Un rapport publié par les équipes conjointes d’analyse FDD (Foundation for Defense of Democracies) et Elliptic, société d’analyse de la blockchain, indique que moins d’un pour cent des transactions Bitcoin entrant dans des services de conversion sont liées au blanchiment d’argent.

Au programme Ce que disait le rapport FDD-Elliptic de 2018, ce que les données on-chain montrent en 2026, et pourquoi la part illicite reste sous la barre des 1%.

Ce que disait le rapport FDD-Elliptic

Rédigé pour cartographier les mouvements de fonds illicites, le document de seize pages constatait que le blanchiment était loin d’être aussi répandu que certains détracteurs le pensaient. L’étude portait sur un échantillon ciblé de transactions effectuées entre 2013 et 2016, afin de garder les données exploitables.

Le rapport pointait l’origine de ces flux illicites.

« La quantité de blanchiment de bitcoins observée provient de marchés du darkweb de petite taille comme Silk Road et, plus tard, AlphaBay, qui sont la source de la quasi-totalité des bitcoins illicites blanchis par le biais de services de conversion. »

Graphique montrant la proportion du blanchiment dans les transactions Bitcoin

Europe, plateformes et mélangeurs

Le rapport indiquait que la majorité des bitcoins illicites identifiés transitaient par l’Europe, à l’origine de plus de cinq fois plus de flux que l’Amérique du Nord. Les trois principaux canaux de blanchiment étaient les plateformes d’échange (environ 45%), les sites de jeu en ligne (26%) et les mélangeurs de pièces (23%).

Pour les auteurs, le meilleur levier restait le renforcement des règles anti-blanchiment. Le document recommandait d’« accroître l’application de l’AML par les autorités financières de toutes les administrations », un cadre qui s’appuie aujourd’hui sur des procédures KYC sur les plateformes régulées.

Une part minuscule à l’échelle mondiale

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), le blanchiment d’argent représentait environ 1 600 milliards de dollars en 2009, soit 2,7% du PIB mondial. L’UNODC retient plus largement une fourchette de 2 à 5% du PIB mondial chaque année, entre 800 milliards et 2 000 milliards de dollars.

À cette échelle, le Bitcoin restait très en deçà du seuil, avec une moyenne de l’ordre de 0,6% sur la période étudiée.

Graphique comparant le pourcentage de blanchiment d'argent Bitcoin et mondial

Depuis le rapport : où en est-on en 2026

Huit ans plus tard, le constat de fond tient toujours. Selon les données on-chain de Chainalysis, la part des volumes illicites dans l’ensemble des transactions crypto reste inférieure à 1%, malgré l’envolée des montants en valeur absolue liée à la croissance du marché.

En valeur, l’ampleur a toutefois changé d’échelle. Le blanchiment crypto identifié a dépassé 82 milliards de dollars en 2025, contre environ 10 milliards en 2020. L’estimation totale des fonds reçus par des adresses illicites grimpe au-delà de 150 milliards de dollars sur l’année.

De nouveaux acteurs, les mêmes mécanismes

Le profil des blanchisseurs a évolué depuis l’ère Silk Road. Les réseaux de blanchiment de langue chinoise concentrent désormais une part importante de l’activité connue, avec environ 16 milliards de dollars traités en 2025 selon Chainalysis, soit près d’un cinquième des flux illicites suivis.

Les techniques se sont aussi diversifiées. Au-delà des plateformes et des mélangeurs, les fraudeurs recourent davantage aux stablecoins, aux ponts inter-chaînes et à des services de conversion situés dans des juridictions peu coopératives.

Régulation, traçabilité et limites

La traçabilité reste l’atout structurel de la blockchain face aux espèces. Chaque transaction est inscrite dans un registre public, ce qui permet aux outils d’analyse de remonter les flux jusqu’à un wallet identifié, là où le cash ne laisse aucune trace.

Le cadre réglementaire s’est par ailleurs durci, notamment en Europe avec l’entrée en application du règlement MiCA et le renforcement des obligations anti-blanchiment pour les plateformes. Les acteurs régulés comme Coinhouse appliquent désormais des contrôles d’identité systématiques avant tout retrait en euros.

Ce qu’il faut retenir

Le rapport FDD-Elliptic de 2018 reste pertinent : la part du blanchiment dans les transactions Bitcoin demeure marginale en pourcentage. Les montants augmentent avec la taille du marché, mais la transparence du registre et le durcissement réglementaire renforcent la détection.

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Sources

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