Le crash du 10 octobre 2025 a exposé un gouffre de données sur les liquidations crypto. Le Solana Research Institute (SRI) revendique 18 milliards de dollars liquidés en 14 heures, dont 3,21 milliards en une seule minute. Amberdata, qui a analysé six exchanges, ne recense que 9,89 milliards sur la même période. Un écart de 8 milliards qui fragilise la fiabilité des données de marché et complique le travail des régulateurs.
Le crash du 10 octobre 2025 a mis en lumière une faille majeure : les données de liquidations ne sont pas standardisées. SRI annonce 18 milliards, Amberdata 9,89 milliards, et l’ESMA cite des estimations proches de 19 milliards pour la journée entière. Ces écarts s’expliquent par des périmètres différents : 14 heures pour SRI, six exchanges pour Amberdata, une journée complète pour l’ESMA. Le débat réglementaire sur la transparence des marchés crypto se retrouve fragilisé par l’absence de données comparables.
Pourquoi les chiffres de liquidations divergent-ils de 8 milliards ?
La divergence vient d’abord du périmètre d’analyse. SRI a utilisé un agrégat non documenté, tandis qu’Amberdata s’est limité à six exchanges sur 14 heures. L’ESMA évoque 19 milliards sur la journée, ce qui inclut des venues supplémentaires. Chaque mesure répond à une question différente : pic minute, échantillon multi-plateformes, estimation journalière. Les comparer revient à additionner des réalités distinctes.
Le mécanisme d’auto-deleveraging (ADL) complique encore le tableau. Les liquidations crypto classiques ferment les positions perdantes. L’ADL réduit les positions des traders profitables pour préserver la solvabilité de la plateforme. Les régulateurs n’ont pas de registre commun pour distinguer ces mécanismes d’une panne ou d’un retard d’oracle. Le flash crash d’octobre illustre cette confusion : 3,21 milliards liquidés en une minute, un chiffre que ni SRI ni Amberdata ne peuvent réconcilier.
Le problème dépasse le simple désaccord méthodologique. Sans standard de reporting, les investisseurs ne peuvent pas évaluer le risque réel d’une plateforme. Un trader qui consulte deux sources obtient deux réponses différentes à la même question. Cette opacité nourrit la défiance et retarde l’adoption institutionnelle.
Quel rôle a joué Binance dans l’amplification des ventes forcées ?
Binance a reconnu des défaillances de modules après 21h18 UTC (23h18 à Paris). Les prix locaux de certains collatéraux comme USDe ou BNSOL se sont décorrélés après 21h36 UTC. L’ESMA a identifié que les prix internes de Binance ont amplifié les ventes forcées. L’exchange a versé 283 millions de dollars de compensation en deux lots pour les utilisateurs liquidés à cause de ces dépegs.
Le postmortem de Binance ne fournit aucun total ADL spécifique à l’événement. Cette absence empêche de classer l’ADL centralisé comme cause dominante du krach. Le régulateur européen note qu’aucune contagion n’a touché les marchés traditionnels, mais que la conception des venues a servi d’amplificateur. Les liquidations de 657 M$ observées plus tard dans l’année montrent que le problème persiste.
Cette situation illustre l’asymétrie d’information entre les plateformes et leurs utilisateurs. Binance a pu identifier les dépegs et indemniser les victimes, mais aucun standard ne l’oblige à publier l’intégralité de ses données ADL. Les traders restent dépendants de la bonne volonté des exchanges pour comprendre ce qui s’est réellement passé.
Comment la finance on-chain a-t-elle résisté à la tempête ?
Hyperliquid a enregistré un ADL massif de 2,10 milliards de dollars réparti sur 34 983 exécutions individuelles en 12 minutes. Cette transparence on-chain contraste avec l’opacité des exchanges centralisés. Aave a liquidé 180 millions de prêts, avec 500 000 dollars de créances irrécouvrables. La transparence n’a pas éliminé le risque, mais l’a rendu mesurable.
Les données publiques ont permis de reconstruire les mécanismes de stress. Les venues décentralisées exposent leurs moteurs de risque, leurs dénominateurs et leurs pertes. Les exchanges centralisés, eux, publient des postmortems partiels. Cette asymétrie informationnelle nourrit le débat réglementaire sur la nécessité de registres comparables.
Le contraste est saisissant. Sur Hyperliquid, chaque liquidation est visible en temps réel, horodatée et vérifiable. Sur Binance, les données agrégées sont publiées après coup, sans granularité. Les régulateurs européens poussent désormais pour harmoniser ces pratiques, mais les résistances restent fortes.
Lecture CryptoActu L’écart entre 18 et 9,89 milliards n’est pas une simple querelle de chiffres. Il révèle l’absence d’un standard de reporting des liquidations. Sans registre commun, les régulateurs ne peuvent ni mesurer le risque systémique ni comparer les venues. La transparence on-chain d’Hyperliquid et d’Aave devient une référence de fait.
La Thaïlande a récemment exonéré les plus-values crypto jusqu’en 2029, preuve que les juridictions avancent à des rythmes différents sur la régulation. Le contraste avec l’Europe, qui impose désormais DAC8, est saisissant. Le crash d’octobre a aussi montré des pertes individuelles extrêmes. Un trader a perdu 100 millions de dollars en une seule journée, effaçant tous ses gains du 10 octobre. Les liquidations de 113 M$ observées plus récemment paraissent modestes en comparaison.
À retenir
Le crash du 10 octobre 2025 a révélé un gouffre de données sur les liquidations : 18 milliards selon SRI, 9,89 milliards selon Amberdata, 19 milliards selon les estimations de l’ESMA. L’absence de standard de reporting empêche toute comparaison fiable entre venues. Les régulateurs européens, alertés par l’ESMA, pourraient imposer des registres normalisés. La prochaine étape sera de déterminer si les exchanges centralisés accepteront cette transparence accrue, ou si la finance on-chain deviendra la seule référence fiable.
Questions fréquentes
Pourquoi les chiffres de liquidations du crash d’octobre varient-ils autant ?
Les fournisseurs utilisent des périmètres différents : SRI agrège 14 heures de données non documentées, Amberdata se limite à six exchanges. L’ESMA couvre une journée entière, incluant des venues supplémentaires. Sans standard de reporting commun, chaque chiffre mesure une réalité distincte, d’où l’écart de 8 milliards.
L’auto-deleveraging est-il une forme de liquidation ?
Non. Une liquidation classique ferme les positions perdantes, tandis que l’ADL réduit les positions des traders profitables pour préserver la solvabilité de la plateforme. Hyperliquid a enregistré 2,10 milliards de dollars d’ADL en 12 minutes lors du crash, un mécanisme distinct des liquidations traditionnelles. Cette distinction est cruciale pour comprendre les flux réels du marché.
Pourquoi Binance a-t-il versé 283 millions de dollars de compensation ?
Des défaillances de modules après 21h18 UTC ont décorrélé les prix locaux de collatéraux comme USDe et BNSOL. Ces dépegs ont provoqué des liquidations injustifiées. Binance a reconnu le problème et versé 283 millions en deux lots pour indemniser les utilisateurs affectés, selon les données de l’ESMA. Consultez notre guide des liquidations crypto pour comprendre ces mécanismes en détail.
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