Dans la liste des dégâts irréversibles provoqués par la Securities and Exchange Commission des États-Unis, le stablecoin Binance USD (BUSD) figure en bonne position. Un outil de stabilité numérique développé par la société Paxos pour le compte de la plateforme centralisée leader de l’écosystème des cryptomonnaies. Et très rapidement, une troisième place de ce secteur portée par un trading sans frais et une stratégie d’exclusion de la concurrence directe.

Mais alors que le BUSD côtoyait déjà les plus grands, le département des services financiers de l’État de New York est venu s’interposer dans cette dynamique en ouvrant une enquête sur la société Paxos, seule émettrice reconnue de ce stablecoin. Un coup de semonce qui aura aussitôt entraîné une cascade de conséquences, au point de voir Binance abandonner son rejeton au profit d’un TrueUSD (TUSD) jusque là inconnu au bataillon. Et c’est le début de la fin…

BUSD – Une capitalisation divisée par 3 en quelques mois

Au plus fort de son adoption, le stablecoin BUSD affichait une capitalisation totale supérieure à 23 milliards de dollars. Un montant qui lui permettait de jouer aux côtés des plus grands, comme l’USDT de Tether ou encore l’USDC de Circle (et Coinbase). Puis est venu le temps de rendre des comptes du fait de son lien direct, même avec la déviation Paxos, à la plateforme Binance dans son combat contre les instances de régulation.

Une date tout à fait identifiable sur le graphique de sa capitalisation de marché. En effet, le jour même de l’annonce d’une enquête officielle contre le BUSD, cette courbe a entamé une tendance baissière qui n’allait plus jamais s’arrêter. Pourtant, comme le note Rebecca Stevens, analyste de recherche chez The Block Research, « il a tout de même réussi à maintenir sa troisième position pendant plus de trois mois. »

Graphique de la décroissance de la capitalisation boursière du stablecoin BUSD

En effet, de façon assez surprenante le stablecoin BUSD est resté en bonne place dans le classement de tête de cette économie de la stabilité numérique. Et cela malgré une capitalisation tout simplement divisée par 2 entre la mi-février (16 milliards de dollars) et la mi-mars (8 milliards de dollars). Il faut dire qu’il partait de très haut par rapport à son concurrent direct en quatrième position : le stablecoin DAI du protocole de la DeFi MakerDAO (MKR) et ses 4,5 milliards de dollars de market cap au moment de la rédaction de cet article. Enfin… en troisième position – encore fragile – depuis peu.

BUSD – Déclassé à la 4e place derrière le stablecoin DAI

Bien évidemment, le déclin du stablecoin BUSD était inévitable puisque la société Paxos a cessé d’en émettre depuis février dernier. Toutefois, le seuil qu’il vient de franchir résonne comme un tournant confirmé dans le petit monde de cette économie de la stabilité numérique. Car suite à « une légère augmentation du taux de combustion, » un récent burn de 95 millions de dollars a projeté la supply du stablecoin BUSD derrière son concurrent DAI, toujours numéro 1 de leurs versions décentralisées.

Graphique comparatif de l'évolution du BUSD et DAI stablecoins

Un déclassement qui intervient également sur le réseau Ethereum, support initial de ce marché des stablecoins. Car la part de marché du BUSD sur cette blockchain est passée de plus de 22% en octobre 2022 à seulement 5,86% au dernier pointage. Cela pour le plus grand bonheur du leader USDT passé quant à lui de 32% à 48,5% de parts de ce marché depuis février dernier.

Le fait est donc acquis, le stablecoin BUSD est bel et bien en train de s’éteindre sous les coups réglementaires de la Securities and Exchange Commission (SEC). Cela au profit d’une version décentralisée DAI qui peut désormais prétendre à la troisième place en terme de quantité disponible (supply)… et très prochainement au niveau de sa capitalisation de marché.