Monero, la blockchain la plus populaire en matière de confidentialité, vient d’exécuter un nouvel hard fork ce samedi 13 août 2022. Cette mise à niveau majeure offre plusieurs fonctionnalités améliorant l’anonymat des transactions et la sécurité du réseau.
Monero se renforce en dépit d’un contexte hostile
Monero continue de tracer sa route avec un nouvel hard fork, en dépit d’un environnement très hostile dont l’actualité vient encore de témoigner avec l’épisode du mixeur Tornado Cash, qui brouille les pistes en mélangeant les ETH de ses utilisateurs : l’outil a subi les foudres des autorités américaines pour soupçon de blanchiment, avant l’arrestation d’un de ses développeurs.
Dans un tel contexte, le hard fork exécuté sur Monero ce samedi est plutôt ironique, d’autant que ce sont plus de 70 développeurs qui se sont attelés à la tâche.
La mise à niveau majeure, prévue depuis quatre mois, a apporté plusieurs correctifs au mécanisme interne de multi-signatures.
Multisig signifie qu’une transaction nécessite plusieurs signatures avant d’être soumise au réseau Monero. Au lieu d’un portefeuille créant, signant et soumettant seul ses transactions, tout un groupe de portefeuilles collabore.
De plus, la taille des signatures dites « en anneau » passe de 11 à 16 : chaque entrée est mêlée à quinze leurres au lieu de dix.
Autres modifications majeures
L’algorithme de preuve à connaissance nulle qui masque les montants des transactions a également été renforcé : Bulletproofs+ réduit encore leur taille tout en augmentant leur rapidité, pour un gain de performance de l’ordre de 5 à 7 %.
Autre changement notable : l’ajout des view tags, de courtes balises attachées aux sorties. Elles épargnent au portefeuille un calcul coûteux sur chaque transaction de la chaîne et accélèrent la synchronisation de 30 à 40 %.
Le hard fork revoit également le calcul des frais pour juguler leur volatilité, afin de mieux rémunérer les mineurs et de renforcer la résilience du réseau face aux acteurs malveillants.
Cette mise à jour majeure fait passer le protocole aux versions 15 et 16. En août 2022, le XMR pointait à la trentième place avec une capitalisation de près de 3 milliards de dollars, alors que nombre de plateformes centralisées l’avaient déjà banni.
Les bannissements se sont accélérés ensuite : OKX début janvier 2024, Binance le 20 février 2024, puis Kraken dans tout l’Espace économique européen le 31 octobre 2024, sous la pression du règlement MiCA, qui interdit l’admission d’actifs dotés de fonctions d’anonymisation natives. Le XMR n’en a pas moins progressé : début août 2026, il s’échange autour de 390 dollars, pour une capitalisation d’environ 7,4 milliards et une place dans le top 20.
Juste avant le hard fork, un autre événement est intervenu dans l’écosystème Monero. Son plus grand pool minier, MINEXMR, a fermé ses portes après avoir capturé jusqu’à 44 à 48 % de la puissance de calcul (hashrate), un taux le rapprochant d’une possible attaque des 51 %. Ses opérateurs ont invité les mineurs à rejoindre P2Pool, décentralisé. La crainte s’est matérialisée en août 2025 : le projet Qubic a revendiqué la majorité du hashrate et provoqué une réorganisation de six blocs, sans double dépense documentée. Quant à la refonte suivante, les Full-Chain Membership Proofs (FCMP++), qui remplaceraient les anneaux par une preuve portant sur toutes les sorties de la chaîne, elle a connu un premier testnet public en octobre 2025 et un second en mai 2026, sans être encore activée sur le réseau principal.
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