La Commission des affaires économiques du Parlement européen a validé l’architecture juridique de l’euro numérique ce 23 juin, ouvrant la voie aux négociations interinstitutionnelles avec les États membres et la Commission. Le calendrier s’accélère : la Banque centrale européenne prévoit un pilote de 12 mois au second semestre 2027, pour une mise en service à l’horizon 2029.

Au programme

  • La Commission ECON approuve le cadre légal de l’euro numérique
  • Deux versions simultanées : une en ligne et une hors ligne pour les paiements de proximité
  • La BCE veut réduire la dépendance aux circuits Visa et Mastercard dans la zone euro

Quel est le calendrier précis adopté par le Parlement ?

L’euro numérique franchit une étape bloquante depuis 18 mois. La Commission ECON a approuvé le rapport de position qui servira de mandat de négociation face au Conseil de l’UE et à l’exécutif européen. La BCE vise une phase pilote de 12 mois démarrant au second semestre 2027, avec des tests en conditions réelles dans plusieurs États membres.

Le déploiement complet interviendrait en 2029. Ce jalon est plus ambitieux que les prévisions antérieures qui tablaient sur 2030. Le cadre légal doit encore passer l’étape des trilogues, mais l’adoption en commission parlementaire lève l’incertitude politique qui pesait depuis le lancement de la phase d’investigation en 2021. L’euro numérique sera distribué via les banques commerciales et les établissements de paiement agréés, sans contournement du secteur bancaire traditionnel.

Pourquoi une version en ligne et une version hors ligne ?

La double architecture répond à deux besoins distincts. La version en ligne fonctionnera pour les paiements à distance et les règlements commerçants, avec une validation centralisée par l’Eurosystème. La version hors ligne, stockée localement sur le terminal, vise les transactions de proximité sans connexion internet : une première pour une MNBC de grande économie.

Cette approche duale permet d’atteindre les 60 % de paiements transfrontaliers intra-européens encore dominés par des acteurs américains. Le rapport souligne que Visa et Mastercard traitent environ 7 transactions sur 10 en Europe continentale, une dépendance que la BCE juge stratégiquement risquée. L’objectif n’est pas de supprimer le cash : les billets restent garantis : mais de proposer une alternative publique dans l’économie numérique.

Quels sont les enjeux de souveraineté derrière le projet ?

La motivation profonde est géopolitique. Selon nos sources, le texte adopté mentionne explicitement la nécessité de contrer la montée des stablecoins libellés en dollars dans l’écosystème de paiement européen. L’euro numérique devient un outil de politique monétaire et de résilience face aux infrastructures de paiement extra-européennes.

Le projet est pensé comme un complément, pas un substitut aux dépôts bancaires. Les plafonds de détention individuels seront fixés ultérieurement, probablement entre 3 000 et 5 000 euros par portefeuille, pour éviter une fuite massive des dépôts qui déstabiliserait le secteur bancaire. La BCE insiste sur l’absence de rémunération du compte numérique : il ne concurrence pas l’épargne, il remplace le cash dans les usages digitaux.

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L’approbation parlementaire change la nature du projet : de concept exploratoire, l’euro numérique devient un chantier législatif concret avec un calendrier opposable. La question n’est plus « si » mais « comment » — et notamment comment concilier traçabilité réglementaire et confidentialité des transactions, sujet qui avait fait dérailler le précédent texte en 2024.

Questions fréquentes

L’euro numérique est-il un crypto-actif ?

Non. C’est une monnaie numérique de banque centrale, émise directement par la BCE avec cours légal. Contrairement aux cryptomonnaies, sa valeur est fixe (1 euro numérique = 1 euro) et l’infrastructure est centralisée. En revanche, les technologies de registre distribué pourraient être utilisées pour la compensation interbancaire.

Qu’est-ce qui change concrètement après ce vote ?

Le Parlement dispose désormais d’un mandat pour négocier avec les 27 États membres. Le texte fixe le cadre : protection des données, infrastructure technique, rôle des intermédiaires. Les trilogues peuvent durer de 6 à 18 mois. L’adoption définitive du règlement interviendra probablement au premier semestre 2027.

Le cash va-t-il disparaître avec l’euro numérique ?

Non. Le règlement réaffirme que les espèces physiques restent un moyen de paiement légal dans toute la zone euro. L’euro numérique vient s’ajouter, pas se substituer. La coexistence est inscrite dans le mandat de négociation adopté par la Commission ECON.

À retenir

Le Parlement européen valide le cadre de l’euro numérique. La BCE lance sa phase pilote en 2027 pour une cible 2029. Le projet combine souveraineté des paiements, réponse aux stablecoins dollar et préservation du cash : un équilibre politique délicat mais désormais encadré juridiquement. La prochaine échéance à surveiller : le démarrage des trilogues à l’automne 2026, qui déterminera le périmètre final de confidentialité des transactions.

Sources

Signal Haussier
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