Tata Consultancy Services (TCS), l’un des leaders mondiaux de services technologiques, a lancé le 8 juillet 2020 une solution permettant aux banques et aux institutions financières d’offrir des services de trading crypto.
Le Quartz Smart Solution
TCS, alors deuxième capitalisation boursière indienne et filiale de Tata Group, conglomérat multinational dont le chiffre d’affaires cumulé approchait 113 milliards de dollars sur l’exercice 2018-2019, propose depuis mercredi le « Quartz Smart Solution for Crypto Services », une offre destinée aux professionnels pour fournir un service sécurisé et transparent de négoce de cryptomonnaies.
Les cryptomonnaies, les monnaies fiduciaires numériques et les actifs numériques sont en passe de devenir des voies alternatives viables pour les investissements, la couverture et la diversification du portefeuille. Les institutions financières progressistes cherchent à offrir ces options à leur clientèle. Nous sommes ravis de leur proposer notre solution robuste.
R. Vivekanand, responsable mondial de Quartz chez TCS
On apprend que l’offre prend en charge plusieurs cryptomonnaies mais aussi des stablecoins. Outre des portefeuilles multi-signatures et la connectivité aux plateformes d’échange et aux bureaux OTC, elle embarque un module matériel de sécurité qui signe cryptographiquement chaque transaction, ainsi que des contrôles de conformité automatiques. Selon des sources proches de TCS, la solution compterait déjà un important client.
Un signal positif pour l’écosystème indien ?
L’offre s’appuie sur Quartz, la suite blockchain développée par TCS Financial Solutions, déjà utilisée par l’industrie indienne. Ses briques les plus connues sont les « Smart Solutions », des offres métier prêtes à l’emploi, et le « DevKit », qui fournit des modèles prédéfinis pour concevoir plus vite des applications blockchain sur Hyperledger Fabric, R3 Corda ou Ethereum.
Dans un contexte d’incertitude réglementaire où des rumeurs font état d’une nouvelle obstruction de l’Etat, qui ressortirait son projet de loi cryptocide, l’initiative de TCS est plutôt encourageante. Elle représente même un signal fort qui annonce que la future réglementation sera probablement favorable aux cryptomonnaies et non punitive. C’est du moins l’opinion de Sumit Gupta, CEO de l’exchange CoinDCX.
TCS a dû constater une augmentation de la demande dans l’espace indien, directement de la part de ses clients bancaires et d’investissement, pour de tels produits. Aussi cette offre montre que les institutions financières établies pensent que la crypto fera partie de l’écosystème financier. Il est évident que la bonne voie à suivre nécessitera des réglementations intelligentes et sensibles. »
L’écosystème crypto indien, engagé dans de multiples initiatives depuis que la Cour suprême a annulé, le 4 mars 2020, l’interdiction bancaire imposée par la RBI en 2018, reste suspendu à des décisions politiques qui se font attendre. La suite lui donnera en partie raison : le projet de loi prohibitionniste n’a jamais été déposé et les cryptomonnaies n’ont jamais été interdites en Inde. New Delhi a préféré taxer, avec depuis avril 2022 une imposition forfaitaire de 30 % sur les plus-values en actifs numériques, sans compensation des pertes, et un prélèvement à la source de 1 % depuis juillet 2022. Les plateformes relèvent aussi de la loi anti-blanchiment et doivent s’enregistrer auprès de la FIU-IND depuis 2023. En 2026, le pays n’a toujours pas de loi dédiée aux crypto-actifs.
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