Deux initiatives législatives convergent cette semaine à Washington pour ancrer le bitcoin dans les finances fédérales américaines. Le représentant Nick Begich prépare une version rebaptisée du BITCOIN Act, tandis que la sénatrice Cynthia Lummis a annoncé un vote en commission du Clarity Act pour mai 2026. Le calendrier parlementaire s’accélère, avec un objectif commun : transformer l’ordre exécutif de Trump en loi permanente.

Au programme

  • Nick Begich relance le BITCOIN Act sous le nom ARMA, visant l’achat de 1 million de BTC sur 5 ans (The Block)
  • Cynthia Lummis promet un examen du Clarity Act en commission dès mai 2026
  • Les 2 textes cherchent à ancrer légalement la réserve stratégique bitcoin décidée par Trump
Vers la réserve stratégique bitcoin US (2026) Schéma en 3 étapes : le décret exécutif de Trump donne naissance à deux propositions de loi au Congrès (ARMA et Clarity Act) qui doivent conduire à une réserve stratégique bitcoin permanente. Vers la réserve stratégique bitcoin US Décret Trump Ordre exécutif ARMA / Clarity Congrès US Vote mai 2026 Loi permanente Réserve BTC 1 million de BTC Sources : The Block, Bitcoin Magazine

Qu’est-ce que l’ARMA, le successeur du BITCOIN Act ?

Le représentant républicain Nick Begich prévoit de soumettre l’American Reserves Modernization Act (ARMA) au Congrès dans les prochaines semaines, selon The Block. Ce texte remplace directement le BITCOIN Act, dont la version précédente prévoyait l’achat de 1 million de bitcoins sur 5 ans via un mécanisme dit “à neutralité budgétaire”. Le changement de nom répond à une stratégie politique claire : élargir la coalition de soutien au sein de la Chambre des représentants.

L’ARMA irait plus loin qu’un simple changement de marque. Le texte vise à inscrire dans la loi l’ordre exécutif signé par Donald Trump sur la création d’une réserve stratégique bitcoin permanente. Cette codification est centrale : un décret présidentiel peut être annulé par un successeur à la Maison-Blanche, alors qu’une loi fédérale exige un vote du Congrès pour être abrogée. Begich n’a pas encore détaillé les modifications apportées par rapport à la version originale.

L’enjeu dépasse le seul bitcoin. Si l’ARMA passe, ce serait la première fois que les États-Unis inscrivent un actif numérique dans leur stratégie de réserves nationales, aux côtés de l’or et des devises étrangères. Un précédent dont les effets pourraient se propager à d’autres démocraties, comme cela s’est vu avec l’adoption du bitcoin comme monnaie légale au Salvador.

Pourquoi Lummis pousse le Clarity Act en urgence ?

La sénatrice Cynthia Lummis a fixé un calendrier précis lors de la Bitcoin Conference : un examen du Clarity Act en commission sénatoriale dès mai 2026, avec la volonté déclarée de “pousser le texte jusqu’à la ligne d’arrivée”. Ce projet de loi, distinct de l’ARMA, vise à clarifier le cadre réglementaire global des actifs numériques aux États-Unis, en délimitant les compétences entre la SEC et la CFTC.

La sénatrice a qualifié le bitcoin de “monnaie de la liberté”, un cadrage politique qui cible les élus républicains les plus hésitants. Le Clarity Act est en attente depuis plusieurs sessions législatives, victime des divergences entre les deux chambres sur le statut des tokens considérés comme des titres financiers.

“We are going to mark up the Clarity Act in May and push it to the finish line.”, Cynthia Lummis, Bitcoin Conference 2026

L’urgence affichée s’explique aussi par le contexte : le cycle électoral de mi-mandat approche, et toute avancée majeure sur la crypto doit franchir les commissions avant l’été, faute de quoi les dossiers risquent de rester bloqués. Les pays émergents, eux, n’ont pas attendu Washington : leur adoption du bitcoin progresse à un rythme nettement plus élevé.

Deux textes complémentaires, un même objectif

L’ARMA et le Clarity Act s’adressent à des questions différentes mais s’articulent. L’un crée la réserve nationale de bitcoin ; l’autre pose les règles du jeu pour l’ensemble du secteur des actifs numériques. Leur avancement simultané n’est pas un hasard : la coordination entre Begich à la Chambre et Lummis au Sénat suggère une stratégie législative concertée.

La différence entre les 2 textes reste notable. L’ARMA est une loi sectorielle et symbolique, centrée sur le bitcoin. Le Clarity Act est une réforme structurelle plus difficile à faire adopter, car elle touche directement aux intérêts de Wall Street et des plateformes d’échange régulées. Les grandes banques américaines, dont certaines commencent à intégrer le bitcoin à leurs bilans, observent de près ces débats. La plus ancienne banque américaine avait déjà exprimé son intérêt pour le bitcoin en amont de ces initiatives législatives.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’American Reserves Modernization Act (ARMA) ?

L’ARMA est la nouvelle version du BITCOIN Act, proposée par le représentant Nick Begich. Elle vise à faire du bitcoin un actif de réserve stratégique officiel des États-Unis et à inscrire dans la loi fédérale l’ordre exécutif de Trump sur ce sujet. La version originale prévoyait l’achat de 1 million de BTC sur 5 ans.

Qu’est-ce que le Clarity Act et pourquoi est-il bloqué ?

Le Clarity Act est un projet de loi américain qui délimite les compétences entre la SEC et la CFTC sur les actifs numériques. Il est bloqué depuis plusieurs sessions législatives en raison de désaccords sur le statut juridique des tokens. La sénatrice Lummis a annoncé vouloir le soumettre à un examen en commission dès mai 2026.

Quelle différence entre un décret présidentiel et une loi sur la réserve bitcoin ?

Un décret peut être abrogé par le président suivant sans vote du Congrès. Une loi fédérale, en revanche, nécessite un vote majoritaire des deux chambres pour être modifiée ou supprimée. C’est précisément pourquoi Begich et Lummis cherchent à codifier la réserve bitcoin, pour lui donner une protection juridique durable. Pour aller plus loin, lisez notre analyse sur l’exemple marocain et les effets des interdictions sur l’adoption du bitcoin.

À retenir

L’ARMA et le Clarity Act forment les 2 piliers d’une même ambition : ancrer juridiquement la place du bitcoin dans les finances fédérales américaines. Le mois de mai 2026 sera décisif : si les commissions valident ces textes, le vote en plénière pourrait intervenir avant l’été, avant que le calendrier électoral ne ferme la fenêtre.

Sources

Signal Haussier
Impact Modéré