et qui ne touche visiblement pas que le réseau Ethereum et les blockchains de type Proof of Work. Le tout porté par une forte augmentation de l’adoption qui ne laisse alors pas envisager d’améliorations rapides dans le domaine.
Des problèmes à répétition qui finissent par sérieusement poser la question de la responsabilité des exchanges face aux pertes subies par leurs utilisateurs. Et qui mettent en évidence la nécessité de revoir en profondeur les outils à disposition de ce marché en pleine explosion, qu’il s’agisse d’exchanges centralisés ou de plateformes décentralisées de type DEX.
Depuis : un problème toujours d’actualité en 2026
Cinq ans plus tard, le constat n’a pas vraiment changé. Coinbase a de nouveau planté en mars 2024, au moment précis où le Bitcoin signait un nouveau plus haut historique au-delà de 69 000$ avant de retomber sous 60 000$ en quelques heures. Les crashs de Coinbase sont devenus si réguliers qu’ils sont presque considérés comme un signal officiel de bull run.
Le 18 novembre 2025, c’est une panne mondiale de Cloudflare qui a rendu inaccessibles Coinbase, Kraken et BitMEX en même temps, aux côtés d’explorateurs comme Etherscan. L’origine n’était pas un pic de FOMO mais un fichier de configuration dupliqué côté infrastructure, paralysant pendant près de trois heures des services qui transitent par ce fournisseur unique.
En mai 2026, une interruption de Coinbase a même été reliée à une panne d’AWS, ravivant les critiques sur la dépendance des exchanges à quelques infrastructures cloud. Le problème de fond reste donc le même : une scalabilité qui peine à suivre l’adoption.
Centraliser ou pas : la vraie question
Le projet FTX, longtemps cité comme l’innovateur censé régler ces problèmes, a fait faillite en novembre 2022, et son fondateur Sam Bankman-Fried a été condamné à 25 ans de prison pour fraude. Une démonstration que la fiabilité technique ne dit rien de la solvabilité ni de la gestion des fonds.
Pour l’utilisateur, ces pannes rappellent une règle simple : tant que des actifs sont sur un exchange, ils dépendent de son infrastructure et de sa garde. D’où l’intérêt d’un wallet auto-hébergé comme un Ledger Nano X, ou d’un acteur régulé en France comme Coinhouse pour limiter le risque de contrepartie.
Avant de céder à la panique, mieux vaut s’appuyer sur des outils froids : la heatmap du marché, le convertisseur crypto pour estimer une position, l’indice Fear & Greed ou encore le suivi des ETF Bitcoin. Le reste de l’actualité des plateformes se retrouve dans la catégorie Exchanges, et les fondamentaux dans le guide Tout savoir sur le Bitcoin, au-delà du seul BTC ou du BNB.
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