Les données personnelles de 24 eurodéputés français et 111 528 agents du ministère de l’Intérieur ont été diffusées le 27 juillet 2026. L’opération, revendiquée par le groupe « N0CSUD », dénonce frontalement le règlement « Chat Control ». Les fichiers, mis en ligne sur BreachForums, incluent noms, adresses, numéros de téléphone, RIB et numéros de sécurité sociale, expose Le Monde. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données.
Pourquoi le règlement Chat Control est-il visé par les hackers ?
Les revendications publiées par « N0CSUD » dénoncent explicitement le projet de règlement européen, dont le vote en commission parlementaire a ravivé les tensions sur la surveillance des messageries privées. Les hacktivistes ciblent le ministère de l’Intérieur, pilote français du texte, pour exposer l’écart entre son discours sécuritaire et la fragilité de ses propres infrastructures.
Selon le parquet, a confirmé l’absence totale de chiffrement des sauvegardes et l’utilisation d’un compte administrateur sans double authentification. La Quadrature du Net a immédiatement réagi en qualifiant l’incident de « démonstration brutale de l’hypocrisie d’un État qui légifère sur la surveillance sans protéger ses propres agents ».
Comment 111 528 fiches agents ont-elles été compromises ?
L’attaque a exploité une injection SQL sur un portail administratif de la direction centrale de la police aux frontières. La vulnérabilité, identifiée mais non corrigée depuis 2023, est un vecteur d’attaque classique également documenté dans des braquages physiques orchestrés grâce à des fuites de données.
Les 111 528 fiches exposent le grade, l’affectation, la matricule et la situation familiale de chaque agent. Le fichier CSV de 1,8 gigaoctet a été laissé en accès libre, sans passer par Tor, ce qui contraste avec les techniques habituelles des groupes cybercriminels opérant dans le blanchiment de cryptoactifs à grande échelle.
| Données exposées | Nombre de personnes | Provenance |
|---|---|---|
| Eurodéputés français | 24 | Groupes Renew et PPE |
| Agents ministère Intérieur | 111 528 | Police aux frontières, préfectures sud-est |
| Fiches de paie (janv-avril 2026) | 24 | Portail RH administratif |
Quel est le profil des hackers derrière l’opération ?
Le message d’accompagnement sur BreachForums est rédigé en français : « Chat Control = surveillance de masse. Voilà ce que vos élus veulent scanner. » Le parquet de Paris privilégie la piste hacktiviste, écartant celle d’un acteur étatique. L’absence de demande de rançon et la diffusion gratuite des données corroborent ce profil.
Cette opération rappelle que des brèches de sécurité similaires ont déjà touché des protocoles décentralisés, comme l’a montré le cas où LayerZero a admis sa propre faille à l’origine d’un hack de 292 M$. Dans les deux cas, une correction tardive transforme une vulnérabilité connue en brèche exploitée massivement.
Lecture du rédacteur
L’affaire installe un paradoxe politique rare : le ministère qui pilote Chat Control est le même dont les bases internes viennent d’être compromises. La démonstration des hackers est brutale et efficace. La confiance nécessaire à l’adoption du texte européen risque d’être durablement entamée, alors que le débat parlementaire arrive à son climax.
À retenir
Le doxage de 24 eurodéputés et 111 528 agents marque une escalade hacktiviste contre le règlement Chat Control. La faille exploitée était connue depuis 2023, et les investigations du parquet de Paris pourraient mener à des poursuites pour intrusion informatique, passibles de 5 ans d’emprisonnement. Les débats parlementaires des prochaines semaines détermineront l’impact politique de cette brèche.
Questions fréquentes
Qui sont les victimes du doxage anti-Chat Control ?
24 eurodéputés français des groupes Renew et PPE, ainsi que 111 528 agents de la police aux frontières et des préfectures sud-est. Leurs noms, adresses, numéros de sécurité sociale et RIB ont été diffusés en clair sur un forum spécialisé.
Pourquoi le ministère de l’Intérieur est-il directement visé ?
Il est le pilote français du projet Chat Control. Les hackers dénoncent l’imposition d’un scan massif des messageries par une administration incapable de sécuriser ses propres bases de données, exposées via une injection SQL.
Quelles sont les suites judiciaires possibles pour les hacktivistes ?
Le parquet de Paris enquête pour « accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données », un délit passible de 5 ans de prison et 150 000 euros d’amende en France.
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