Il y a des informations nécessaires qui permettent de remettre les pendules à l’heure. Cela en se concentrant sur les faits en dehors de toutes nécessités légales ou a priori. Et lorsque la réalité s’affirme comme une évidence, il devient difficile de la nier, même pour ceux qui refusent de l’accepter. Une logique qui s’applique tout particulièrement au Bitcoin (BTC) entre adoption et tentative de régulation.
L’existence et la solidité du marché des cryptomonnaies ne peuvent plus être niées. Cela même si les banques centrales et leurs gouvernements tentent de les museler. Et dans le domaine le Bitcoin fait figure de cible toute privilégiée. Cette monnaie numérique du blanchiment d’argent dont la volatilité et le caractère libertaire doivent être associés à un rejet programmé du grand public.
Pourtant son adoption avance, envers et contre tout. Une évidence qui se vérifie dans sa position en tête de la cryptosphère, mais aussi par son entrée, en 2020, dans la finance traditionnelle, sur fond de crise économique liée à la pandémie.
Il est impossible d’ignorer (encore) le Bitcoin
Le Bitcoin n’est pas encore la monnaie numérique que son créateur anonyme Satoshi Nakamoto avait envisagée lors de sa mise en place. En 2020, c’est effectivement plus son caractère spéculatif et de réserve de valeur qui a pris le dessus. Une évolution qui n’est pas une fin en soi et peut être vue comme le support de son installation dans le paysage des monnaies mondiales.
Et dans le domaine, l’utilité effective de l’offre disponible (supply) n’est pas le seul élément à prendre en compte. Car le Bitcoin ne cesse de se développer, et le principal indice de cette force est sa capitalisation boursière : le nombre d’unités multiplié par leur prix.
Bitcoin dans le top 10 des monnaies mondiales
Un chiffre qui doit être mis en perspective pour en mesurer l’importance. C’est ce qu’a fait le site Decrypt début septembre 2020, en comparant la capitalisation boursière du Bitcoin au chiffre M0 des monnaies fiduciaires. Résultat : le BTC se hisse en 6e position de ce classement.
« *Le chiffre M0 représente la valeur totale de tous les billets de banque, pièces de monnaie et autres substituts de monnaie qui peuvent être facilement convertis en espèces.*La valeur M0 est également connue sous le nom de «monnaie étroite». », Decrypt
Voici l’ordre retenu, en valeur USD, sur les données du 2 septembre 2020 :
– Dollar (USD), 1,95 trillion – Euro (EUR), 1,38 trillion – Yuan (CNY), 1,15 trillion – Yen (JPY), un peu plus de 1 trillion – Roupie indienne (INR), environ 425 milliards – Bitcoin (BTC), 216,5 milliards
Selon ces données, la capitalisation du Bitcoin dépassait alors celle de « plus de 170 devises fiduciaires différentes. »
Des chiffres à mettre en perspective
Première limite, majeure : ce classement ne compare pas des grandeurs homogènes. La capitalisation du Bitcoin est un prix de marché multiplié par un nombre d’unités, donc une valorisation volatile et instantanée. Le M0, lui, mesure un stock de billets et de pièces en circulation, indépendant de toute cotation. Additionner les deux dans un même tableau relève de l’image parlante, pas de la mesure économique. Un classement bâti sur M1 ou M2, qui intègrent les dépôts, reléguerait le Bitcoin très loin derrière ces devises.
Seconde limite, la volatilité. Le 3 septembre 2020, le BTC a chuté d’environ 10 % pour clôturer autour de 10 245 dollars, ramenant sa capitalisation vers 190 milliards, selon notre outil MyCMC. Un classement qui bouge de 12 % en vingt-quatre heures dit surtout la fragilité de l’exercice.
![]()
Où en est-on aujourd’hui ? Le 10 août 2026, le Bitcoin s’échange autour de 65 000 dollars, pour une capitalisation d’environ 1 300 milliards, après un record historique à 126 080 dollars le 6 octobre 2025. À titre de comparaison, la valeur des billets et pièces en dollars en circulation atteignait environ 2 400 milliards en octobre 2025, selon la Réserve fédérale. Le même exercice placerait donc désormais le BTC juste derrière le dollar. Avec la même réserve méthodologique qu’en 2020.
Quoi qu’il en soit, cette mise en perspective du Bitcoin au sein du club très fermé des monnaies mondiales donne à réfléchir. Même si ce statut lui est refusé, son poids financier ne peut plus être nié.
Un fait que les instances de régulation ont eu du mal à accepter, en particulier lorsque les fonds ont commencé à se diriger vers le Bitcoinen période de crise économique. Six ans plus tard, la question n’est plus de savoir si le BTC pèse, mais dans quel cadre on le mesure.
-
ÉCONOMIE & MACROPCE : l'inflation core stagne à 3,3 %, la Fed attendue