La banque dépositaire CACEIS, filiale du Crédit Agricole, est entrée en négociations exclusives pour acquérir la plateforme crypto française Meria, cofondée par le vidéaste Owen Simonin (Hasheur). L’opération, révélée par le média Blockstories, vise à renforcer l’offre d’actifs numériques du groupe bancaire, quelques jours après le lancement de son stablecoin EURXT sur Ethereum.
Au programme
- Meria revendique 150 000 utilisateurs et gère environ 350 millions d’euros d’actifs, avec une licence MiCA (Wu Blockchain, 2 juillet).
- CACEIS, banque dépositaire pesant 7 600 milliards d’euros d’actifs conservés, accélère dans la crypto après son stablecoin EURXT.
- Le rachat illustre l’appétit des géants bancaires français pour les plateformes crypto déjà agréées, un signal fort post-MiCA.
Pourquoi CACEIS cible-t-elle Meria en priorité ?
Meria, anciennement Just Mining, s’est imposée comme une plateforme française d’investissement crypto centrée sur le courtage et le staking. La société détient une licence CASP (Crypto-Asset Service Provider) sous le règlement MiCA, un sésame réglementaire qui évite à l’acquéreur de repartir d’une feuille blanche. Sa base de 150 000 utilisateurs et ses 350 millions d’euros d’actifs sous gestion constituent un point d’entrée immédiat pour le Crédit Agricole, qui avait déjà posé les bases de son offre crypto avec le lancement du stablecoin EURXT sur Ethereum quelques jours plus tôt.
Cette stratégie rappelle celle d’autres banques européennes, qui privilégient le rachat de plateformes agréées plutôt que la construction interne. La détention d’une licence MiCA par Meria permet à CACEIS d’opérer dans les 27 pays de l’Union sans obstacle réglementaire supplémentaire.
Quelles synergies pour le groupe Crédit Agricole ?
CACEIS, qui conserve près de 7 600 milliards d’euros d’actifs pour le compte d’investisseurs institutionnels, renforcerait son offre de services crypto avec ce rachat. La spécialité de Meria dans le staking compléterait directement la récente émission du stablecoin EURXT : un client pourrait désormais détenir des stablecoins euros, les mettre en staking via l’infrastructure Meria, et bénéficier de la conservation CACEIS, le tout dans un cadre régulatoire MiCA unifié.
Cette intégration verticale : stablecoin, courtage, staking, conservation : dessine les contours d’une banque dépositaire capable de rivaliser avec les néo-courtiers crypto européens comme Bitpanda ou Coinbase Europe, tout en s’appuyant sur la solidité d’un groupe bancaire systémique. La base de 150 000 utilisateurs de Meria offre à CACEIS un vivier de clients immédiat pour distribuer ses futurs produits tokenisés.
Lecture CryptoActu L’acquisition de Meria par CACEIS valide la thèse d’une consolidation rapide du marché crypto européen autour des acteurs agréés MiCA. Les plateformes qui ont obtenu leur licence tôt deviennent des cibles privilégiées pour les groupes bancaires traditionnels, qui cherchent à combler leur retard sans passer par la case réglementaire complète.
Un mouvement de fond parmi les banques françaises ?
Ce rachat s’inscrit dans une dynamique plus large d’adoption institutionnelle en France. Le Crédit Agricole n’est pas le seul à s’intéresser aux actifs numériques : sa filiale CACEIS avait déjà exploré la conservation de crypto-actifs dès 2022. Le lancement d’EURXT, un stablecoin euro sur Ethereum, puis cette négociation pour acquérir Meria, témoignent d’une accélération stratégique. Le groupe vise clairement une position de leader sur le marché européen de la finance tokenisée.
D’autres acteurs français, comme Morpho avec sa levée de 175 millions de dollars dans le crédit décentralisé, ou Capital B avec son objectif de 5 milliards d’euros de trésor Bitcoin, confirment que l’écosystème français se structure rapidement autour d’acteurs régulés. CACEIS, en absorbant Meria et ses 350 millions d’euros sous gestion, prend une longueur d’avance dans cette consolidation.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Meria et qui l’a fondée ?
Meria est une plateforme française d’investissement crypto, anciennement nommée Just Mining. Elle a été cofondée par Owen Simonin, connu sous le pseudonyme Hasheur, une figure influente de l’écosystème crypto francophone. La société propose du courtage et du staking de crypto-actifs.
Qu’est-ce que la licence MiCA détenue par Meria ?
La licence CASP (Crypto-Asset Service Provider) sous le règlement MiCA permet à Meria d’opérer légalement dans toute l’Union européenne depuis le 30 décembre 2024. Ce passeport réglementaire autorise le courtage, la conservation et le staking de crypto-actifs dans les 27 États membres.
Quel est le montant de la transaction ?
Le montant exact de l’acquisition n’a pas été divulgué à ce stade. Les négociations exclusives sont en cours, selon les informations de Blockstories relayées par plusieurs sources. Meria gère environ 350 millions d’euros d’actifs, ce qui donne une indication de la taille de la plateforme, mais le prix de rachat dépendra des termes négociés entre les deux parties.
À retenir
CACEIS, filiale du Crédit Agricole, négocie le rachat de Meria, la plateforme d’Hasheur forte de 150 000 utilisateurs et d’une licence MiCA. L’opération, qui intervient après le lancement du stablecoin EURXT, vise à créer une offre intégrée de services crypto pour le deuxième groupe bancaire français. La finalisation des négociations exclusives est attendue dans les prochaines semaines.
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