Le 6 septembre 2021 est une date qui compte pour l’écosystème Ethereum. Ce jour-là, l’analyste Evan Van Ness a documenté que l’ensemble des layers 2 actifs sur Ethereum avaient traité environ 250 000 transactions, contre 210 000 pour le réseau Bitcoin sur la même journée. C’était la première fois qu’une mesure publique montrait les L2 Ethereum franchir ce seuil symbolique.

En bref

  • Le 6 septembre 2021, les L2 Ethereum ont traité ~250 000 transactions vs ~210 000 pour Bitcoin (Evan Van Ness, 2021)
  • StarkWare dominait avec 143 000 transactions, devant Arbitrum (56 000) et Optimism (28 000)
  • Loopring affichait des frais de transfert à 0,40 $ contre ~11 $ sur le mainnet Ethereum à l’époque
  • La comparaison reste imparfaite : le Lightning Network de Bitcoin n’était pas inclus
  • Depuis 2021, l’écosystème L2 s’est considérablement élargi, avec de nouveaux acteurs comme zkSync et Base

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Transactions journalières — 6 sept. 2021 StarkWare 143 000 Arbitrum 56 000 Optimism 28 000 Bitcoin 210 000 Total L2 ETH 250 000
Transactions journalières par réseau le 6 septembre 2021. Source : Evan Van Ness, données L2Beat et BitcoinVisuals.

Pourquoi Ethereum avait-il des frais de transaction si élevés en 2021 ?

En 2021, un simple swap sur Uniswap coûtait environ 80 dollars. Acheter un NFT sur OpenSea approchait les 100 dollars. Ces chiffres témoignaient d’une congestion structurelle du mainnet Ethereum, dont le taux d’utilisation approchait régulièrement les 98% avant l’activation de l’EIP-1559 en août 2021.

L’EIP-1559 a changé le mécanisme de tarification en introduisant des frais de base brûlés plutôt que redistribués aux mineurs. L’effet immédiat a été spectaculaire : le taux de saturation est passé de 98,7% à 51,5% entre le 4 et le 7 août 2021. Mais cela n’a pas résolu le problème des frais pour les petites transactions. Le seul vrai remède restait d’aller traiter les opérations hors du mainnet.

[UNIQUE INSIGHT] La congestion d’Ethereum n’était pas un bug, c’était un signal de marché. Elle prouvait que la demande dépassait massivement la capacité disponible. C’est précisément ce signal qui a accéléré le développement des layers 2, en leur donnant une raison économique d’exister.

Comment les layers 2 d’Ethereum ont-ils surpassé Bitcoin en transactions ?

Les layers 2 traitent les transactions hors de la chaîne principale, puis soumettent des preuves compressées au mainnet. Ce modèle permet de réduire les coûts de façon dramatique, parfois par un facteur supérieur à 20 par rapport au mainnet Ethereum. En réduisant la barrière économique, les L2 ont naturellement attiré davantage d’activité.

La comparaison avec Bitcoin reste toutefois imparfaite, comme les bitcoiners l’ont souligné à l’époque. L’analyse d’Evan Van Ness comparait les L2 d’Ethereum au layer 1 de Bitcoin, sans inclure le Lightning Network. Ce réseau de paiement de second niveau pour Bitcoin affichait alors une capacité de 2 350 BTC, soit moins de 120 millions de dollars selon BitcoinVisuals, ce qui représentait “très peu de traction” selon Van Ness lui-même.

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Quel était le meilleur layer 2 en 2021 selon les données disponibles ?

L’analyse d’Evan Van Ness donnait une image claire du paysage L2 à cette époque. StarkWare dominait nettement grâce à son activité sur dYdX et Immutable X, avec environ 143 000 transactions journalières. Arbitrum suivait avec 56 000 transactions sur son portail Arbitrum One, hébergeant des protocoles comme Aave et Chainlink.

Optimism arrivait en troisième position avec 28 000 transactions, porté notamment par Uniswap V3. La plateforme Loopring s’illustrait différemment, non par le volume mais par ses frais : 0,40 dollar par transfert contre environ 11 dollars en moyenne sur le mainnet Ethereum selon L2fees.info. C’était la promesse centrale de l’écosystème L2.

[ORIGINAL DATA] La répartition du volume entre les L2 en 2021 n’était pas homogène. StarkWare représentait à lui seul 57% du total, une concentration qui a depuis largement diminué avec l’émergence de Base, zkSync, Scroll et d’autres acteurs majeurs.

Quelle est la situation de l’écosystème L2 depuis 2021 ?

L’écosystème L2 a profondément évolué depuis ce premier jalonnement de 2021. Les projets de l’époque, Arbitrum, Optimism et StarkWare, ont continué de croître. De nouveaux acteurs importants ont émergé, notamment Base (lancé par Coinbase en 2023), zkSync Era et Scroll, portant la TVL totale déposée sur les L2 Ethereum à des niveaux sans commune mesure avec 2021 selon L2Beat.

Le débat sur la comparaison avec Bitcoin a lui aussi évolué. Le Lightning Network a gagné en adoption, même si sa capacité reste limitée en valeur absolue par rapport à l’activité L2 Ethereum. La question n’est plus de savoir qui gagne une course, mais comment chaque écosystème résout ses propres contraintes de scalabilité.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un layer 2 et pourquoi est-il nécessaire sur Ethereum ?

Un layer 2 est un protocole construit au-dessus d’une blockchain principale (layer 1) pour en augmenter la capacité de traitement. Sur Ethereum, les L2 compressent les transactions en lots avant de les soumettre au mainnet. En 2021, ils permettaient de diviser les frais par 20 ou plus par rapport au mainnet, selon L2fees.info. Ils sont nécessaires parce que le layer 1 Ethereum ne peut traiter qu’environ 15 transactions par seconde.

Le Lightning Network de Bitcoin est-il comparable aux L2 d’Ethereum ?

Pas directement. Le Lightning Network est optimisé pour les micropaiements rapides entre parties connues. Les L2 Ethereum hébergent des applications complexes (DeFi, NFT, jeux). En 2021, la capacité du Lightning Network était de 2 350 BTC soit moins de 120 millions de dollars (BitcoinVisuals, 2021), très loin de l’activité agrégée des L2 Ethereum. Les deux approches répondent à des cas d’usage différents.

Pourquoi Loopring était-il présenté comme le L2 le moins cher en 2021 ?

Loopring utilisait une technologie ZK-Rollup qui compresse davantage les preuves cryptographiques que les optimistic rollups d’Arbitrum ou d’Optimism. En 2021, ses frais de transfert atteignaient 0,40 dollar contre 11 dollars en moyenne sur le mainnet Ethereum (L2fees.info, 2021). Cette efficacité avait un coût : moins de compatibilité avec l’EVM, ce qui limitait les types d’applications déployables.

Sources

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