Le réseau Base, layer 2 Ethereum incubé par Coinbase, active son deuxième upgrade majeur sur mainnet le 25 juin 2026 : Beryl introduit le standard natif B20, taille les délais de retrait vers Ethereum de 7 à 5 jours, et embarque Reth V2 pour augmenter la capacité de traitement. L’upgrade a été déployé sur le testnet Sepolia jeudi, selon le billet d’ingénierie de Base.

Au programme

  • B20, standard natif précompilé compatible ERC-20, cible l’émission réglementée de stablecoins directement dans le logiciel de nœud (audit Spearbit inclus)
  • Le délai de retrait vers Ethereum passe de 7 à 5 jours sur le chemin le plus utilisé par les fournisseurs de bridge
  • Cobalt, troisième upgrade, est prévu en septembre avec l’abstraction de compte native

Qu’est-ce que le standard B20 apporte concrètement ?

B20 implémente la spécification ERC-20 complète, ce qui en fait un remplacement direct pour les wallets, exchanges et indexeurs déjà construits pour ce standard. Deux différences majeures le distinguent toutefois d’un contrat classique.

D’abord, l’exécution : plutôt qu’un bytecode EVM déployé on-chain, B20 est un contrat précompilé, sa logique étant écrite en Rust et tournant directement dans le logiciel de nœud. Ensuite, le toolkit d’émission : contrôle d’accès par rôles, fonctions mint et burn, plafonds d’offre optionnels, politiques de transfert granulaires, et un mécanisme de gel et saisie pensé pour les émetteurs soumis à régulation.

2 variantes sont disponibles dès le lancement. Une version généraliste pour tout type d’actif, et une version stablecoin avec 6 décimales fixes et un code devise défini par l’émetteur. B20 inclut également les permis ERC-2612, qui permettent d’approuver un spendeur via une signature plutôt qu’une transaction séparée. Le code a été audité par Base et par Spearbit. Une mise à jour ultérieure permettra aux émetteurs de payer le gaz en tokens B20 plutôt qu’en ETH.

Ce positionnement B20 rappelle le travail engagé par d’autres écosystèmes : le lancement du stablecoin USN sur NEAR avait déjà illustré la course des L1 et L2 à intégrer l’émission d’actifs au niveau protocole. Base franchit un pas supplémentaire en ancrant cette logique dans le nœud lui-même, pas dans un smart contract externe.

Pourquoi les retraits vers Ethereum sont-ils accélérés ?

Le délai standard de retrait de Base vers Ethereum passe de 7 à 5 jours. Cette réduction s’appuie sur Multiproofs, système introduit lors d’Azul, le premier upgrade indépendant de Base activé en mai.

Multiproofs avait créé un chemin de finalisation rapide en 1 jour lorsqu’un TEE (environnement d’exécution sécurisé) et une preuve zero-knowledge convergent sur la validité d’une transaction. En pratique, ce chemin reste peu emprunté car générer une preuve ZK est coûteux. Beryl cible donc le chemin lent, celui que la majorité des fournisseurs de bridge utilisent.

L’ancien délai de 7 jours remontait au système de fault proofs initial de Base, conçu pour laisser aux challengers le temps de contester un retrait. Multiproofs a réduit l’utilité de ce long délai à la seule détection d’un prover défaillant. C’est ce qui permet de continuer à réduire la fenêtre, selon Base. Pour les opérateurs de bridge et les utilisateurs habitués à suivre les déblocages de tokens et les délais de liquidité, ce gain de 2 jours peut réduire sensiblement les coûts de couverture.

Quels gains Reth V2 apporte-t-il au réseau ?

Beryl embarque également Reth V2, version mise à jour du client d’exécution en Rust qui est le seul client de Base depuis Azul. Cette version réduit la consommation disque sur les nœuds full, minimal et archive.

Plus important pour les développeurs : Reth V2 permet à Base d’augmenter les cibles de gas par bloc sans saturer le séquenceur ni les nœuds RPC. Plus d’espace de bloc disponible pour les builders, donc moins de congestion lors des pics d’activité. Base avait déjà exploré ces axes d’optimisation via son intégration MCP avec Claude et ChatGPT, qui permet des interactions on-chain programmatiques. L’augmentation de capacité bloc devrait rendre ces usages plus fluides.

Beryl arrive environ 4 semaines après Azul, un rythme que Base attribue à sa migration de février vers une stack technologique propre, indépendante de l’OP Stack d’Optimism.

Upgrade Mainnet Apport principal
Azul Mai 2026 Multiproofs, Reth V1
Beryl 25 juin 2026 B20, retraits 5 jours, Reth V2
Cobalt Sept. 2026 Abstraction de compte native

Le prochain upgrade, Cobalt, est ciblé pour septembre 2026. Il doit introduire l’abstraction de compte native comme fonctionnalité de protocole, avec parrainage de gaz et traitement par lots de transactions intégré. Des fonctionnalités B20 supplémentaires et un binaire de nœud unifié combinant les clients de consensus et d’exécution sont aussi prévus. Ce calendrier cadence avec les prévisions à moyen terme d’Ethereum à 40 000 $ en 2030 qui supposent une adoption massive des L2 comme Base.

Mise en perspective Base compresse son cycle d’upgrade à moins d’un mois entre Azul et Beryl. Cette cadence, rendue possible par l’indépendance de l’OP Stack, signale une ambition de capturer l’émission institutionnelle de stablecoins avant que d’autres L2 n’aient un standard comparable. B20 avec gel et saisie intégrés est clairement pensé pour les émetteurs sous régulation, un segment que BlackRock et Standard Chartered explorent déjà via BUIDL comme collatéral on-chain.

À retenir

Beryl active le 25 juin un standard d’émission natif (B20) et raccourcit les retraits à 5 jours. Le prochain upgrade Cobalt en septembre vise l’abstraction de compte au niveau protocole. L’accélération de la cadence de Base mérite d’être surveillée, notamment côté adoption par les émetteurs de stablecoins régulés.

Sources

Signal Haussier
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