Au-delà de la spéculation sur les collections numériques, les NFT ont des applications industrielles concrètes. La startup française Ownest en a fourni une démonstration en 2021 : elle a convaincu Cdiscount, l’un des leaders français du e-commerce, d’utiliser des jetons non fongibles pour assurer la traçabilité de ses colis lourds. En 18 mois de test, plus de 100 000 envois avaient déjà été gérés via ce système (Capital, 2021).

En bref

  • Cdiscount et Ownest ont signé en 2021 un contrat de 3 ans couvrant 2,5 millions de colis de plus de 30 kg.
  • Chaque colis est associé à un “jeton de responsabilité” transféré entre acteurs logistiques à chaque changement de mains.
  • Le système reposait initialement sur Ethereum Classic, avec une migration prévue vers Polygon.
  • Ce cas prouve que les NFT peuvent supprimer les litiges dans les chaînes logistiques complexes.
  • Ownest n’émet aucune cryptomonnaie propre : le système est conçu pour fonctionner, pas pour spéculer.

[INTERNAL-LINK: cas d’usage industriels de la blockchain → article pilier sur la blockchain en entreprise]

Flux du jeton NFT de responsabilité – Ownest x Cdiscount Expéditeur Transporteur Entrepôt Destinataire Chaque transfert = validation blockchain du jeton NFT de responsabilité Réseau : Ethereum Classic (2021) – migration Polygon prévue
Schéma du transfert du jeton NFT de responsabilité entre chaque acteur logistique dans le dispositif Ownest x Cdiscount.

Comment Cdiscount a utilisé les NFT pour tracer ses colis ?

En 2021, le géant du e-commerce Cdiscount a officialisé son partenariat avec la startup française Ownest pour tracer ses colis lourds via des NFT. Après 18 mois de test portant sur plus de 100 000 envois, les deux entreprises ont signé un contrat de 3 ans couvrant 2,5 millions de colis supérieurs à 30 kg (Capital, 2021). Le principe repose sur un “jeton de responsabilité” transféré à chaque changement de mains dans la chaîne logistique.

[ORIGINAL DATA] Le dispositif Ownest n’est pas une simple expérimentation marketing. La période de test de 18 mois précédant le contrat avec Cdiscount constitue l’un des déploiements industriels de NFT les plus documentés en France. Chaque transfert du jeton entre acteurs logistiques inscrit une trace immuable sur la blockchain, rendant quasiment impossible toute contestation de responsabilité en cas de litige.

James Rebours, responsable chaîne logistique de Cdiscount, résumait ainsi l’objectif : “Nous avons la certitude d’utiliser le meilleur outil pour améliorer le lead time, la satisfaction client et diminuer les réclamations sur le réseau.” Une phrase sobre qui illustre la vraie valeur des NFT dans ce contexte, à savoir la suppression des frictions administratives dans les transferts de responsabilité.

Pourquoi les NFT sont-ils adaptés à la logistique ?

Un NFT est, par définition, unique et non duplicable. Associé à un colis physique, il devient un certificat de responsabilité infalsifiable. À chaque étape de la livraison, l’acteur qui prend en charge le colis valide le jeton sur la blockchain. Si un colis est perdu ou endommagé, la chaîne de responsabilité est traçable à la milliseconde près.

Ce que la technologie apporte ici que les systèmes traditionnels de tracking ne peuvent pas garantir, c’est l’immuabilité. Un système centralisé peut être modifié ou contesté. Une inscription blockchain ne peut pas l’être. C’est cette propriété technique qui justifie le choix de la blockchain pour ce cas d’usage, et non une quelconque tendance.

[INTERNAL-LINK: différence NFT et systèmes de tracking classiques → article sur les cas d’usage blockchain en supply chain]

Ownest et le choix de Polygon : pourquoi migrer depuis Ethereum Classic ?

La solution Ownest fonctionnait depuis 2017 sur Ethereum Classic (ETC). La migration annoncée vers Polygon (MATIC) répondait à une logique pragmatique. Les frais de transaction sur Ethereum Classic, bien qu’inférieurs à ceux d’Ethereum principal, restaient incompatibles avec un déploiement à grande échelle sur des millions de colis.

Polygon offrait à l’époque des frais quasi nuls pour ce type de transaction, tout en héritant de la sécurité du réseau Ethereum via ses mécanismes de validation. Pour un acteur industriel comme Cdiscount, la robustesse du réseau et la prévisibilité des coûts sont des critères décisifs. La spéculation sur la valeur de la cryptomonnaie MATIC était, dans ce contexte, totalement hors sujet.

Clément Bergé-Lefranc, CEO d’Ownest, l’expliquait clairement : “À chaque fois qu’un produit physique est transféré sur les réseaux logistiques, les acteurs vont se transférer le token de responsabilité. Ownest crée un cercle vertueux de confiance et élimine les erreurs sur l’ensemble du réseau logistique.”

[CHART: Diagramme flux - Étapes du transfert de responsabilité NFT dans la chaîne logistique Ownest - Source Ownest/Capital 2021]

Questions fréquentes

Ownest a-t-il lancé une cryptomonnaie ?

Non. Ownest n’a délibérément pas émis de token natif. Selon son CEO Clément Bergé-Lefranc, ce serait “une surcouche inutile de complexité pour l’application.” La solution utilise la blockchain uniquement comme registre de traçabilité, sans logique spéculative. C’est précisément ce qui la distingue de la majorité des projets NFT de l’époque.

Combien de colis le dispositif Ownest-Cdiscount devait-il couvrir ?

Le contrat de 3 ans signé en 2021 prévoyait la gestion de 2,5 millions de colis supérieurs à 30 kg. Cette cible représente un déploiement industriel significatif, bien au-delà d’un simple pilote. Les colis lourds sont particulièrement concernés par les litiges de responsabilité, ce qui justifie l’investissement dans ce type de traçabilité renforcée (Capital, 2021).

Les NFT ont-ils d’autres applications logistiques concrètes ?

Oui. Au-delà de Cdiscount, des acteurs comme Carrefour (filière porcine), LVMH (authenticité des produits de luxe via Aura Blockchain) et plusieurs ports européens expérimentent la traçabilité blockchain. Le World Economic Forum identifiait en 2022 la traçabilité des chaînes d’approvisionnement comme l’un des cas d’usage les plus matures de la technologie blockchain (WEF, 2022).

Sources

Nous ajouter à vos sources préférées sur Google