Polymarket aurait payé des créateurs de contenu pour diffuser des vidéos de gains fictifs sur des simulateurs imitant sa propre interface, selon une enquête publiée le 21 juin 2026. La campagne ciblait explicitement les utilisateurs américains, alors que la plateforme leur est interdite depuis sa condamnation par la CFTC en 2022.
Au programme
- Des créateurs rémunérés publiaient des gains simulés jamais réalisés, soumis à l’approbation de Polymarket avant diffusion
- La société Virality aurait coordonné les partenariats, dont un accord à plusieurs millions de dollars avec le streamer Adin Ross
- L’affaire s’accumule à d’autres dossiers : enquête coréenne pour jeux illégaux et inculpation d’un soldat américain pour délit d’initié à 400 000 $
Comment fonctionnaient les vidéos falsifiées ?
Les créateurs utilisaient des sites miroirs reproduisant l’interface de Polymarket pour filmer des séquences de paris et de gains. Ces gains n’avaient jamais eu lieu sur la vraie plateforme. Certaines vidéos étaient soumises à l’approbation de Polymarket avant publication, ce qui indique une supervision directe du contenu trompeur.
La mécanique repose sur un principe simple : des interfaces quasi-identiques à l’original, des chiffres suffisamment spectaculaires pour inciter au clic, diffusés à grande échelle sur les réseaux sociaux. Le dispositif s’apparente à une publicité déguisée pour un service officiellement inaccessible au public visé.
Virality et Adin Ross : quelle ampleur financière ?
Polymarket aurait confié la coordination de ces campagnes à une société nommée Virality, chargée de structurer les partenariats avec les créateurs impliqués. Le streamer Adin Ross illustre l’échelle des sommes mobilisées : son partenariat avec Polymarket représenterait plusieurs millions de dollars.
Suivi par des dizaines de millions d’abonnés principalement aux États-Unis, Adin Ross constitue un vecteur d’acquisition directe vers un public américain. C’est précisément ce marché que Polymarket doit exclure depuis sa condamnation à 1,4 million de dollars par la CFTC.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Coordinateur | Virality (société marketing) |
| Influenceur principal | Adin Ross (valeur : plusieurs M$) |
| Méthode | Sites miroirs + gains simulés filmés |
| Marché ciblé | Résidents américains (accès interdit) |
| Supervision | Certaines vidéos approuvées par Polymarket avant publication |
Pourquoi viser les Américains malgré l’interdiction ?
La CFTC a sanctionné Polymarket en 2022 et exige l’exclusion des résidents américains. L’enquête contredit directement cet engagement : les campagnes menées via Virality ciblaient explicitement ce marché. Il s’agirait d’un contournement délibéré des engagements pris auprès du régulateur.
Cette révélation s’inscrit dans une accumulation de dossiers. La Corée du Sud a ouvert une enquête pour jeux illégaux début 2026. Un soldat américain a été inculpé pour délit d’initié à 400 000 dollars sur ses marchés de prédiction. Contrairement aux exchanges traditionnels, les marchés de prédiction restent sans cadre juridique clair aux États-Unis, ce qui complique une réponse réglementaire rapide.
Notre regard L’affaire illustre une tension structurelle : l’interdiction formelle d’un marché n’empêche pas d’y recruter des utilisateurs via des intermédiaires. Si la CFTC ouvre une procédure sur la base de ce rapport, Polymarket risque bien plus qu’une amende symbolique. La supervision directe de contenus trompeurs transforme l’argument de la “méconnaissance” en défense intenable.
Questions fréquentes
Pourquoi Polymarket est-il interdit aux Américains ?
La CFTC a condamné Polymarket en 2022 à 1,4 million de dollars pour avoir proposé des contrats d’événements non enregistrés. Depuis, la plateforme doit bloquer l’accès aux résidents américains. Elle tente par ailleurs d’obtenir un agrément pour revenir légalement sur ce marché.
Qu’est-ce qu’un site miroir de simulateur dans ce contexte ?
Un site miroir reproduit l’interface visuelle de Polymarket sans être la vraie plateforme. Les créateurs y filmaient des transactions et des gains entièrement fictifs, présentés comme réels pour inciter leur audience à rejoindre le service via des liens d’affiliation.
Quelles sanctions Polymarket risque-t-il maintenant ?
La CFTC peut rouvrir une procédure pour violation des engagements de 2022. Des poursuites au titre du droit de la consommation ou des réglementations anti-fraude sont également possibles, indépendamment du régime applicable aux produits dérivés crypto.
À retenir
Polymarket aurait orchestré une campagne de vidéos falsifiées via des créateurs rémunérés pour recruter des utilisateurs américains malgré son interdiction d’opérer sur ce marché. La réaction de la CFTC constituera le prochain signal décisif à surveiller.
Sources
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