Aave LLC a déposé en urgence une motion devant un tribunal fédéral américain pour faire lever le gel de 73 millions de dollars d’ETH récupérés après l’exploit Kelp DAO du mois dernier. Ces fonds, destinés à rembourser les victimes du protocole, ont été saisis par une ordonnance new-yorkaise pour couvrir des jugements antiterroristes vieux de plusieurs décennies visant la Corée du Nord, selon The Block et The Defiant.
Au programme
- Environ 73 millions de dollars d’ETH récupérés post-exploit Kelp DAO sont bloqués par une ordonnance d’un tribunal new-yorkais (The Block, mai 2026)
- Un tiers cherche à rediriger ces fonds vers des jugements antiterroristes contre la Corée du Nord, sans lien direct avec Aave
- Aave argue qu’un voleur ne peut transférer à ses victimes que ce qu’il possède légitimement, réclamant la restitution immédiate aux utilisateurs lésés
Pourquoi ces fonds ont-ils été gelés ?
L’ordonnance de restriction vise des ETH liés au piratage de Kelp DAO, un exploit survenu en avril 2026 lors duquel plusieurs centaines de millions de dollars ont été soustraits du protocole. Aave, qui gère l’infrastructure sous-jacente, avait aidé à récupérer une partie des actifs volés pour les reverser aux victimes.
Un tiers a obtenu une ordonnance de restriction (“restraining notice”) auprès d’un tribunal de New York afin de rediriger ces fonds vers des jugements antiterroristes antérieurs impliquant la Corée du Nord. Ces jugements, vieux de plusieurs décennies, n’ont aucun lien direct avec Aave ni avec les victimes de l’exploit.
« Un voleur ne possède pas ce qu’il vole. » : Aave LLC, motion d’urgence déposée en mai 2026 (traduit de l’anglais)
Comment Aave conteste-t-elle l’ordonnance ?
La motion d’urgence d’Aave LLC avance un argument juridique central : les actifs récupérés appartiennent aux victimes de Kelp DAO, pas à l’attaquant. Si le pirate ne possédait pas légalement ces fonds, il ne pouvait les transmettre à personne, ni en faire l’objet d’une saisie au profit d’un tiers créancier.
The Block rapporte qu’Aave demande la levée totale de l’ordonnance, en arguant que maintenir le gel pénalise des utilisateurs innocents tout en profitant à des créanciers sans rapport avec l’attaque. The Defiant précise que la motion souligne l’urgence de la restitution : chaque jour de gel retarde le remboursement des victimes réelles.
Sur le montant exact, une légère divergence apparaît entre les sources. The Block et The Defiant évoquent 73 millions de dollars, tandis que Crypto Times mentionne 71 millions. L’écart s’explique probablement par la volatilité de l’ETH entre la date de récupération et celle de la publication.
Quelles implications pour la DeFi et ses utilisateurs ?
L’affaire pose une question inédite pour l’écosystème décentralisé : un tribunal traditionnel peut-il saisir des actifs on-chain récupérés après un hack, au bénéfice de créanciers extérieurs au protocole ? La réponse conditionnera la façon dont les protocoles DeFi gèrent les fonds récupérés à l’avenir.
Pour les utilisateurs touchés par l’exploit Kelp DAO, l’enjeu est immédiat. Tant que l’ordonnance reste en vigueur, aucun remboursement n’est possible. Aave, dont la gouvernance communautaire a récemment adopté des mécanismes de licence commerciale plus stricts, se retrouve à défendre non seulement ses fonds mais aussi sa capacité à honorer ses obligations envers ses utilisateurs.
Plus largement, l’affaire illustre la tension croissante entre la logique des protocoles décentralisés et celle des systèmes judiciaires nationaux. Un tribunal américain peut émettre une ordonnance, mais l’exécution technique sur la blockchain reste une autre affaire. Pour en savoir plus sur les mécanismes d’achat et de gestion d’AAVE, notre guide pratique détaille les étapes essentielles.
À retenir
Aave LLC conteste en urgence un gel judiciaire de 73 millions de dollars d’ETH récupérés après l’exploit Kelp DAO, bloqués au profit de créanciers sans lien avec l’attaque. L’issue de cette motion déterminera si les victimes peuvent être remboursées et si les protocoles DeFi peuvent protéger les fonds récupérés contre des saisies tierces.