En juin 2020, selon les données d’Outlier Ventures, Ethereum reste largement en tête des blockchains à smart contracts, loin devant EOS. Mais des projets comme Cardano ou Polkadot semblent sortir du lot.
Ethereum grand gagnant
Dans son rapport publié en juin 2020, la société de capital-risque Outlier Ventures a analysé l’ensemble des protocoles de smart contract sur l’année écoulée. Le but : comparer leur activité en termes de développement et d’utilisateurs.
Sans surprise, la première place revient à la blockchain mère Ethereum qui a été spécifiquement conçue pour leur exécution. Le rapport lui attribue 78,9 % des smart contracts créés et 32 000 utilisateurs quotidiens de ses Dapps (applications décentralisées). Une domination implacable face à EOS, deuxième du classement : la blockchain de Dan Larimer ne pèse alors que 9 % des smart contracts hébergés, avec une base non négligeable de 15 000 utilisateurs.
Sur la durée de vie des deux réseaux, Outlier Ventures créditait mi-2020 l’écosystème Ethereum de près de 2 900 dApps et 4 500 smart contracts, contre 325 dApps et 515 contrats pour EOS. Une situation dissymétrique qui ne s’est jamais inversée : la fuite des développeurs d’EOS (-86 %), entamée en 2019, a bien débouché sur une crise durable, et le supposé « Ethereum killer » est sorti du top 10 des capitalisations dès 2021. Le réseau s’est finalement rebaptisé Vaulta en mai 2025, avec un échange de jeton 1:1 et un virage assumé vers les services bancaires Web3 ; sa capitalisation reste aujourd’hui très loin du top 100.
Six ans plus tard, la domination d’Ethereum sur la finance décentralisée tient toujours : selon DefiLlama, il concentrait environ 41 milliards de dollars de valeur bloquée le 10 août 2026, soit près de 55 % du total, ses rollups comme Base ou Arbitrum captant une part croissante de l’activité.
Des outsiders discrets mais bien présents
Si des projets tapageurs souffrent, d’autres plus discrets progressent. C’est le cas, mi-2020, de Cosmos qui connaît une hausse de 15 % de son activité de développement. Mieux encore, Polkadot, un projet à la notoriété moindre, affiche un bond de 44 %, faisant progresser le nombre de ses développeurs de 80 à 111. Mené par Gavin Wood, le cofondateur d’Ethereum, le projet en gestation depuis 2016 veut résoudre l’interopérabilité entre blockchains et vient de déployer son mainnet ; il compte aujourd’hui une cinquantaine de parachains et prépare sa refonte technique baptisée JAM. Theta (THETA) et Cardano (Ada) confirment aussi leur bonne santé, équipes de développement et utilisateurs actifs en hausse ; Theta a depuis réorienté son offre vers le calcul GPU et l’IA décentralisée avec EdgeCloud.
Le leader charismatique de Cardano, Charles Hoskinson, est aussi un ancien d’Ethereum. Un avantage a priori pour venir titiller le géant des smart contracts. Dans son ambition de construire un réseau mondial permettant à chacun, particulier, entreprise ou gouvernement, d’exécuter des applications financières, le projet avance lentement mais sûrement. La mise à niveau clé de son réseau nommée « Shelley » sera activée le 29 juillet 2020, mais il faudra attendre le hard fork Alonzo, en septembre 2021, pour que Cardano exécute ses premiers smart contracts. Un décalage qui aura laissé à Ethereum le temps d’asseoir sa position sur les stablecoins (Tether et USDC), les plateformes de prêt et les échanges décentralisés.
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