Le PDG du CME Group a annoncé le 17 juin 2026 l’intention de son groupe de poursuivre la CFTC en justice, contestant l’approbation récente des contrats perpétuels crypto accordée à des concurrents comme Kalshi et Kraken. L’argument central : ces instruments devraient être classifiés comme des swaps sous le Dodd-Frank Act, non comme des futures classiques.
En bref
Le CME Group estime que la CFTC a outrepassé ses prérogatives en approuvant les contrats perpétuels sans les soumettre aux règles applicables aux swaps. Cette action judiciaire pourrait geler le développement d’un marché que Kalshi a déjà propulsé à 5,5 milliards de dollars en deux semaines d’opérations. L’enjeu dépasse le cadre technique : c’est la définition même des instruments crypto qui se joue devant les tribunaux américains.
Pourquoi le CME conteste-t-il la décision de la CFTC ?
La distinction juridique est au cœur du litige. Les contrats perpétuels, qui permettent de spéculer sur un actif sans échéance fixe, sont aujourd’hui traités par la CFTC comme des contrats à terme classiques. Le PDG du CME soutient devant CNBC qu’ils répondent à la définition des swaps telle que formulée dans le Dodd-Frank Act de 2010 - une loi née de la crise financière pour encadrer les dérivés de gré à gré.
Si la classification swap s’imposait, les plateformes concernées seraient soumises à des règles prudentielles bien plus strictes : marges plus élevées, reporting renforcé, obligation de compensation centrale. Kalshi et Kraken, qui ont obtenu leurs approbations respectives ces dernières semaines, verraient leur modèle commercial directement menacé. Le lancement des contrats perpétuels réglementés de Kraken et les 12 contrats déposés par Kalshi à la CFTC sont précisément les cibles implicites de cette procédure.
Quel précédent cette action judiciaire pourrait-elle créer ?
Une victoire du CME devant les tribunaux redessinnerait entièrement le marché des dérivés crypto régulés aux États-Unis. Le CME n’est pas opposé aux perpétuels en tant que tels - le groupe envisage lui-même d’en lancer. Ce qu’il conteste, c’est l’asymétrie réglementaire : ses propres produits sont soumis à des contraintes que ses nouveaux concurrents n’auraient pas à supporter.
La CFTC déjà fragilisée par des tensions internes se retrouve en position délicate. Après avoir récemment restreint la définition des actifs considérés comme des marchandises, l’agence doit désormais défendre ses approbations devant un acteur institutionnel de premier plan. Le CME avait déjà détrôné Binance sur les contrats à terme Bitcoin en 2024, signe de son poids croissant dans la finance crypto régulée.
Quelles implications pour le marché des dérivés crypto ?
L’incertitude juridique pèse immédiatement sur le développement du segment. Kalshi avait atteint 5,5 milliards de dollars de volume en seulement 2 semaines, un signal fort de l’appétit institutionnel pour ces instruments aux États-Unis. Une injonction provisoire obtenue par le CME en cours de procédure pourrait suspendre les opérations en attendant le jugement au fond.
Pour les investisseurs déjà positionnés via des plateformes comme Kraken ou Kalshi, le risque opérationnel est réel. Les plateformes étrangères non exposées à la juridiction américaine - Binance sur les dérivés en Espagne fait face à ses propres obstacles réglementaires - observent l’affaire de près. Chaque décision de classification américaine influence les débats européens sur la définition des instruments sous MiCA.
La CFTC avait par le passé estimé qu’un encadrement de Bitcoin sous son autorité pourrait doubler son prix, selon son ancien président. L’issue de ce litige dira si cet encadrement bénéficie vraiment à l’écosystème ou si la régulation américaine reste un champ de bataille pour acteurs établis.
À retenir
Le CME Group lance une offensive judiciaire contre la CFTC pour contester l’approbation des contrats perpétuels accordée à Kalshi et Kraken, invoquant le Dodd-Frank Act. L’issue de ce litige déterminera qui peut opérer sur ce marché aux États-Unis et selon quelles règles. Audience à surveiller dans les prochaines semaines.
Sources
-
HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
-
HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash