Chainalysis a signé un mémorandum d’entente avec la police nationale de Corée du Sud (KNPA) pour renforcer la lutte contre les crimes crypto. L’accord prévoit des outils de traçage on-chain, des formations certifiantes et des exercices pratiques. En 2024, les hackers nord-coréens ont dérobé 1,3 milliard de dollars en cryptomonnaies, selon Chainalysis, soit près de la moitié de l’ensemble des vols recensés cette année-là.
Au programme
- MoU entre Chainalysis et la KNPA : visualisation des flux illicites et formations certifiantes pour les enquêteurs
- Cible prioritaire : le Groupe Lazarus, lié à Pyongyang, responsable de 1,3 milliard de dollars de vols en 2024 (Chainalysis)
- Un modèle de coopération public-privé appelé à se reproduire dans d’autres juridictions
Que prévoit concrètement l’accord avec la KNPA ?
Le partenariat repose sur 3 volets : déploiement d’outils Chainalysis pour visualiser les flux de capitaux illicites, programmes de certification pour professionnaliser les unités spécialisées, et scénarios d’entraînement simulant des enquêtes réelles. Les deux parties s’engagent à partager des renseignements sur les nouvelles typologies de fraudes.
| Volet | Contenu | Bénéficiaire |
|---|---|---|
| Traçage on-chain | Visualisation des flux illicites mondiaux | Unités d’investigation KNPA |
| Formation | Certifications professionnelles | Enquêteurs spécialisés |
| Exercices pratiques | Simulations d’enquêtes réelles | Toutes unités cyber |
| Partage de renseignements | Nouvelles typologies de fraudes | KNPA + Chainalysis |
Ce type de coopération n’est pas isolé. Des partenariats similaires entre acteurs privés de la blockchain et forces de l’ordre ont déjà produit des résultats dans d’autres pays, notamment aux États-Unis où Coinbase collabore régulièrement avec le DOJ. La KNPA franchit un cap comparable, en structurant sa capacité d’analyse interne plutôt qu’en externalisant ponctuellement.
Pourquoi la Corée du Sud est-elle une cible prioritaire ?
La Corée du Sud affiche l’un des taux d’adoption crypto les plus élevés d’Asie, avec des volumes d’échange régulièrement parmi les 5 premiers mondiaux. Cette forte exposition nourrit un écosystème de fraudes sophistiquées : arnaques aux investissements, rug pulls, phishing ciblant les particuliers.
Surtout, le pays fait face à une menace de niveau étatique. Le Groupe Lazarus, unité de cybercriminalité nord-coréenne, est régulièrement identifié dans les grands vols d’actifs numériques. Le piratage d’EtherDelta en 2017 avait déjà illustré la vulnérabilité des plateformes asiatiques. Depuis, les montants ont explosé : 1,3 milliard de dollars volés en 2024, un record.
Les enquêteurs sud-coréens manquaient jusqu’ici d’outils adaptés pour démanteler ces circuits. L’accord avec Chainalysis vise précisément à combler ce déficit, en donnant aux unités spécialisées une capacité autonome d’investigation on-chain.
Quel impact sur la lutte mondiale contre la cybercriminalité ?
Ce partenariat dépasse le cadre bilatéral. La criminalité crypto n’a pas de frontières : un wallet tracé à Séoul peut pointer vers des mixeurs opérant en Europe ou en Amérique du Nord. Formaliser ces coopérations accélère les enquêtes transfrontalières.
En Europe, le règlement MiCA - entré en application pour les prestataires de services crypto en décembre 2024 - impose des obligations de vigilance renforcées aux CASP enregistrés. Ces obligations facilitent mécaniquement le travail des enquêteurs quand une coopération judiciaire internationale est activée. La demande française d’une réunion G20 sur la régulation crypto s’inscrit dans cette même logique de coordination mondiale.
Pour les plateformes, l’enjeu est réel. Crypto.com a pris des décisions structurantes sous pression réglementaire sur certains marchés. Ce mouvement vers plus de traçabilité intéresse aussi les assureurs spécialisés dans la protection des portefeuilles numériques, pour qui la capacité des autorités à recouvrer des fonds volés pèse directement sur l’évaluation des risques.
Notre regard Le MoU Chainalysis-KNPA représente moins une révolution qu’une accélération. Les outils d’analyse on-chain existent depuis des années, mais leur déploiement au sein des forces de l’ordre reste inégal. En formalisant cette coopération, les deux parties créent un modèle exportable au moment précis où les vols nord-coréens atteignent des records.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un MoU entre Chainalysis et la KNPA ?
Un mémorandum d’entente (MoU) est un accord-cadre non contraignant qui formalise une coopération. Ici, il engage Chainalysis à fournir des outils de traçage blockchain et des formations à la police nationale sud-coréenne (KNPA) pour mener des enquêtes sur les crimes crypto.
Combien d’argent le Groupe Lazarus a-t-il volé en 2024 ?
Selon Chainalysis, les hackers nord-coréens liés au Groupe Lazarus ont dérobé 1,3 milliard de dollars en cryptomonnaies en 2024, soit environ 47 % de l’ensemble des vols crypto recensés sur l’année. C’est un record historique attribué à un acteur étatique.
Comment Chainalysis aide-t-elle les forces de l’ordre à tracer les fonds illicites ?
Chainalysis propose des logiciels qui cartographient les flux de transactions sur la blockchain, identifient les wallets suspects et relient les adresses à des entités connues. Ces outils, associés à des formations certifiantes pour les enquêteurs, permettent de reconstituer des circuits de blanchiment complexes.
À retenir
Chainalysis et la KNPA formalisent leur coopération autour du traçage des fonds illicites et de la formation des enquêteurs. La Corée du Nord reste la menace de référence. À surveiller : la vitesse à laquelle ce modèle de partenariat public-privé sera reproduit dans d’autres juridictions, notamment en Europe sous l’impulsion de MiCA.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash