Les initiatives pour intégrer le Bitcoin comme moyen de paiement se multiplient un peu partout dans le monde. Cela qu’il s’agisse de pays entiers, comme le Salvador, ou de multinationales désireuses de ne pas rater ce train en marche. Avec des ambitions différentes, mais une démarche commune : accepter le BTC comme une monnaie à part entière. Une hérésie pour les régulateurs et les banques centrales, occupés à bâtir des barricades pour en bloquer l’essor. Mais cela n’empêche pas la petite ville touristique de Santa Lucía, au Honduras, de devenir le premier hub crypto national avec le lancement de la « Bitcoin Valley ».
La règle est simple et reconnue par les experts eux-mêmes : la réglementation d’une innovation a toujours du retard sur son adoption. Un fait auquel n’échappe pas le Bitcoin, avec une adoption toujours plus importante, même en période de marché baissier comme celui de l’été 2022. Et des initiatives qui revendiquent sans cesse un peu plus l’utilisation du BTC comme un moyen de paiement à part entière. Cela sans se soucier de savoir si ce statut lui est officiellement accordé.
Des prises de position très différentes, entre rejet de l’hégémonie du dollar par les pays émergents ou envie de ne pas rater la prochaine étape de l’évolution monétaire pour les grandes entreprises. Et à mi-chemin, des initiatives plus modestes et locales à l’image de l’aventure Bitcoin Beach au Salvador. Une adoption en mode « économie circulaire » que semble vouloir expérimenter la petite ville de Santa Lucía, au Honduras.
Bitcoin Valley, Nouveau hub Bitcoin au Honduras
L’information mérite encore de s’y attarder, alors que dans quelques années cela sera surement banal. En effet, la ville touristique de Santa Lucía, à une dizaine de kilomètres de Tegucigalpa, vient d’annoncer la mise en place d’un programme du nom de « Bitcoin Valley« . Cela afin de permettre à ses commerçants d’accepter les paiements en BTC. Et, selon le média local La Prensa, il s’agit de la quatrième destination d’Amérique centrale à offrir ce service. Cela après la plage d’El Zonte (Bitcoin Beach), le gouvernement du Salvador, le lac Atitlán (Lac Bitcoin) au Guatemala et la province de Puntarenas (Bitcoin Jungle) au Costa Rica.
Toutefois, ce projet Bitcoin Valley n’a rien à voir avec le gouvernement du Honduras, qui n’a jamais fait du bitcoin une monnaie ayant cours légal : le lempira reste la seule devise officielle, et la Commission nationale des banques et assurances interdira même aux établissements supervisés de détenir des cryptomonnaies en février 2024. Il s’agit donc bien d’une initiative locale portée par des ambitions principalement touristiques. Même si l’aspect « économie circulaire » est abordé, plus pour des raisons marketing que véritablement idéologiques. C’est ce que laisse penser César Andino, directeur du centre commercial Los Robles à Santa Lucía.
« À Santa Lucia, nous allons tous participer à ce projet. Accepter le Bitcoin permettra d’ouvrir un nouveau marché et de gagner plus de clients. Nous devons penser global. Nous ne pouvons pas nous fermer à la technologie et nous ne pouvons pas être laissés pour compte alors que d’autres pays le font déjà. »
À ne pas confondre non plus avec Próspera, la cité privée de l’île de Roatán créée sous le régime des zones d’emploi et de développement économique (ZEDE). Le Congrès hondurien a abrogé la loi sur les ZEDE en avril 2022, poussant les investisseurs de Próspera à réclamer près de 11 milliards de dollars devant le CIRDI en décembre 2022. La procédure était toujours en cours à l’été 2026, le Honduras ayant entre-temps dénoncé la convention CIRDI.
Bitcoin Valley, Attirer les crypto-touristes au Honduras
Car le projet Bitcoin Valley est avant tout un aimant international à détenteurs de bitcoins. Avec comme principal objectif, toujours selon César Andino, « d’ouvrir plus d’opportunités et d’attirer plus de personnes qui souhaitent utiliser cette monnaie ». En commençant par la formation d’une soixantaine d’entreprises locales à la commercialisation de leurs produits et services en échange de cryptomonnaies. Et l’utilisation de terminaux de paiement spécialement conçus pour accepter le BTC.
Tout cela avec la participation de l’organisation Blockchain Honduras, de l’initiative de formation Descentral Academy et la gestion technique de la plateforme d’échange de cryptomonnaies guatémaltèque Coincaex. Mais également l’Université technologique du Honduras (UTH), qui assure des cours d’éducation crypto, et la municipalité de Santa Lucía. Toutefois, les paiements en BTC seront immédiatement convertis en monnaie locale. Cela afin « d’éliminer les risques de fluctuation des cryptomonnaies », selon Leonardo Paguada, fondateur de Blockchain Honduras. Et « les propriétaires d’entreprise ne recevront pas de Bitcoin ». Chacun y verra, ou non, une adoption effective du Bitcoin comme monnaie…
Le dispositif a essaimé dès l’été 2022 vers la commune voisine de Valle de Ángeles, où une vingtaine de commerces ont installé les terminaux de Coincaex, avec l’ambition d’étendre la zone jusqu’à Cantarranas. Aucun bilan chiffré des paiements en bitcoin n’a en revanche été publié depuis.
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