La dernière semaine a été très riche en émotion pour le marché des cryptomonnaies. Avec une hausse fulgurante du Bitcoin toujours en train de se poursuivre au-dessus des 28 000$. Mais dans le même temps, une mise en lumière de certaines fragilités dans la gestion de l’adossement du stablecoin USDC au dollar. Le tout directement lié à la fermeture de la Silicone Valley Bank (SVB), identifiée par certains comme un point de rupture.
Avec à la clé, le déclenchement en cascade de ce qui ressemble à une nouvelle crise bancaire. Une situation dont le point de départ serait la mise en « liquidation volontaire » de la crypto-banque Silvergate, selon certains politiciens anti-cryptomonnaies notoires aux États-Unis comme Elizabeth Warren. Pourtant, tout semble bien plus directement pointer du doigt la gestion monétaire catastrophique de la Réserve fédérale (Fed) depuis la crise du Covid… et même auparavant. Mais peu importe, le secteur des cryptomonnaies reste « le méchant. »
FDIC – Exclure les cryptomonnaies du secteur bancaire
Dans le contexte actuel l’interrogation semble légitime : de quelle manière cette crise va-t-elle définir l’avenir de l’argent. Une question posée par le directeur du contenu de CoinDesk, Michael J. Casey, dans un long article sur le sujet. Avec, dans les faits, ce qu’il analyse comme « un affrontement de pouvoir complexe et multiforme » entre l’économie traditionnelle et le secteur des cryptomonnaies.
Des tensions palpables, avec comme principal indice impossible à ignorer la fermeture forcée de la crypto-banque Signature pourtant considérée comme toujours solvable. Cette dernière déjà revendue en l’espace d’une semaine à la Flagstar Bank. Mais en ayant bien pris soin de la nettoyer de toutes ses activités liées aux cryptomonnaies, exclues d’office de cette reprise opportune.
« Alors que les autorités ont également fermé le week-end dernier Signature Bank, un autre favori du secteur des cryptomonnaies, le gouvernement utilise intentionnellement ou indirectement sa relation avec ces institutions financières de contrôle pour presser cet écosystème. Les sociétés crypto qui faisaient auparavant affaire avec une ou plusieurs des trois institutions fermées ont été rejetées à plusieurs reprises par les responsables de la conformité des banques alors qu’elles tentaient désespérément d’ouvrir des comptes alternatifs. »
Une situation que Michael J. Casey explique comme une volonté très claire des régulateurs d’imposer par tous les moyens une distance légale nécessaire avec le secteur des cryptomonnaies. Car de toute évidence tout repreneur potentiel d’une crypto-banques en difficulté (ou pas) devra se plier à cette règle. Cela même si la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) en charge de ces dossiers a démenti cette affirmation depuis.
Bitcoin – « Cette crise définira l’avenir de l’argent »
Car l’une des conséquences directes de la crise économique actuelle sera une perte de confiance encore plus grande de la population dans le système bancaire. Car il n’est clairement pas en mesure de protéger leur argent. Et cette situation va sans aucun doute devenir la meilleure campagne de publicité pour le Bitcoin et l’ensemble du secteur des cryptomonnaies. D’autant plus si « la Fed est contrainte de faire marche arrière et de baisser les taux d’intérêt, ce qui pourrait affaiblir le dollar. »
Avec, dans le viseur des instances de régulation, la concurrence imposée par les stablecoins. Et comme opportunité à ne pas manquer pour y imposer un contrôle, le récent « hoquet » de l’USDC de Circle. Pourtant le Fed refuse obstinément à ces sociétés d’accéder aux licences bancaires qu’elles réclament pour certaines depuis des mois. Le problème ? Comment vont bien pouvoir réagir les banques traditionnelles si ce rapprochement venait à se produire ? Avec une perte inévitable de nombreux clients. Cela face à « une source de financement très bon marché qui pourrait provoquer une crise bancaire encore plus grave. »
« À la base, l’argent est un jeu de confiance, une question de foi parmi la population qui l’utilise. Il est probable que la confiance dans les gouvernements et leurs partenaires bancaires va s’affaiblir à la suite de cette crise bancaire. Mais le secteur des cryptomonnaies est, pour l’instant, confronté à un problème de méfiance encore plus important. »
Michael J. Casey
Car, selon Michael J. Casey, même si le Bitcoin sortira sans aucun doute grandi de cette crise, il n’en deviendra pas pour autant « un véritable concurrent des monnaies souveraines pour les paiements ». Car « l’utilisation des monnaies nationales existantes restera probablement ancrée dans les grandes économies. » Et, technologiquement parlant, le Bitcoin doit encore faire ses preuves dans le domaine avec des réseaux comme le Lightning Network.
Une « bataille pour redéfinir l’argent » en cours. Avec comme test grandeur nature, la capacité du secteur des cryptomonnaies à résister à la crise actuelle. Mais également la nécessité de voir les membres de son écosystème « s’engager dans un comportement qui engendre la confiance ». Ce qui revient, par exemple, à limiter drastiquement l’émergence des shitcoins dans cette économie numérique. Car si cet objectif de sérieux est atteint, « l’avenir leur appartient. »