En janvier 2021, le Bitcoin se négociait autour de 35 000 dollars quand UBS Global Wealth Management publiait un avertissement à ses clients : le prix d’une cryptomonnaie pourrait atteindre zéro si une version mieux conçue la remplaçait ou si la réglementation l’étouffait. Cinq ans plus tard, cette prédiction est devenue une étude de cas sur les biais institutionnels face aux actifs nouveaux.

En bref

  • En janvier 2021, UBS comparait Bitcoin à Netscape et Myspace pour prédire son déclin
  • L’argument principal portait sur le risque réglementaire et l’obsolescence technologique
  • Bitcoin valait environ 35 000 dollars à la date de l’avertissement
  • En 2024, BlackRock et Fidelity lançaient des ETF Bitcoin approuvés par la SEC américaine
  • L’épisode illustre la difficulté pour les gestionnaires d’actifs traditionnels d’évaluer les actifs à réseau croissant

[IMAGE: Graphique comparatif entre prédictions institutionnelles négatives sur Bitcoin et son prix effectif sur la période 2021-2026 - search terms: Bitcoin price prediction institutional forecast chart]

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Comparaison schématique entre le scénario de déclin prédit par UBS en janvier 2021 et la trajectoire réelle du prix du Bitcoin, qui a atteint de nouveaux sommets historiques en 2024.

Que disait exactement UBS dans cet avertissement de janvier 2021 ?

UBS Global Wealth Management a publié en janvier 2021 un avertissement à ses clients sur les risques des cryptomonnaies, relayé par Bloomberg. L’argument central était le suivant : il n’y a “pas grand-chose pour empêcher le prix d’une cryptomonnaie d’atteindre zéro lorsqu’une version mieux conçue est lancée ou si les changements réglementaires en étouffent le marché”.

La banque comparait Bitcoin à Netscape et Myspace, des plateformes populaires qui ont fini par disparaître quand de meilleures alternatives sont arrivées. Elle citait aussi le risque réglementaire comme frein potentiel au développement du marché.

La seule recommandation concrète d’UBS était que les investisseurs “limitent la taille de leurs investissements à un montant qu’ils peuvent se permettre de perdre”. Ce conseil de prudence reste valide. Les arguments utilisés pour le justifier, moins.

[INTERNAL-LINK: Bitcoin et régulation → article sur l’évolution du cadre réglementaire crypto]

Pourquoi la comparaison avec Netscape et Myspace était-elle incorrecte ?

L’analogie avec Netscape ou Myspace repose sur une erreur de catégorie. Ces plateformes ont disparu parce qu’elles étaient des services, remplaçables par des services concurrents meilleurs. Bitcoin n’est pas un service. C’est un protocole réseau dont la valeur croît avec le nombre de participants, selon la loi de Metcalfe.

[UNIQUE INSIGHT] Quand une nouvelle application de réseau arrive (Netscape, Myspace, Facebook), le réseau qui accumule suffisamment d’utilisateurs peut dominer durablement. Bitcoin a atteint un seuil de réseau qui rend ce type de déplacement structurellement difficile. L’or à 5 000 ans d’existence sans avoir été “remplacé” par un métal concurrent mieux conçu. La rareté et le réseau d’adoption sont des fossés défensifs que l’analogie technologique ne capture pas.

La comparaison aurait été pertinente pour des cryptomonnaies à fonctionnalités remplaçables. Elle l’est beaucoup moins pour l’actif qui joue le rôle de réserve de valeur numérique.

Comment l’argument réglementaire a-t-il évolué depuis 2021 ?

UBS pointait la réglementation comme risque d’extinction. En 2024, la SEC américaine approuvait les ETF Bitcoin spot de BlackRock, Fidelity et dix autres gestionnaires d’actifs. Ce n’est pas l’image d’une réglementation hostile.

[ORIGINAL DATA] Le lancement des ETF Bitcoin spot aux États-Unis en janvier 2024 a généré plus de 10 milliards de dollars d’entrées nettes en moins de deux mois, selon les données de BlackRock et Bloomberg. C’est l’un des lancements d’ETF les plus rapides de l’histoire des marchés financiers américains.

La réglementation a effectivement posé des problèmes à certaines cryptomonnaies, notamment Ripple (XRP) et d’autres tokens considérés comme des titres financiers non enregistrés. Bitcoin et Ethereum ont été explicitement distingués de cette catégorie par les régulateurs américains.

Qu’est-ce que cet épisode révèle sur les biais institutionnels face à Bitcoin ?

[PERSONAL EXPERIENCE] L’avertissement d’UBS de 2021 est représentatif d’un biais fréquent dans la gestion d’actifs traditionnelle. Quand un actif ne rentre pas dans les catégories existantes, actions, obligations, matières premières, la première réaction est souvent de le traiter comme un risque plutôt que comme une classe d’actifs à modéliser.

Les gestionnaires d’actifs sont également incités institutionnellement à éviter les actifs volatils et peu régulés. Ce n’est pas nécessairement une erreur de leur point de vue : leur clientèle fortune privée est différente d’un investisseur crypto retail. L’avertissement avait une logique commerciale de protection que la forme alarmiste du message masquait.

Ce qui est plus discutable, c’est l’argumentation utilisée. Comparer Bitcoin à un réseau social défunt révèle une compréhension superficielle de l’actif analysé.

Citation capsule (Bloomberg, 2021): En janvier 2021, UBS Global Wealth Management avertissait ses clients que “le prix d’une cryptomonnaie peut atteindre zéro” en invoquant le risque réglementaire et l’obsolescence technologique. Trois ans plus tard, la SEC approuvait les ETF Bitcoin spot, et BlackRock devenait l’un des plus grands détenteurs institutionnels de BTC.

[INTERNAL-LINK: ETF Bitcoin 2024 → article sur le lancement des ETF spot et l’adoption institutionnelle]

Questions fréquentes

D’autres grandes banques avaient-elles des positions similaires en 2021 ?

Oui. JPMorgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley avaient tous publié des analyses sceptiques sur Bitcoin entre 2017 et 2021. La plupart ont depuis révisé leurs positions. Jamie Dimon de JPMorgan, qui avait qualifié Bitcoin de “fraude” en 2017, gérait via JPMorgan l’accès à des ETF Bitcoin pour certains clients fortunés dès 2023.

UBS a-t-il changé de position sur Bitcoin depuis 2021 ?

Les grandes banques de gestion de fortune ont progressivement modéré leurs positions critiques à mesure que la réglementation s’est clarifiée et que l’adoption institutionnelle a progressé. UBS, comme ses concurrents, a développé des offres d’accès aux actifs numériques pour ses clients depuis 2022-2023. Les archives des positions publiques restent accessibles, ce qui rend les retournements particulièrement visibles.

L’argument de l’obsolescence technologique est-il toujours valable en 2026 ?

Il reste théoriquement valide mais s’affaiblit avec le temps. Bitcoin n’est pas conçu pour être techniquement optimal sur tous les paramètres. Il est conçu pour être simple, sécurisé et résistant à la censure. Ces propriétés reposent sur 15 ans de sécurité prouvée, une décentralisation maximale et un réseau de détenteurs qui dépasse les 100 millions de personnes selon les estimations de Chainalysis. Remplacer un réseau aussi enraciné par un concurrent “mieux conçu” est un défi d’adoption, pas uniquement un défi technique.

Sources

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