En juillet 2020, l’‘Allemand Marcus Pleyer (BaFin) prenait la présidence du Groupe d’‘action financière (GAFI) après deux ans de mandat chinois. A l’‘époque, la Travel Rule - obligation pour les prestataires de services sur actifs virtuels de collecter et transmettre les informations sur les parties des transactions - n’‘était appliquée que dans une poignée de juridictions. Six ans plus tard, plus de 50 pays ont adopté une législation Travel Rule (InnReg, 2026), et l’‘Union européenne a mis en vigueur ses propres règles le 30 décembre 2024. Le GAFI a encore renforcé ses directives le 18 juin 2025. La conformité crypto n’'est plus une option.
En bref
- Plus de 50 juridictions ont adopté une législation Travel Rule pour les cryptomonnaies d’'ici 2026 (InnReg).
- L’'UE applique le règlement sur les transferts de fonds (TFR) depuis le 30 décembre 2024.
- Le GAFI a renforcé ses directives sur la transparence des paiements le 18 juin 2025.
- La Recommandation 16 du GAFI impose aux VASP de collecter et transmettre les informations sur l’'originateur et le bénéficiaire pour tout transfert.
- Les DEX et wallets non-custodials restent le défi principal : le GAFI travaille sur des orientations spécifiques “Unhosted Wallets”.
- Dr Marcus Pleyer (BaFin) a succédé à Xiangmin Liu en juin 2020 pour deux ans de mandat.
Qu’‘est-ce que la Travel Rule du GAFI et pourquoi s’'applique-t-elle aux cryptos ?
La Travel Rule, ou Recommandation 16 du GAFI, oblige les prestataires de services de paiement et, depuis 2019, les VASP (Virtual Asset Service Providers) à collecter et transmettre les informations sur l’‘originateur et le bénéficiaire pour chaque transaction (SumSub, 2025). En pratique, un exchange qui envoie des fonds vers un autre exchange doit transmettre le nom, l’‘adresse et l’‘identifiant du compte de l’'expéditeur au prestataire destinataire.
Ce principe existait depuis longtemps dans la finance traditionnelle. Le GAFI l’‘a étendu aux actifs virtuels parce que les caractéristiques de la blockchain - pseudonymat, vitesse, réversibilité nulle - en faisaient un vecteur potentiel de blanchiment. L’‘enjeu n’‘est pas de surveiller chaque utilisateur, mais d’‘assurer que les prestataires réglementés disposent d’‘un fil conducteur en cas d’'investigation.
L’‘ironie du calendrier n’‘a pas échappé aux observateurs : quand le GAFI a imposé la Travel Rule aux VASP en 2019, l’‘écosystème crypto ne comptait quasiment pas d’‘acteurs conformes. C’'est précisément cet état de fait qui a justifié la pression réglementaire accrue des années suivantes.
Dans combien de pays la Travel Rule crypto est-elle appliquée en 2026 ?
Plus de 50 juridictions ont adopté une législation Travel Rule pour les actifs virtuels d’‘ici 2026 (InnReg, 2026). Parmi les principales : l’‘Union européenne (depuis décembre 2024), le Royaume-Uni, Singapour et les Etats-Unis. L’'UE a mis en vigueur le Transfer of Funds Regulation (TFR) le 30 décembre 2024, couvrant tous les transferts de cryptoactifs entre VASP (VoveID, 2024).
Le seuil de déclenchement varie selon les juridictions. L’‘UE applique la Travel Rule à partir de 0 euro pour les transferts entre VASP réglementés (pas de minimum), ce qui est l’‘une des approches les plus strictes au monde. D’'autres pays maintiennent un seuil de 1 000 dollars ou euros en dessous duquel les obligations sont allégées.
La convergence internationale est réelle mais imparfaite. La définition de “VASP” varie d’‘une juridiction à l’‘autre, les formats techniques d’'échange de données ne sont pas encore standardisés, et les délais de transmission acceptables diffèrent. Ces frictions créent des zones de non-conformité involontaire pour les acteurs opérant dans plusieurs pays simultanément.
Capsule citation (Travel Rule 2026) Plus de 50 juridictions ont adopté une législation Travel Rule crypto d’‘ici 2026, dont l’'Union européenne dont les règles de traçabilité des transferts sont en vigueur depuis le 30 décembre 2024. Le GAFI a renforcé ses directives sur la transparence des paiements le 18 juin 2025 (InnReg, 2026 ; VoveID, 2025).
Pourquoi les wallets non-custodials posent-ils un problème pour la Travel Rule ?
C’‘est la grande question non résolue. La Travel Rule suppose qu’‘un VASP envoie des fonds à un autre VASP : dans ce cas, les deux parties sont des entités réglementées capables d’‘échanger des informations. Mais que se passe-t-il quand un exchange envoie des fonds vers un wallet non-custodial (MetaMask, Ledger, un simple portefeuille auto-géré) ? Il n’'y a pas de VASP destinataire, donc pas de contrepartie pour recevoir les informations de conformité (Hacken, 2025).
