Le développement actuel du secteur des cryptomonnaies se fait trop souvent en décalage avec sa vocation première. Il suffit de voir le traitement imposé Bitcoin, dont la seule utilité semble être de spéculer alors qu’il s’agit avant tout d’une révolution monétaire. Ou encore la flambée artificielle des shitcoins sur laquelle les investisseurs tentent de surfer pour accumuler – et surtout perdre – des millions sans se soucier de discréditer l’ensemble d’un écosystème.

Un secteur tellement spéculatif que la blockchain du Bitcoin n’a pas réussi à y échapper, avec l’émergence des inutiles Ordinals et autres BRC-20 présentés comme un simple délire de “blancs riches privilégiés.” Car leur apparition a tout simplement fait exploser les frais de transaction sur son réseau, pour le plus grand désarrois de ceux qui l’utilisent au quotidien comme une monnaie. Car c’est un fait, l’Afrique est le continent dédié aux véritables cas d’usage pour les cryptomonnaies…

Afrique – La crypto « résoud les problèmes du monde réel »

Les études s’enchainent et arrivent toutes à la même conclusion, les cryptomonnaies répondent avant tout à des impératifs de subsistance en Afrique. Un continent où les téléphones portables ont également connus un développement phénoménal au moment de leur apparition du fait de l’absence de structures antérieures pour en freiner le déploiement. Et la situation est à peu près identique dans le domaine monétaire, puisque bon nombre de pays sont bien incapables d’offrir des services financiers fiables ou de résister à une inflation très problématique pour la population.

Un contexte abordé avec Chris Maurice, fondateur et PDG de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Yellow Card, leader actuel sur le continent africain. Et ce dernier explique que la relation entretenue avec le secteur des cryptomonnaies dans cette partie du monde n’a définitivement rien à voir avec « le casino auquel il peut parfois ressembler en Occident. » En effet, la technologie blockchain qui y est associée permet selon lui de résoudre des problèmes concrets du monde réel, tels que l’hyperinflation et la corruption.

« La crypto en Afrique existe au plus près de la mission initiale de sa technologie que dans toute autre partie du monde. (…) Elle permet de résoudre les problèmes du monde réel avec les banques et les devises sur le continent, et ce n’est pas le casino auquel elle peut parfois ressembler en Occident. »

Chris Maurice

Afrique – Le continent crypto

Résultat : l’utilisation des cryptomonnaies « se développe à la vitesse de la lumière » sur le continent africain. Car ces outils numériques permettent d’échapper aux défaillances du système financier traditionnel et d’effectuer des transactions sans subir le déterminisme monétaire imposé par les pays concernés. Et comme l’explique Chris Maurice, cela s’exprime particulièrement dans le cadre de paiements internationaux aux frais dérisoires ou à « économiser de l’argent contre l’inflation. »

« L’Afrique compte plus d’utilisateurs de cryptomonnaies que l’Amérique du Nord ou l’Europe. 6 des 20 premiers pays au monde se trouvent en Afrique. L’Afrique est le continent crypto. »

Chris Maurice

Un constat également mené par Kevin Imani, fondateur et PDG de la société Sankore 2.0, filiale du projet de blockchain Near Protocol. En effet, il pense que les paiements basés sur la blockchain peuvent agir comme une technologie des droits de l’homme. Car selon lui, les cryptomonnaies offrent la possibilité aux habitants des pays émergents de résister à la pression inflationniste actuelle estimée à 14,5% en 2022 sur le continent africain. Mais également de pouvoir réagir face à une corruption systémique qui laisse peu marge de manœuvre à la population.

« De Lagos à Nairobi, d’Accra à Cape Town, l’Afrique est en train de devenir un pôle d’innovation technologique. Surveillez cet endroit !«

Near Kenya