Un incident de sécurité affecte le module Cosmos EVM, le composant qui offre une compatibilité Ethereum aux blockchains de l’écosystème Cosmos. Cosmos Labs a recommandé aux validateurs des chaînes concernées de suspendre temporairement leurs opérations. KiiChain a subi le plus gros impact, avec 148,3 millions de tokens KII dérobés lors de 18 attaques distinctes, soit environ 10 millions de dollars au cours actuel. C’est l’un des plus gros montants volés sur l’écosystème Cosmos depuis le hack du bridge Horizon d’Harmony, qui avait coûté 100 millions de dollars. MANTRA et TAC ont aussi été touchées, avec des conséquences variables.
Au programme
- 148,3 millions de tokens KII dérobés en 18 attaques distinctes, soit environ 10 M$ au cours actuel
- 54 % des fonds exploités (80,7 M KII) restés sur la blockchain et potentiellement récupérables
- 3 blockchains touchées : KiiChain, MANTRA (30 h d’arrêt) et TAC (bloc 24 671 475)
Quel est le bilan de l’attaque sur KiiChain ?
Le réseau KiiChain a été le plus durement frappé. Les attaquants ont réussi à dérober 148,3 millions de tokens KII, répartis sur 18 attaques distinctes avant que les validateurs ne stoppent le réseau. Le montant estimé se situe autour de 10 millions de dollars au cours actuel.
Selon le rapport post-mortem de KiiChain, plus de la moitié des fonds dérobés peuvent être récupérés. 80,7 millions de KII, soit environ 54 % des tokens exploités, n’ont jamais quitté la blockchain. Les fonds restants ont été transférés via le pont Hyperlane vers la BNB Smart Chain. L’équipe du projet a précisé que la vulnérabilité se trouve dans le code de Cosmos, pas dans celui de KiiChain, puisque la chaîne utilise le module Cosmos EVM sans modification. Ce type de brèche sur un socle partagé rappelle le hack d’Ostium, où 23,75 millions d’USDC ont été dérobés via une faille applicative. La situation évoque également l’incident du Coreum Bridge, où 200 000 XRP ont été volés par une faille similaire.
Pourquoi Cosmos Labs a-t-il demandé l’arrêt des validateurs ?
Face à la propagation de l’incident, Cosmos Labs a demandé aux chaînes utilisant son module EVM de suspendre leurs validateurs. L’objectif : limiter l’exposition pendant que les équipes de sécurité analysent la faille. L’arrêt des réseaux empêche de nouvelles transactions potentiellement malveillantes de passer par le module compromis.
Cette mesure fait suite à la publication, le 19 août, de la mise à jour v0.7.2 sur GitHub. Le message indiquait que cette version contenait des correctifs de sécurité importants et recommandait à toutes les chaînes de se mettre à jour rapidement. Certains membres de l’écosystème ont critiqué le manque de communication autour de cette mise à niveau majeure. D’autres pointent du doigt le système de déclaration de failles, qui exigerait un paiement de 100 dollars pour soumettre un rapport de bug. Une polémique qui fait écho aux failles récurrentes des smart contracts non vérifiés, responsables de 36,7 millions de dollars volés en six mois.
Comment les autres blockchains ont-elles géré l’incident ?
MANTRA a été la première touchée, avec un arrêt de son réseau jeudi soir. L’équipe a déployé la version 8.4.0 du module Cosmos EVM et a redémarré après environ 30 heures de pause. Aucune perte pour les utilisateurs n’a été confirmée.
TAC, un réseau EVM connecté à TON, a quant à lui stoppé sa production de blocs au bloc numéro 24 671 475. L’arrêt est intervenu après qu’un seul compte a été drainé, ce qui a permis d’éviter une exploitation plus large. La faille identifiée affectait uniquement l’offre du token natif TAC. KiiChain reste pour l’instant hors ligne. La reprise dépendra d’une mise à jour coordonnée des validateurs. La cause profonde de la brèche n’a pas encore été communiquée par Cosmos Labs, qui promet un rapport d’incident une fois la situation résolue. Ce scénario de compromission à grande échelle n’est pas sans rappeler le hack de Vulcan Forged, où 96 clés privées compromises ont été dépouillées de 140 M$.
À retenir
L’incident Cosmos EVM illustre la fragilité des modules partagés : une faille unique affecte mécaniquement des dizaines de blockchains interconnectées. KiiChain, MANTRA et TAC ont réagi différemment, mais la cause racine reste inconnue. Le rapport post-mortem attendu de Cosmos Labs sera déterminant pour évaluer si l’écosystème peut reprendre confiance. Un épisode qui s’ajoute à une série déjà longue de hacks de bridges et de protocoles DeFi, comme les 5,4 M$ siphonnés sur Gravity Bridge.
Questions fréquentes
Combien de tokens KII ont été volés dans l’attaque Cosmos EVM ?
148,3 millions de tokens KII ont été dérobés sur KiiChain, répartis sur 18 attaques distinctes. Le montant est estimé à environ 10 millions de dollars au cours actuel. Selon le rapport post-mortem, 80,7 millions de KII (54 %) n’ont jamais quitté la blockchain et restent donc potentiellement récupérables.
Pourquoi plusieurs blockchains Cosmos ont-elles été arrêtées en même temps ?
Toutes les chaînes concernées utilisent le module Cosmos EVM, un composant partagé qui assure la compatibilité Ethereum. Une faille dans ce module expose mécaniquement chaque blockchain qui l’exploite. Cosmos Labs a donc recommandé aux validateurs de suspendre temporairement leurs opérations pour éviter de nouvelles exploitations pendant l’analyse de la brèche.
La faille Cosmos EVM est-elle corrigée ?
La version v0.7.2 du module, publiée le 19 août sur GitHub, contenait des correctifs de sécurité. MANTRA a redémarré après avoir déployé la version 8.4.0, mais KiiChain reste hors ligne. Cosmos Labs n’a pas encore communiqué la cause profonde de la brèche ; un rapport d’incident complet est attendu une fois la situation résolue.
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