Malgré un repli de 50 % depuis son sommet historique, Bitcoin attire toujours les grandes institutions. John D’Agostino, responsable de la stratégie institutionnelle chez Coinbase, affirme que fonds souverains, family offices et gestionnaires d’actifs de premier rang achètent activement la baisse. Un signal fort, à contre-courant du sentiment de marché dominant.

En bref

Les déclarations de Coinbase et l’analyse de Jordi Visser s’accordent sur un point : les acteurs institutionnels profitent des niveaux de prix actuels pour accumuler. La rotation de capitaux depuis les marchés actions, perturbés par l’essor de l’IA, orienterait une partie des flux vers Bitcoin. Pour autant, le rebond reste conditionné à une stabilisation macro plus large.

Pourquoi les institutionnels achètent-ils la baisse ?

La thèse est directe : quand le prix baisse, les acheteurs ayant un horizon long terme entrent. Selon John D’Agostino de Coinbase, ce sont précisément les structures les mieux capitalisées qui sont à l’achat en ce moment. Fonds souverains et family offices disposent des réserves nécessaires pour absorber la volatilité sans contrainte de liquidité immédiate.

Cela rejoint un pattern documenté depuis 2024, quand l’accumulation institutionnelle avait déjà contribué à resserrer l’offre disponible sur le marché. À l’époque, la dynamique avait précédé un rally significatif. Le contexte est différent aujourd’hui, mais la mécanique d’achat reste identique.

Rotation de capitaux : l’IA perturbe le S&P 500

L’analyste Jordi Visser apporte un angle macro complémentaire. Selon lui, le recul de Bitcoin n’est pas une fuite vers la qualité traditionnelle, mais une rotation de capitaux. Les marchés actions américains, et notamment le S&P 500, subissent des pressions liées à la disruption économique engendrée par l’intelligence artificielle. Certains secteurs voient leurs valorisations remises en question plus vite que prévu.

Dans ce contexte, Bitcoin servirait de point de repositionnement pour des acteurs cherchant une exposition décorrélée. Ce phénomène est cohérent avec la frénésie institutionnelle observée ces derniers trimestres, où la demande structurelle ne se démentait pas malgré les turbulences. Visser souligne également que Bitcoin présente des indicateurs techniques en zone de survente, ce qui renforce l’attractivité des niveaux actuels pour les acheteurs à long terme.

Que disent les données de marché ?

Le repli de 50 % depuis l’ATH est le chiffre central. Il place Bitcoin dans une fourchette historiquement associée à des phases d’accumulation précédant des cycles haussiers. Les wallets détenant plus de 10 BTC ont enregistré des entrées nettes ces dernières semaines, selon les données on-chain disponibles.

L’appétit institutionnel ne se limite pas aux acteurs américains. Les fonds souverains mentionnés par D’Agostino opèrent dans plusieurs juridictions, ce qui souligne la dimension mondiale de ce mouvement d’accumulation. Pour rappel, Bitcoin avait démontré sa capacité à résister comme actif refuge lors de précédentes phases de stress, même si ce statut reste débattu parmi les économistes.

Reste une inconnue : le volume réel de ces achats institutionnels n’est pas publiquement vérifiable à ce stade. Les déclarations de Coinbase reflètent l’activité observée sur sa plateforme, qui représente une part significative mais non exhaustive du marché institutionnel global.

À retenir

Les grandes institutions utilisent la correction actuelle comme fenêtre d’entrée sur Bitcoin, selon Coinbase et plusieurs analystes macro. La prochaine étape à surveiller : une stabilisation du marché actions américain, qui pourrait amplifier ces flux et confirmer si le Bitcoin reste le meilleur investissement de la décennie aux yeux des allocateurs de capital.

Sources

Signal Haussier
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