Un étudiant chinois condamné à 4 ans et 6 mois de prison pour avoir orchestré un rug pull via un token de type « memecoin » a été libéré sous contrôle judiciaire après avoir plaidé coupable en appel. Le tribunal de deuxième instance a commué sa peine en sursis avec remise en liberté immédiate, selon les informations relayées par Wu Blockchain le 8 juillet 2026.
L’affaire, initialement jugée en première instance, concernait le lancement d’un token sans valeur fondamentale suivi d’un retrait brutal des liquidités : une pratique connue sous le nom de « rug pull ». L’étudiant avait été reconnu coupable et condamné à une peine de prison ferme assortie d’une amende de 30 000 yuans (environ 3 800 €). Son avocat avait plaidé l’acquittement lors du premier procès, sans succès.
Le tournant de l’affaire est survenu en appel. L’étudiant a cette fois choisi de reconnaître les faits et d’accepter la sanction, une démarche qui a convaincu la cour de prononcer une peine avec sursis. Cette décision s’inscrit dans un cadre judiciaire chinois où le plaider coupable permet souvent d’obtenir une réduction de peine, comme l’ont déjà montré plusieurs affaires de blanchiment crypto lourdement sanctionnées.
Selon les éléments disponibles, le parquet avait initialement requis une peine lourde pour dissuader ce type de pratiques. Les rug pulls : littéralement « tirage de tapis » — consistent à créer un token, à attirer des investisseurs via des promesses de rendement, puis à vider brusquement la réserve de liquidités, laissant les acheteurs avec des actifs sans valeur. En Chine, ces montages sont qualifiés d’escroquerie et tombent sous le coup du droit pénal commun, le pays ayant interdit les transactions crypto depuis 2021.
Lecture CryptoActu Ce jugement illustre la marge d’appréciation des tribunaux chinois dans les dossiers crypto. Un premier procès sanctionne lourdement pour marquer l’interdit ; l’appel module la peine en fonction de la reconnaissance des faits. Cette mécanique, classique en droit pénal, prend un relief particulier dans les affaires de rug pull où l’intention frauduleuse est techniquement difficile à établir sans aveux.
La Corée du Sud, autre juridiction asiatique très active sur les poursuites crypto, a récemment procédé à sa première arrestation pour rug pull sur un exchange décentralisé. Le cadre juridique sud-coréen, bien que distinct, partage avec la Chine une volonté de criminaliser ces pratiques de manière dissuasive. La différence réside dans l’existence d’une législation spécifique aux actifs numériques en Corée, tandis que la Chine s’appuie sur son droit pénal général.
L’étudiant restera sous surveillance judiciaire pendant la durée du sursis. En cas de nouvelle infraction, la peine initiale de 4 ans et demi pourrait être réactivée. L’affaire rappelle que les juridictions asiatiques, à l’image de ce que Mastercard a dû anticiper pour obtenir sa BitLicense à New York, adaptent progressivement leur arsenal répressif à des pratiques frauduleuses qui ignorent les frontières.
À retenir
Un étudiant condamné à 4 ans et demi de prison pour un rug pull a vu sa peine commuée en sursis après avoir plaidé coupable en appel, une pratique courante dans le système judiciaire chinois. L’affaire montre que les tribunaux distinguent la sanction initiale, dissuasive, de la modulation en appel fondée sur la reconnaissance des faits. Le développement de poursuites pénales pour rug pull s’étend en Asie, de la Chine à la Corée du Sud, avec des approches juridiques distinctes mais une même volonté répressive.
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