L’expression BaaS correspond à « Blockchain as a Service ». Fin 2018, on la retrouvait de plus en plus régulièrement dans les médias, et les plus grosses firmes mondiales comme IBM, Google, Amazon ou Baidu se positionnaient sur ce marché. Huit ans plus tard, une partie de ces offres a été fermée et le reste a changé de nature.
Mais, la BaaS c’est quoi en fait ?
La BaaS ou Blockchain en tant que Service (Blockchain as a Service) est un type de service Cloud permettant aux utilisateurs de créer, d’héberger et d’utiliser leurs propres applications, contrats intelligents (smart contracts) et fonctions de Blockchain.
Citation : Le Big Data
En d’autres termes, la BaaS est un service offert par une firme qui dispose de ressources compétentes à une autre entreprise qui veut diversifier ses produits ou son offre en utilisant la technologie blockchain.
Les clients des services BaaS peuvent donc utiliser les chaînes de blocs sans infrastructure ni connaissance préalable. En 2018, alors que les offres d’emploi augmentaient fortement, les spécialistes blockchain restaient rares : louer l’expertise revenait moins cher que la recruter.
De nombreuses entreprises ne disposaient pas de main-d’oeuvre interne. Elles se tournaient donc vers ces multinationales (Google, Amazon and co) qui utilisaient leur renommée pour attirer ces clients.
Les corporations les plus puissantes avaient donc flairé une demande professionnelle en forte croissance. Restait à vérifier que cette demande existait vraiment : c’est précisément ce qui a manqué par la suite.
Quels acteurs ont investi le marché ?
Microsoft a été un pionnier, avec une offre lancée dès novembre 2015 sur son service Cloud Azure. La multinationale créée par Bill Gates proposait, par exemple, de créer des applications décentralisées (DApp) sur une infrastructure et un réseau préétablis.
Des poids lourds du marché utilisaient les services de « blockchain workbench » proposé par Microsoft.
» Idéal pour du développement ou de l’exploration … La possibilité de créer des applications en quelques jours, plutôt qu’en plusieurs mois… Connectez votre blockchain à votre entreprise «

L’argumentaire n’a pas suffi : Microsoft a fermé Azure Blockchain Service le 10 septembre 2021, puis Blockchain Workbench le 31 octobre 2022, en renvoyant ses clients vers Quorum Blockchain Service de ConsenSys.
IBM a rapidement rejoint la danse en 2016. La multinationale utilise l’HyperLedger Fabric et s’adressait en priorité aux firmes qui réalisent un nombre très élevé de transactions.
La société capitalisait sur le fait d’être l’un des « early movers« , c’est-à-dire dans les premiers à utiliser une nouvelle technologie.

Le genre de brochure disponible sur le site d’IBM
Le bilan est contrasté. TradeLens, la plateforme de fret maritime lancée avec Maersk, a été arrêtée début 2023 faute d’adoption suffisante par le secteur. IBM Food Trust, en revanche, existe toujours et compte Nestlé parmi ses membres fondateurs depuis 2017.
D’autres multinationales joignent le mouvement plus récemment
En effet, plus récemment, ce sont Google, Amazon ou Baidu qui se sont lancés sur ce marché.
Google a annoncé en juillet 2018 des partenariats avec Digital Asset et BlockApps pour proposer une offre de Blockchain as a Service sur Google Cloud Platform. Ces briques ont fait long feu : le groupe a finalement lancé son propre Blockchain Node Engine en octobre 2022, limité à l’hébergement de noeuds Ethereum.

Amazon avait dévoilé Managed Blockchain quelques semaines avant cet article, fin novembre 2018, pour une disponibilité générale en avril 2019. C’est le survivant du lot : le service existe toujours, mais recentré sur l’accès aux chaînes publiques (Ethereum, Bitcoin, Polygon) plutôt que sur les réseaux privés d’entreprise.
Baidu, le géant asiatique, était également de la partie. Le leader des moteurs de recherche chinois a développé en interne Xuperchain, ouvert au public début 2020, à l’image d’Ant Chain côté Alibaba.

Oracle, autre acteur de cette vague, maintient encore sa Blockchain Platform, mise à jour vers Hyperledger Fabric 3.1 fin 2025. Mais l’essentiel de la promesse de 2018, faire migrer les processus internes des entreprises vers des chaînes privées, ne s’est pas matérialisé.
Fin 2018, l’article se concluait sur des prix au plus bas pour le Bitcoin et une technologie qui s’installait dans le quotidien, sur le smartphone comme en entreprise. Le marché a tranché autrement : la blockchain d’entreprise sous forme de service cloud est restée marginale, et l’activité s’est déplacée vers les chaînes publiques et la tokenisation d’actifs.
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