Le succès et l’adoption des cryptomonnaies ne cessent d’augmenter. Mais cela se mesure bien souvent à l’opposition et aux obstacles que les instances de régulation construisent sur leur route. Raison pour laquelle il est parfois nécessaire de sortir la tête d’une actualité conflictuelle pour regarder vers l’avenir. Un exercice auquel s’est livré, en 2021, le cabinet d’audit Deloitte.
Chaque réalité de ce monde se résume à cette division qui distingue le verre à moitié vide de celui à moitié plein. Et dans le domaine des cryptomonnaies, c’est l’augmentation de leur adoption qui en alimente le remplissage. Un constat qui amène les instances de régulation à se noyer dans ce verre d’eau. Cela du fait de leurs gesticulations incessantes pour essayer d’en vider le contenu. Et le tout sans (vouloir) voir que le Salvador venait de voter, en juin 2021, une loi faisant du bitcoin une monnaie légale à compter du 7 septembre 2021. Et/ou que les pays émergents mènent la danse de ce changement de paradigme déjà en cours.
Une réalité qui a connu un bouleversement de taille. Cela avec l’entrée, depuis octobre 2020, du géant PayPal dans ce domaine des monnaies numériques qui ne sont pas encore reconnues comme telles. Mais dont l’utilisation réelle semble bien éloignée des exigences de conformité exigées par ceux qui dictent et contrôlent les règles du jeu monétaire. Ce qui été l’occasion de reposer une nouvelle fois cette question de la légitimité du Bitcoin comme monnaie effective. Et dès que les avis exprimés sont issus de domaines plus proches de la finance traditionnelle que des banques centrales, les prévisions sont sans appel. Les cryptomonnaies pourraient bien rapidement remplacer les monnaies fiduciaires…
Cryptomonnaies vs monnaies fiduciaires
Ce constat est issu du rapport d’enquête publié en août 2021 par le géant mondial de l’audit qu’est Deloitte. Un document au titre de « 2021 Global Blockchain Survey ». Et dont les différents chapitres s’articulent autour d’intitulés comme « perturbation des services financiers ». Ou encore « du numérique à l’avenir de la finance ». Ce qui donne une idée de son contenu et des questions posées à 1 280 cadres et professionnels de la finance de dix pays, interrogés du 24 mars au 10 avril 2021. Et de l’impact possible que tout cela pourrait avoir sur l’industrie des services financiers (FSI). Avec en tête de l’innovation les « FSI Pioneers » dont les structures ont déjà déployé l’une de ces solutions numériques.

Et les réponses sont sans équivoque quant à la confiance accordée par ces professionnels éclairés au sujet des cryptomonnaies. Ces dernières envisagées à 76% comme « une alternative solide ou un remplacement possible des devises fiduciaires au cours des 5 à 10 prochaines années ». Un chiffre qui monte même à 94% pour les FSI pioneers qui ont déjà un pied dans cette aventure. Et des résultats qui ne descendent pas en dessous de 70% sur le sujet de l’adoption nécessaire de la technologie blockchain. Cela avec 73% de réponses positives quant au fait de considérer que passer à côté de ces deux innovations représenterait une perte de compétitivité évidente pour les entreprises concernées.
Les principales barrières à cette adoption
Mais sans surprise, le principal obstacle à cette adoption reste l’insécurité trop importante qui règne encore dans ce secteur. Ce qui représente 71% des avis exprimés face à des craintes de trop nombreux piratages possibles. Et il suffit de se tourner vers les attaques à répétition dont est victime la DeFi pour le comprendre. Le tout sans réelle solution quant à la gestion de ce qui pourrait bien devenir le plus gros problème de l’univers des cryptomonnaies.

Un point qui n’est cependant pas le seul frein au développement du secteur. Avec comme autres obstacles reconnus le blocage que représentent les infrastructures financières héritées, citées par près des deux tiers des répondants. Et bien évidemment les conséquences de la noyade en cours des instances de régulation, dans le verre d’eau à moitié plein de l’adoption des cryptomonnaies, barrière retenue par environ six répondants sur dix. Et de ce côté là non plus rien ne laisse penser que les choses pourraient s’arranger dans un avenir proche. Mais ce n’est de toute évidence pas l’objectif…
Cinq ans plus tard, le calendrier annoncé n’a pas tenu. Le Salvador a conservé le bitcoin comme monnaie légale, mais a révisé sa loi le 29 janvier 2025, dans le cadre d’un accord de 1,4 milliard de dollars avec le FMI : son acceptation par les commerçants est devenue facultative. La Centrafrique, qui avait suivi en avril 2022, lui a retiré ce statut dès mars 2023. Du côté des banques centrales, le yuan numérique reste la plus vaste expérimentation de monnaie numérique de banque centrale, sans généralisation à l’échelle du pays. Et la BCE n’a toujours pas émis d’euro numérique : sa phase préparatoire s’est achevée fin 2025, un pilote est attendu au second semestre 2027 et une éventuelle première émission en 2029.
Quoi qu’il en soit, tout laisse penser que l’avenir de la finance se dessine dans une version numérique. Un domaine qui laissera une place importante aux cryptomonnaies. Le tout basé sur une technologie blockchain qui s’impose comme un passage obligé sur ce chemin. Et il n’est pas certain qu’une acceptation effective, et antérieure, des instances de régulation soit nécessaire à cette évolution en cours. Car à force de s’y opposer sans cesse elles pourraient bien finir par en faire le principal outil de leur perte de contrôle sur le marché monétaire mondial.
Cet article traite de l’actualité des cryptomonnaies. Il ne s’agit pas d’un conseil en placement financier. Toute prise de position doit s’accompagner de recherches personnelles et nécessite de croiser plusieurs sources avant de se lancer. DYOR !
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