Le GAFI travaille sur des orientations spécifiques pour les “Unhosted Wallets”. Les approches envisagées incluent l’‘obligation de vérification de la propriété du wallet (le VASP doit s’‘assurer que son client contrôle bien l’‘adresse destinataire) et l’‘application de seuils inférieurs pour les transferts vers des wallets non-custodials. L’'UE a intégré des exigences de vérification de propriété dans son TFR.
Les wallets non-custodials représentent un angle mort structurel de la Travel Rule. Dans une architecture DeFi pure, sans aucun intermédiaire réglementé, il n’‘existe aucun point de contrôle pour appliquer la règle. Le GAFI peut réguler les on-ramps et off-ramps (exchanges centralisés), mais la partie “pure DeFi” de l’‘écosystème reste hors de portée, sauf à interdire les smart contracts eux-mêmes, ce qu’‘aucune juridiction n’'a fait.
Qu’'est-ce que le GAFI et comment fonctionne-t-il ?
Le Groupe d’'action financière compte 39 membres (37 pays et territoires, plus la Commission européenne et le Conseil de coopération du Golfe). Créé lors du sommet du G7 en 1989, il était initialement dédié à la lutte contre le blanchiment de capitaux. Son mandat a été étendu en 2001 au financement du terrorisme. La plénière, organe de décision, se réunit trois fois par an.
Le GAFI ne légifère pas. Il émet des recommandations et évalue leur mise en oeuvre dans chaque pays membre. Cette évaluation débouche sur des listes : la liste grise (juridictions sous surveillance renforcée) et la liste noire (juridictions non coopératives). Figurer sur la liste noire a des conséquences économiques concrètes : accès plus difficile aux marchés internationaux de capitaux, renchérissement des transactions bancaires correspondantes.
Capsule citation (GAFI mécanisme) Le GAFI émet des recommandations et évalue leur mise en oeuvre dans 39 membres. Les pays qui ne respectent pas ses standards peuvent figurer sur sa liste grise ou noire, avec des conséquences directes sur leurs relations bancaires et commerciales internationales. Les cryptomonnaies sont dans son viseur depuis juin 2019 (SumSub, 2025).
Quel rôle a joué la présidence allemande du GAFI ?
Le Dr Marcus Pleyer (directeur général adjoint au ministère fédéral des Finances allemand, BaFin) a présidé le GAFI de juin 2020 à juin 2022 pour un mandat de deux ans (CryptoNews.net, 2024). Il a succédé au Chinois Xiangmin Liu pour la première présidence allemande de l’'organisation. Un autre cycle de rotation a suivi depuis, la présidence changeant régulièrement de pays membre.
Pleyer avait affiché une position nuancée : “blockchain oui, crypto à surveiller étroitement”. Sous sa présidence, le GAFI a maintenu la pression sur les VASP tout en reconnaissant les progrès dans le développement de solutions techniques pour la Travel Rule. L’'Allemagne est connue pour une approche crypto plus ouverte que beaucoup de ses partenaires européens, ayant reconnu Bitcoin comme “unité de compte privée” dès 2013.
La présidence du GAFI n’‘a pas le pouvoir de modifier unilatéralement la politique crypto de l’‘organisation. Les recommandations sont adoptées par consensus de la plénière. Ce que le président peut faire, c’‘est orienter l’‘agenda de travail et fixer les priorités des groupes de travail thématiques, ce que Pleyer a effectivement fait en faveur d’'une approche plus pragmatique.
Questions fréquentes
Qu’'oblige exactement la Travel Rule pour un exchange crypto ?
La Travel Rule, fondée sur la Recommandation 16 du GAFI, oblige un exchange (VASP) qui envoie des fonds vers un autre exchange à transmettre les informations de l’‘expéditeur et du bénéficiaire : nom complet, adresse physique ou identifiant de compte, et informations sur l’‘institution d’‘origine (SumSub, 2025). En Europe, cette obligation s’'applique à tous les transferts depuis le 30 décembre 2024, sans seuil minimum.
Un wallet Ledger ou MetaMask est-il concerné par la Travel Rule ?
Pas directement. La Travel Rule s’‘impose aux prestataires réglementés (VASP), pas aux utilisateurs individuels. Mais si vous transférez des fonds depuis un exchange réglementé vers votre wallet Ledger, l’'exchange doit appliquer une procédure de vérification de propriété du wallet destinataire selon les règles de plusieurs juridictions. Le GAFI développe des orientations spécifiques sur les “Unhosted Wallets” pour clarifier ces cas (Hacken, 2025).
Qu’'arrive-t-il à un pays qui ne respecte pas les recommandations du GAFI ?
Un pays non conforme peut être placé sur la liste grise (surveillance renforcée) ou la liste noire (pays à risques élevés). Ces classements ont des conséquences économiques tangibles : les banques correspondantes internationales appliquent des due diligences renforcées, ce qui ralentit et renchérit les transactions. Pour les pays les plus dépendants des flux financiers internationaux, ces sanctions sont un puissant levier de mise en conformité (SumSub, 2025).
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash